"Nous entrepreneurs" : les "anti-Pigeons" se mobilisent

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Dans une tribune publiée par le journal Libération, sept créateurs d’entreprises prennent le contre-pied de la contestation orchestrée par le groupe des "entrepreneurs pigeons" concernant la taxation égale des revenus du travail et du capital et, en particulier, sur le relèvement de la taxe sur les plus-values de cession.

Nous entrepreneurs : les anti-Pigeons se mobilisent © D.R.

Non, les créateurs d'entreprises ne sont pas uniquement motivés par la réussite financière et revendre le fruit de leur travail ne fait pas partie de leurs priorités. C'est en substance le message qu'ont voulu faire passer sept entrepreneurs dans une tribune publiée par le journal Libération mercredi 3 octobre.

"Le patron de PME de croissance n’est pas cette caricature d’homo-economicus mu par le désir de minimiser ses impôts ou de faire une plus-value spéculative en quelques années mais un aventurier qui assume le risque de ses choix et dont la revente ou la "sortie" n’est pas l’objectif quand il crée", écrivent-ils en préambule.

S’en suit une véritable ode à la création d’entreprise qui tour à tour : "offre d’abord un espace de liberté pour innover", "permet de connaître le plaisir de la création d’emplois et de valeurs", et, cerise sur le gâteau, "parfois de connaître la gloire".

Prise de bec avec les pigeons

Ce cri du cœur fait suite à la fronde lancée par un groupe anonyme d’entrepreneurs vendredi 28 septembre, qui s'opposait vivement au projet du gouvernement de relever la taxe sur les plus-values de cession à plus de 60%. Dans la foulée de la présentation du projet de loi de finances 2013, ces créateurs de start-up ont créé un groupe facebook qui a suscité depuis un engouement important sur les réseaux sociaux.

Cette initiative est vivement critiquée par les sept entrepreneurs : "Nous refusons que l’image du chef d’entreprise soit associée à des opérations de communication caricaturales qui les desservent, nuisent au nécessaire débat démocratique sur le projet de loi de finances et entretiennent la confusion entre le rôle social du chef d’entreprise et celui de l’investisseur".

La rémunération en capital essentielle pour les entrepreneurs

Interrogé sur cette tribune, le président de CroissancePlus, Olivier Duha, reste remonté contre le projet du gouvernement : "S’il y a des gens qui créent leur entreprise pour rétrocéder 60% du fruit de leur travail à l’Etat, je suggère que l'on garde le taux à 35% inchangé et que nous les laissions verser un complément à leur guise."

Pour lui, la rémunération en capital reste la seule source réelle d'enrichissement pour les créateurs d'entreprises qui ne se rémunèrent que très peu en salaire. "Un patron de PME gagne en moyenne 4.000 euros par mois, explique-t-il, ce qui est faible quand on prend en compte l’effort fourni et le risque encouru".

Olivier Duha met également en avant le rôle de ces entrepreneurs en termes de créations d'emplois. "Depuis 20 ans, les PME ont créé 82% des emplois. Aujourd’hui, il y a 3 millions de chômeurs. Si pour diviser ce chiffre par deux, il faut multiplier par dix le nombre de millionnaires, je ne vois pas où est le problème".

La tribune anti-pigeon est à lire sur le site de Libération : "Nous, entrepreneurs..."

La liste des signataires :
Alain Assouline (Président, Les Argonautes),
Michel Baujard (Consultant-Formateur indépendant),
Stéphane Distinguin (Président, Faber Novel),
Pierre Méchentel (Gérant, Tubbydev),
Jacques Rosselin (entrepreneur dans le secteur des médias),
Jean-Paul Smets (PDG, Nexedi),
Benoît Thieulin (Directeur, La Netscouade)

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