"Nous serions ravis que la SNCF gagne le TGV Moscou-Saint-Pétersbourg"

Le puissant patron des Chemins de fer russes a assuré l'animation de la première journée de son salon du ferroviaire, le "1520 de Moscou". Au menu de Vladimir Iakounine : une locomotive franco-russe, des investissements pharaoniques et des encouragements à la SNCF.

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Les majorettes locales reprennent possession du podium. Vladimir Iakounine, le patron de RZD, les Chemins de fer russes, a terminé son discours. La salon ferroviaire 1520, qui se tenait à Moscou du 7 au 9 septembre, démarre pour de bon. La foule s'écarte brusquement devant d'imposants gardes du corps : le tsar du rail se déplace. Il vient honorer Henri Poupart-Lafarge, le patron d'Alstom Transport, d'une visite surprise.

En quelques secondes, le stand du constructeur français est envahi. Il se vide tout aussi vite une minute plus tard, quand l'attelage impérial passe au stand voisin de Siemens. Le même manège s'y répète. Un bref discours devant le dernier train de Transmashholding (TMH), le principal constructeur russe, et le patron en uniforme d'apparat disparaît.

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Le salon, dont c'est la troisième édition, est le "bébé" de Vladimir Iakounine, qui a rassemblé autour de lui les principaux acteurs de "l'espace 1520", plus quelques rares industriels européens. Finlande, Pays baltes, Mongolie et bien sûr toute l'ex-URSS partagent un même écartement de rails de 1520 millimètres (contre 1435 mm pour le standard de l'Union internationale des chemins de fer). Deux milliards de passagers et 2,5 milliards de tonnes de fret voyagent chaque année sur les 226000 kilomètres de voies qui irriguent les 18 pays de la zone. Au coeur de ce gigantesque trafic : la compagnie publique RZD, son million d'employés et son patron, proche de Vladimir Poutine.

Vladimir Iakounine réapparaît sur l'anneau d'essai du centre de R&D de RZD où se tient le salon. La parade des locomotives va commencer. La star en est la massive EP20 développée en partenariat par Alstom et TMH. Le constructeur français est venu en force pour célébrer l'événement. Le premier des 200 exemplaires commandés par RZD est soigneusement examiné par le patron de la compagnie. Satisfait, celui-ci décernera le soir même un diplôme à Henri Poupart-Lafarge pour le travail effectué par le partenariat.

Un TGV Moscou-Saint-Pétersbourg pour 2018

Entre-temps, le dirigeant aura affiché ses ambitions face à la presse internationale : multiplier les coopérations internationales et faire de la Russie le passage obligé des produits asiatiques exportés en Europe. Reste que le chantier prioritaire de RZD est en Russie. Tombée en déshérence avec l'effondrement de l'URSS, l'infrastructure ferroviaire doit être renouvelée et modernisée.

C'est "une condition sine qua non du développement économique de la Russie", martèle Vladimir Iakounine, avant de détailler le programme adopté en 2008 par le gouvernement : près de 300 milliards d'euros d'investissements permettront, d'ici à 2030, de construire 20000 km de voies, de renouveler entièrement le parc de 20000 locomotives et de mettre en place un nouveau système de signalisation.

La grande vitesse n'est pas oubliée, bien au contraire. En témoigne cette citation de l'autre Vladimir, un certain Poutine, "lors d'une conversation nocturne" : "Dans un pays comme le nôtre, avec les distances, le développement du transrapid (le TGV) est une priorité absolue." L'attribution à la Russie de la Coupe du monde de football 2018 a même fait passer les 2500 km de lignes prévus a plus de 3000 km. Premier projet, dont l'appel d'offres devrait être lancé dans les prochains mois, la ligne TGV Moscou-Saint-Pétersbourg doit ouvrir en 2018.

Interrogé sur les chances de la SNCF, Vladimir Iakounine a d'abord rappelé les "propos élogieux pour RZD de Guillaume Pepy", le président de la SNCF, tenus récemment dans la presse russe, avant de déclarer : "Nous serions ravis que la SNCF gagne." De quoi entretenir les espoirs du français, ainsi que ceux d'Alstom, également sur les rangs. Pour connaître les progrès de cet appel d'offres, conclut Vladimir Iakounine avec un sourire, revenez l'an prochain sur le Salon 1520.

De Moscou, Manuel Moragues

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