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"Nous sommes à nouveau pris au sérieux", se félicite le directeur de Marie Brizard

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Entretien Ne l’appelez plus Belvédère ! Le groupe de spiritueux vient de se renommer Marie Brizard Wine & spirits. Jean-Noël Reynaud, le directeur général du groupe, répond à nos questions sur le rétablissement du groupe, propriétaire des marques William Peel et Sobieski notamment. Arrivé en mai 2014, il se félicite de l’arrivée de La Martiniquaise au capital.

Crédits : Pascal Guittet 

 

L'Usine Nouvelle : Belvédère vient tout juste de changer de nom. Pourquoi avoir choisi Marie Brizard comme nouveau patronyme du groupe ?

Jean-Noël Reynaud - Il fallait donner un nouvel élan au groupe, qui est en plein redressement. La marque Marie Brizard est un peu la belle endormie du groupe, mais elle est mondialement connue. Nous souhaitons lui redonner de l’énergie. Nos autres grandes marques, comme le whisky William Peel et notre vodka Sobieski sont des marques moins internationales.

L’entrée, il y a quelques jours, de La Martiniquaise dans le capital du groupe est-elle une bonne chose ? Ce rapprochement est-il appelé à se développer ?

L’arrivée de La Martiniquaise est un élément visible de normalisation du groupe. Cela montre que les acteurs du secteur jugent que nous sommes sur la voie du rétablissement et que nous sommes à nouveau pris au sérieux. Nous allons pouvoir développer des synergies avec eux, au niveau des achats, de la production et de la commercialisation. Pour l’instant, ils possèdent 6,8 % du groupe, mais rien n’est exclu sur une montée au capital. En revanche, ils ne souhaitent pas aller au niveau du seuil de 30 % qui les obligeraient à lancer une offre publique d’achats.  

Vous êtes arrivés dans le groupe en mai 2014. Où êtes-vous dans votre programme de redressement ?

Jusqu’en 2014, les salariés étaient les passagers d’un avion qui n’avait pas réellement de pilote et ne savaient pas où et quand ils atterriraient. Aujourd’hui, nous avons une vision stratégique claire. Depuis mon arrivée à la direction, je me suis attaché à redéfinir une stratégie et un plan de relance, baptisé BIG 2018. Nous avons recruté une équipe de dirigeants professionnels, avec soit un parcours dans les vins et spiritueux, soit une expérience dans le retournement d’entreprises. Nous nous sommes attachés à décloisonner les structures, pour que les gens se parlent et développent des synergies.

En quoi consiste le plan de relance BIG 2018 ?

Il repose sur trois piliers. Le premier est de nous séparer d’activités non stratégiques, c’est le cas de l'activité de grossiste en Pologne. Nous souhaitons optimiser ensuite nos activités commerciales, industrielles et d’achats. Nous venons par exemple de regrouper les différents services d’achats. Auparavant, les usines achetaient chacune de leurs côtés. Notre troisième pilier est le retour à la croissance du groupe. Nous allons nous baser sur nos marques fortes, comme William Peel, première marque de whisky en France et huitième dans le monde, mais aussi sur notre marque de vins aromatisés Fruit & Wine. Forte de son succès en France, nous souhaitons aujourd’hui l’internationaliser. Nous avons également de fortes ambitions dans la vodka : nous voulons développer encore Sobieski, deuxième marque en France. Nous lançons par ailleurs cette année en Espagne, notre marque de vodka, aromatisée au cannabis, Shotka. Notre objectif est d’atteindre 420 à 460 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2018.

Propos recueillis par Adrien Cahuzac

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