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L'Usine Matières premières

Nous entrons dans une nouvelle ère énergétique, selon l’Agence internationale de l'énergie

Aurélie Barbaux , , , ,

Publié le

Electrification de l’énergie, boom du photovoltaïque, virage énergie propre de la Chine, émergence des Etats-Unis comme premier exportateur de gaz et de pétrole, sont les quatre vecteurs de transformation profonde du système énergétique mondial identifiés par l’Agence internationale de l’énergie dans son rapport World Energy Outlook 2017.

Nous entrons dans une nouvelle ère énergétique, selon l’Agence internationale de l'énergie
"Le solaire avance sur les marchés mondiaux de l'énergie, car il devient la source de production d'électricité la moins chère dans de nombreux pays, y compris en Chine et en Inde", selon le Dr Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE.
© FernandoAH

C’est un système énergétique mondial profondément chamboulé que décrit de l’Agence internationale de l’Energy (IEA) dans son World Energy Outlook 2017 (WEO-2017). "Nous entrons dans une nouvelle ère", expliquent même les auteurs de ce copieux rapport prospectif de près de 800 pages qui décrit l’évolution des productions et consommations d’énergie dans le monde d’ici à 2040. Il pointe cinq changements majeurs dons son scénario New Policies, qui se base sur les politiques énergétiques des différents pays. Et pour la première fois, l’IEA propose un scénario sur un développement durable, collectif, pour rester sous les 2°C de réchauffement.

Mais si l’on s’en tient aux politiques annoncées, l’IEA anticipe d’abord une profonde modification de la répartition de la demande d’énergie dans le monde sur la période 2016-2040. La croissance de la demande va ralentir un peu, à 3,4% par an.  Elle sera de 30% plus élevée d'ici à 2040, soit la moitié de ce qu'elle aurait été sans les politiques d’amélioration de l'efficacité énergétique annoncée. Alors que l’Europe devrait réduire sa consommation de 200 millions de tonne équivalent pétrole (Mtep), le Japon de 50 Mtoe et les Etats-Unis de 30 Mtep, elle va croitre partout ailleurs, notamment en Inde (30% de la demande) obligeant à ajouter l’équivalent de la consommation actuelle de l’Inde et de la Chine au système énergétique mondial.

Les Etats-Unis bientôt premier exportateur de pétrole et de gaz

Ensuite, fini de regarder le Moyen-Orient comme le premier producteur de pétrole et de gaz au monde. Déjà exportateur net de gaz, les Etats-Unis deviendront exportateur net de pétrole vers 2020. Vers 2025, le pays  deviendra le premier exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL) et quelques années plus tard le premier exportateur de pétrole, prévoit l’IEA. Et ce dans un contexte où les exportations de gaz devraient passer de 706 milliard de m3 (bcm) en 2016, dont 39% de GNL à 1230 bcm en 2040 avec 59% de GNL. La Russie et la région Caspienne restant les premiers exportateurs au monde. L’Europe, aujourd’hui première importatrice de gaz (52%) laissant sa place à l’Asie (60%) en 2040.

Quand la Chine change, tout change

Autre changement majeur, celui de la politique énergétique chinoise. "Quand la Chine change, tout change", résument les auteurs du WEO-2017. Et quand la Chine décide de prendre le virage de l’énergie électrique, du gaz, des énergies propres, de l’efficacité énergétique et du digital, cela a forcément un impact majeur sur le système énergétique mondial. La demande en énergie, qui avait augmenté en moyenne de 8% entre 2000 et 2012 dans le pays, ne croit déjà plus que de 2% par an et devrait chuter à 1% d’ici 2040. La Chine veut aussi que, d’ici là, un véhicule sur quatre soit électrique, laissant la place à l’Inde comme premier consommateur de pétrole dans le monde à partir de 2025. Quant au charbon, le pic aurait été atteint en Chine en 2013. Son usage devrait chuter de 15% d’ici à 2040.

