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« Nous devons adapter nos véhicules aux exigences de l'Asie et du Moyen-Orient » (Nissan)

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Entretien A l’occasion du Mondial de l’automobile, Gilles Normand, vice-président Corporate chez Nissan, est revenu pour usinenouvelle.com sur les tendances du groupe dans les zones dont il a la responsabilité (Asie, Afrique et Moyen Orient).

« Nous devons adapter nos véhicules aux exigences de l'Asie et du Moyen-Orient » (Nissan) © REUTERS

En quoi les modèles que vous lancez sur les marchés dits « émergents » diffèrent de ceux proposés dans les pays matures ?

Notre gamme est globale. La Micra est par exemple commercialisée dans plus de 100 pays, avec un packaging extérieur identique. Mais nous devons adapter nos véhicules aux exigences de chaque pays en termes d’homologation, de normes de sécurité ou de pollution. Sans oublier de prendre en compte les utilisations de l’automobile diverses et variées selon les pays.

Qu’entendez-vous par « diverses et variées » ?

Chaque pays a sa spécificité. Dans la région du Golfe, Nissan a lancé un modèle large, le Patrol. C’est un gros modèle qui n’est pas du tout adapté à l’Europe. Les préoccupations de ces pays sont différentes de celles de l’Occident. Au Moyen-Orient, 60% de la population a moins de 30 ans et est attachée à des problématiques de développement sur le long terme, comme l’environnement.

Ce qui en fait des endroits propices au développement de vos véhicules électriques ?

Entre autres. Nous venons de signer un accord avec la Jordanie sur ce sujet. Tout le monde dit que ce pays n’a pas de ressources naturelles. Mais moi je dis que c’est faux. Il dispose de 300 jours de soleil par an, une vraie source pour développer l’énergie solaire et indirectement les véhicules électriques. Dans d’autres pays du Golfe, on réagit comme un bon père de famille. Les gens savent que le pétrole va finir par disparaître petit à petit. Ils veillent donc à l’utiliser un peu moins pour en laisser aux générations futures. Et donc de privilégier les nouvelles énergies, comme l’électrique.

Mais pensez-vous vraiment que la technologie soit prête pour atteindre les 10% de véhicules électriques en 2020, annoncés par Carlos Ghosn, PDG de l’Alliance ?

On sait faire rouler un véhicule électrique. A côté de cela, des études menées au Japon, en Chine, aux Etats-Unis et en Europe prouvent que 8 à 11% des personnes sont prêtes à acheter un véhicule électrique s’il est au même prix qu’un véhicule traditionnel. Sur la question du prix, on a fait de gros progrès. Une infrastructure de recharge rapide valait 35 000 dollars en 2008. Contre 15 000 dollars aujourd’hui et 5 000 dollars en 2012. On a tous les éléments. Maintenant il faut se lancer.

Avec le risque d’échouer…

Tout à fait. Mais le véhicule électrique ne signifie pas la fin du thermique. Les deux mobilités peuvent coexister. Avec le lancement de la Leaf, Nissan va proposer une formule incluant un système de location de véhicules thermiques, permettant au propriétaire d’un véhicule électrique de louer à des tarifs avantageux un véhicule traditionnel, disposant plus d'autonomie, par exemple pour partir en week-end.


Les relations Nissan / Renault

« Au sein de l’Alliance, nous multiplions les synergies par exemple sur les échanges de composants ou sur le partage de l’outil industriel. Pour autant, chacun garde sa spécificité et sa politique commerciale, en toute indépendance. Nous acceptons d’être en concurrence. Mais sur des marchés comme la Chine, nous sommes prêts à aider Renault le jour où il voudra se lancer, en mettant à sa disposition notre réseau et nos contacts sur place »

 

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