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L'Usine Aéro

"Nous ne jouons pas avec nos fournisseurs", affirme le directeur des achats d'Airbus Group

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Entretien Klaus Richter, le directeur des achats d’Airbus Group, plaide pour produire davantage à l’étranger. Selon lui, la globalisation est une opportunité.

Nous ne jouons pas avec nos fournisseurs, affirme le directeur des achats d'Airbus Group

L'Usine Nouvelle - Les pratiques du monde de l’automobile sont-elles en train de gagner le secteur aéronautique ?

Klaus Richter - Pour l’aspect industriel, je le pense. Nos exigences de performances ont augmenté vis-à-vis de nos fournisseurs. C’est la raison pour laquelle nous échangeons en permanence avec nos fournisseurs de rang 1. Nous avons créé avec d’autres donneurs d’ordres l’association Space, qui soutient des projets de nos sous-traitants. Pour ce qui est des négociations commerciales, nos relations s’effectuent à plus long terme que dans l’automobile.

D’aucuns fustigent des dérives dans les négociations avec les fournisseurs…

Je ne confirme pas cette tendance. Nous n’avons pas changé d’approche professionnelle. Nous sommes toujours transparents et nous ne jouons pas avec nos fournisseurs. Mais il fallait aussi augmenter notre base de fournisseurs lors des appels d’offres, notre réseau s’étant globalisé. Il est donc vrai que les PME sont de plus en plus exposées à la concurrence internationale. Il était nécessaire dans l’aéronautique de procéder à une professionnalisation des achats, de clarifier les contrats.

Imposez-vous chaque année de nouveaux objectifs chiffrés de baisse de prix ?

Ce n’est pas si simple que cela. Je ne vous cache pas que l’objectif d’un service achats est toujours de trouver les sources les plus performantes et les moins chères. Nous travaillons à une réduction des coûts, mais c’est la concurrence naturelle et normale. Je ne parlerais pas de pression, mais de concurrence. Cependant, nous essayons au maximum de conserver les mêmes fournisseurs. Un changement de fournisseur pendant la vie d’un programme reste l’exception.

Depuis le lancement du plan Power 8, comment avez-vous fait évoluer vos rapports avec vos fournisseurs ?

Quand je suis arrivé chez Airbus il y a sept ans, nous avons dû nous concentrer sur les coûts pour optimiser les marges. Notre rentabilité était négative. Grâce au redressement effectué, nous dégageons une marge de 5 %. Dans le cadre de Power 8, Airbus a aussi commencé à installer des lignes d’assemblage en Chine puis aux États-Unis, et nos fournisseurs nous ont suivis. Cela les a rendus plus forts qu’avant.

Est-ce souhaitable pour la filière de produire à l’étranger ?

Absolument. Nous sommes pour une certaine globalisation de la production. En Turquie par exemple, c’est une opportunité à la fois pour baisser les coûts et pour se développer sur ce marché. Nous installer à l’étranger pour des technologies peu exigeantes nous permet d’avoir des niveaux de coûts très inférieurs. Pour nos fournisseurs, c’est gagnant-gagnant, cela soutient leur compétitivité sans mettre en péril l’activité en Europe.

La pression sur les prix ne risque-t-elle pas de réduire les marges de vos fournisseurs ?

On ne peut pas dire ça. Certains de nos fournisseurs sont extrêmement profitables. Certains d’entre eux utilisent les leviers de la globalisation de manière fantastique ! Regardez Zodiac, Mecachrome et Figeac-Aéro. Je souhaite que la consolidation se développe davantage. Certains dirigeants ne sont pas toujours prêts, il y a une barrière psychologique. L’expérience montre que c’est toujours utile.

Propos recueillis par Olivier James et Frédéric Parisot

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1 commentaire

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30/10/2014 - 11h35 -

Tout est normal, tout est naturel et pas de raisons de trouver la siuation dérangeante pour ce gentil Monsieur. Information à retenir : Tout est bénéfique pour la filière (On ne parlera pas des problèmes de plus en plus récurrents de l'automobile sur les rappels constructeurs) et l'emploi qu'elle draine (une stratégie "gagnant/gagnant", on croit réver). Une délocalisation sera la solution au grand malheur des emplois francais, pays pourtant fer de lance mondial de l'aéronautique...
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