"Nous restons à la traine de nos compétiteurs européens en termes d’attractivité fiscale," affirme Philippe Lamoureux

Trois questions à Philippe Lamoureux, directeur général du syndicat de l’industrie pharmaceutique (Leem), qui publie aujourd'hui une étude sur le manque de compétitivité fiscale de la France par rapport à ses voisins européens.

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L'usine Nouvelle - A l’heure où les débats font rage sur la taxation des entreprises en France, votre étude tombe à pic…

Philippe Lamoureux - Absolument. Nous savons très bien que la fiscalité est un des facteurs majeurs de l’attractivité d’un pays, avec, pour l’industrie pharmaceutique, la qualité du dialogue social et la simplicité administrative. Particularité de notre secteur, les décisions d’investissement sont de long terme (il faut compter dix à douze ans pour le développement d’un médicament), la dimension de lisibilité et de prévisibilité est donc essentielle.

Or cette étude souligne le caractère peu lisible de la politique fiscale française. C’est vrai de façon générale, et encore plus dans le secteur que nous représentons. Sur les quatre dernières années, la fiscalité s’est très fortement alourdie, représentant un point de chiffre d’affaires supplémentaire pour notre secteur, dans un contexte de diminution du marché, donc de base fiscale qui rétrécit.

Cette étude sort alors que le nouveau Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) est débattu par le Parlement…

Nous sommes frappés par onze taxes sectorielles. Dans le cadre du PLFSS - et c’était un engagement du CSIS - le gouvernement s’est engagé à simplifier le paysage en fusionnant deux taxes, c’était censé être neutre fiscalement. Mais dans le même temps, il a décidé au dernier moment d’un alourdissement de la taxation sur les ventes directes, qui va venir une fois de plus alourdir la taxation du secteur ! Le PLFSS n’est pas cohérent avec les engagements du CSIS : on ne peut pas faire une manifestation prestigieuse et de très grande ampleur pour inciter les industriels à faire le choix de la France, et, deux mois après, revoir la copie au détour d’un PLFSS bâclé.

Vos calculs tiennent-ils compte du Crédit Impôt Recherche (CIR) ?

Le CIR est un élément d’attractivité extrêmement important pour le secteur de la pharmacie, dont la raison d’être est avant tout la recherche et l’innovation. Mais même en en tenant compte, nous restons à la traine de nos compétiteurs européens en termes d’attractivité fiscale !

Propos recueillis par Gaëlle Fleitour

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