Boom du solaire photovoltaïque

Si ce n’est pas un scoop, la chute des prix des énergies renouvelables et surtout de l’énergie photovoltaïques (PV) est un vecteur de changement majeur, selon le WEO-2017. Depuis 2010, le prix du solaire PV a chuté de 70%, celui de l’éolien de 25% et le coût des batteries de 40%. Conséquence, les renouvelables captent les deux tiers des investissements dans de nouveaux moyens de production d’énergie. Dans le mix énergétique global, le charbon va nettement reculé, le gaz va rester stable et le nucléaire augmentera légèrement. Le grand gagnant sera le solaire photovoltaïque, notamment en Chine, en Inde et aux Etats-Unis, quand L’Europe va continuer à développer l’éolien onshore et offshore. Au total, les renouvelables devraient compter pour 40% dans le mix énergétique mondial d’ici à 2040, selon le scénario New Policies de l’IEA.

Virage électrique mondial

Mais le plus grand changement pour le système énergétique mondiale, c’est peut-être le virage vers l’électrique pour le transport, mais surtout pour la production industrielle et la climatisation. En 2016, pour la première fois, la consommation électrique dans le monde est arrivée à parité avec celles des produits du pétrole. Pour répondre à ces nouveaux besoins d’électricité, d’ici à 2040, l’Inde va ajouter, en moyenne de production d’électricité, l’équivalent de ce que consomment l’Europe et la Chine l'équivalent de ce que consomment les Etats-Unis. Pour autant, le WEO-2017 trouve qu'il est trop tôt pour écrire la nécrologie du pétrole. La demande mondiale de pétrole continue de croître jusqu'en 2040 à 105 millions de barils par jour, pour répondre à la demande de la pétrochimie et des transports routiers, maritimes et aériens.

Et un scénario développement durable idéal

Mais ces changements majeurs ne permettront pas de lutter contre le réchauffement climatique et d’atteindre les objectifs fixés par l’ONU pour améliorer la qualité de l’air et permettre un accès universel à l’énergie.  Car si l’on suit les politiques des pays, les émissions de CO2 vont continuer d’augmenter, même si en 2040, elles seront inférieures de 600 millions de tonnes par rapport aux précédentes projections. L’IEA a donc préparé un scénario "développement durable", dans lequel les Etats joueraient collectifs.

Il implique un recours plus massif au gaz avec une augmentation de 580 bcm de la demande, mais avec des stratégies de réduction des  émissions de méthane dans l’atmosphère. Il décrit aussi un système deux fois plus efficace énergétiquement qu’aujourd’hui, incluant 875 millions de véhicules électriques et 3250 GW d’énergie photovoltaïque pour porter la part des renouvelables dans le mix énergétique mondial à 60% d’ici à 2040, le nucléaire en assurant 15%. Un scénario qui implique tout de même 15% d’investissements supplémentaires et que les Etats arrêtent leurs subventions aux énergies fossiles. Elles étaient encore de 260 milliards de dollars en 2016, soit le double de celles consacrées aux énergies renouvelables.   

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1 commentaire

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27/11/2017 - 16h27 -

Je suis très étonnée à la lecture du résumé du WEO 2017 que l'hydrogène renouvelable, c'est-à-dire produit par électrolyse de l'eau en utilisant de l'électricité d'origine renouvelable, ne soit pas cité une seule fois. C'est pourtant le moyen : - de stocker massivement et sur de longues durées des surplus d'électricité solaire et éolienne aujourd'hui perdus pour ne pas mettre en défaut les réseaux électriques et ainsi, d'accroître la part des renouvelables dans la consommation finale d'électricité ou de gaz (via la méthanation) ; - d'électrifier massivement les transports en équipant les voitures, poids lourds, trains et tramways de piles à hydrogène (autonomie et rapidité de recharge comparables à celles d'un véhicule thermique contrairement aux batteries) et cela, sans peser sur les infrastructures électriques (l'électricité est produite à bord du véhicule en faisant réagir l'hydrogène embarqué avec l'oxygène de l'air). Encore faudrait-il pouvoir faire le plein d'hydrogène aisément
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