"Nous lancons des Production labs pour l'Industrie du futur", annonce Pascal Daloz de Dassault Systèmes

Le salon Smart Industries, qui se tient à Paris jusqu'au 17 septembre, est l'occasion de dresser un premier point d'étape sur le programme Industrie du futur. Pascal Daloz, co-Président de l'Alliance pour l'Industrie du futur, annonce la création de "production labs", des espaces dans lesquels les industriels pourront mettre au point leurs nouvelles lignes de production.

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Pascal Daloz - Crédits Dassault Systèmes

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L'Usine Nouvelle : L'Alliance pour l'Industrie du futur a pour objectif d'accompagner 2000 PME d'ici fin 2016, où en est ce programme ?

Pascal Daloz : Nous disposons déjà d'un réseau de 300 experts déployés sur le territoire. Ils effectuent des diagnostics, des recommandations, ils orientent vers les différents outils financiers comme le suramortissement ou le fonds SPI (Sociétés de projets industriels), qui représentent à ceux seuls une enveloppe d'aides de 4,5 milliards d'euros. Et sur les 2000 PME que l'association s'est engagée à faire progresser d'ici fin 2016, 400 sont actuellement en cours d'accompagnement.
Nous observons les premiers résultats, avec des entreprises qui renouent avec la rentabilité. Pour la suite, les 18 régions engagées dans la démarche ont déjà identifié 1000 autres entreprises pour la prochaine vague d'accompagnement. Certes, on pourra toujours dire que c'est trop peu, mais il faut se rappeler que sur les quelques 200 000 PME françaises, seules 4000 dépassent les 50 salariés. Si nous poursuivons dans cette direction, nous pourront couvrir en quelques années la totalité des grosses PME et ETI françaises, qui souffrent d'un manque cruel d'investissement.

L'Alliance est donc faite pour durer ?

C'est pour cette raison précisément que l'association a été créée, afin que ses objectifs soient dégagés du calendrier gouvernemental. Notre plan d'action s'étale sur une dizaine d'années. Pour ma part, je vais faire en sorte que l'on s'engage sur un total d'au moins 4000 PME accompagnées au prochain objectif.

Concernant les autres volets du plan Industrie du futur, peut-on s'attendre à des annonces concrètes dans les prochains mois ?

Les annonces concerneront surtout le volet formation. Car quand on parle de passer à l'industrie du futur, cela signifie accélérer le changement, et cela ne se fait pas sans former les opérateurs. Pour cela, nous allons lancer prochainement des "Production labs". Les industriels ont besoin d'aide pour créer les lignes de production de nouvelle génération, notamment pour créer de la communication entre toutes les machines. Il s'agira donc de plates-formes dans lesquelles ils pourront trouver des machines, de l'espace, des opérateurs ou des experts en fonction de leurs besoins. Ce qui leur permettra de tester différentes configurations et d'installer dans les usines des lignes prêtes à produire.

Trois "production labs" sont déjà en cours de finalisation, ils sont spécialisés dans la robotique collaborative, l'impression 3D et la logistique de bord de ligne.

Dans un second temps, 10 régions accueilleront des centres de formation professionnelle consacrés aux différents thèmes de l'industrie du futur. Nous y travaillons avec le Conseil national de l'industrie, les syndicats et les principaux réseaux de formation pour adultes. Au final, si nous ne voulons pas d'un modèle d'usine du futur sans opérateurs, c'est parce que les usines ont besoin d'hommes et de femmes qui réfléchissent, qui innovent par le changement. Je dirais qu'il faut passer "de la manufacture à la cerveaufacture", car aujourd'hui ce ne sont plus ses bras qu'il faut exercer quand on travaille dans l'industrie, mais son cerveau.

Propos recueillis par Frédéric Parisot

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