L'Usine Agro

"Les travers de l'agro-industrie conventionnelle ne doivent pas se reproduire dans le bio", selon le DG de Bjorg

Adeline Haverland ,

Publié le

Entretien Alors que le marché du bio est en pleine croissance, Daniel Tirat, directeur général de Bjorg Bonneterre et Compagnie,numéro 1 de l'alimentation bio en France, revient, pour l'Usine Nouvelle, sur la stratégie que le secteur doit adopter pour maintenir ces bons résultats.

Les travers de l'agro-industrie conventionnelle ne doivent pas se reproduire dans le bio, selon le DG de Bjorg
Daniel Tirat directeur général de Bjorg Bonneterre et Compagnie.
© Pascal Guittet

L'usine Nouvelle: Au cours des récents débats sur la loi Alimentation, le bio a été au centre de nombreuses discussions. Quel est votre sentiment à l’issue de l’adoption du texte par l’Assemblée Nationale ?

Daniel Tirat: Les Etats Généraux de l’Alimentation sont nés du constat que le système actuel était trop déséquilibré pour fonctionner correctement. Bjorg Bonneterre et Compagnie a participé à deux ateliers, mais lors du passage devant l'Assemblée Nationale, le texte a perdu beaucoup d’intérêt, vidé d’une partie de ses fondements par différents groupes de pression. Par exemple, la part de produits bio en restauration collective a été abaissée à 20%, l’interdiction des publicités pour des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés à destination des enfants n’a pas été adoptée, l’étiquetage nutritionnel n’a pas été imposé…. Au final, ce texte qui se voulait révolutionnaire ne fait que reproduire le schéma que l’on connaît déjà. 

En 2016, vous évoquiez votre objectif de doubler le chiffre d’affaires de l’entreprise. Quels sont les leviers de croissance sur lesquels s’appuie Bjorg Bonneterre et Compagnie  ?

Depuis toujours, nous nous appuyons sur les consommateurs. Plus que jamais, ils demandent plus de transparence, plus de qualité. Nous comptons sur cette demande croissante et sur la pédagogie pour développer notre chiffre d’affaires dans les années à venir. En parallèle, notre croissance sera en majorité réalisée en grande distribution. En quelques années, nous avons vu un changement dans l’attitude des distributeurs à notre égard. Le rayon bio est l’un des "tracteurs" de la consommation, c’est l’un des secteurs qui continuent de croître alors que l'agroalimentaire, de manière générale, est plutôt sur une tendance baissière.

Les distributeurs ont donc également besoin de grandes marques historiques du bio pour avancer. Nous devons toutefois prêter attention à ce que les travers de l’agro-industrie conventionnelle, notamment en terme de guerre des prix, ne se reproduisent pas.

Le bio croit à un rythme de deux chiffres par an. Y a-t-il une limite à cette croissance ?

On parle souvent d’explosion de la croissance du bio, mais si l’on regarde, le secteur bio reste minime. Une croissance de 20% quand nous représentons à peine 3,5% du marché de l’agroalimentaire, cela nous laisse encore une belle marge de progression. Nous sommes loin d’avoir atteint notre maximum. Dans les pays nordiques, où le secteur reçoit le soutien des consommateurs et des pouvoirs publics, le bio représente 10% de l’industrie alimentaire. Pour atteindre de tels chiffres, il faut que le gouvernement finance la recherche pour offrir des alternatives aux producteurs. Mais il faut également travailler à la constitution de filières durables. Du producteur au distributeur, en passant par le transformateur, tous les acteurs doivent travailler dans le même sens.

 


 

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