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"Nous sommes bien positionnés face à la future concurrence de Google", prévient Laurent Kocher de Keolis

Olivier Cognasse ,

Publié le

Alors que l’offensive de Google dans les transports publics se précise outre–Atlantique avec la filiale - de la maison-mère Alphabet – Sidewalk Labs, les opérateurs de transport comme les français Keolis et Transdev pourraient craindre ce nouveau concurrent. Laurent Kocher, directeur marketing et innovation de Keolis, rappelle les atouts numériques de son entreprise, en répondant aux questions de l’Usine Nouvelle.

Nous sommes bien positionnés face à la future concurrence de Google, prévient Laurent Kocher de Keolis © DR

L'Usine Nouvelle.- Quelle est votre première analyse à l’annonce de l’arrivée de Google dans le monde de la mobilité ?
Laurent Kocher.-
C’est révélateur d’un phénomène largement constaté. La demande de mobilité est en forte croissance dans le monde et plusieurs modes de transport se développent. C’est tout à fait logique ! Plus de la moitié de la population mondiale vit dans les villes. En 2050, il y aura 2,5 milliards de citadins supplémentaires qui représenteront 70% de la population mondiale. Et plus de la moitié des citadins vivent dans les villes de plus de 500 000 habitants. La diversité des déplacements augmente. Avant on pensait que le transport se limitait aux déplacements domicile – travail et domicile –études. Aujourd’hui, ils ne représentent plus que 32% des déplacements (20 + 12). C’est lié à la sociologie : plus de chômage, RTT, temps partiel, retraités en augmentation.

Et les problèmes de pollution doivent faire évoluer le transport en ville ?
En effet, le transport représente 59% de la consommation de pétrole et on considère que les métropoles sont responsables de 70 à 80% des émissions des gaz à effet de serre.

Comment mieux répondre à l’évolution de la demande ?
Il y a plusieurs éléments qui transforment la mobilité. La demande change, l’évolution des smartphones et les applis pour le transport, le partage et la communauté. Les gens préfèrent une communauté sur leur ligne de transport que dans leur quartier. Les gens ont envie de s’entraider. Dès que vous voyez quelque chose qui n’est pas utilisé, vous le signalez (parking par exemple), sans oublier les nouvelles technologies automobile (électricité, autonomie).

"Vous pouvez supprimer deux tiers des voitures et vraiment changer la ville"

La voiture autonome est-elle la solution d’avenir ?
La voiture autonome seule ne gagne pas beaucoup de place. Pour la mobilité de demain dans la smart city, trois éléments sont essentiels : le véhicule électrique, le véhicule autonome et le véhicule partagé. Vous pouvez supprimer deux tiers des voitures et vraiment changer la ville. Cela ne viendra pas tout seul. Il faut une politique réellement forte des pouvoirs publics.

Comment Keolis peut affronter la concurrence d’un mastodonte comme Google ?
On voit que Google tourne autour de cette idée. Mais la mobilité est différente du modèle habituel de Google, qui est du B to C. Nous pensons que nous sommes bien positionnés. Nous sommes depuis très longtemps sur l’intermodalité. Nous sommes habitués à négocier avec les autorités organisatrices de transport.

Où en êtes-vous de vos développements dans le numérique ?
Nous avons bâti une appli intégrée à l’image de la ville, alors que Google la propose sous sa marque, et nous sommes partenaires de Moovit, qui est le leader mondial. Mais nous allons plus loin que le "plan", l’information, qui permet de proposer les itinéraires avec les différents modes de transport. Nous avons déjà une application "book" qui permet d’acheter un billet de transport. Deux villes sont actuellement en pilote : Orléans et Montargis. Surtout, dès le début 2017, nous allons tester le projet M-Ticket dans une première ville, qui regroupe nos trois applis. La troisième permettra de valider un ticket et de le contrôler.

Et sur le stationnement ?
Nous sommes déjà les Airbnb du parking. Notre filiale Effia a noué un partenariat avec la start-up OnePark, sur la digitalisation du stationnement, notamment pour utiliser les places de parking des hôtels. Nous avons signé un autre partenariat avec Navya pour le véhicule autonome que nous allons tester à partir de vendredi à Lyon. C’est la première fois qu’une navette autonome roulera sur l’espace public en France. Nous avons également pris une participation dans le Cab, qui propose un service de VTC à Paris avec 800 voitures.

Au final, vous ne semblez pas craindre l’arrivée de Google ?
Google dispose d’un savoir-faire historique et apporte dynamisme et innovation. Nous comprenons maintenant mieux ce qui s’est passé, par exemple dans le domaine de l’hôtellerie avec booking.com, Tripadvisor et Airbnb, mais le transport est un marché plus difficile à appréhender. Et les décisions publiques seront déterminantes pour tirer parti du digital dans la mobilité.

Propos recueillis par Olivier Cognasse

 

 

 

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