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PME-ETI

"Nous avons demandé un milliard d’euros pour le plan Usine du futur", confie Pascal Daloz

Frédéric Parisot , , , ,

Publié le

Pascal Daloz, directeur général adjoint de Dassault Systèmes, pilote le plan Usine du futur avec Frédéric Sanchez, président du directoire de Fives. Pour L’Usine Nouvelle, il précise certains aspects de ce plan, le 34e du programme de reconquête industrielle. Il attend notamment que l’Etat débloque une enveloppe d’au moins un milliard d’euros.

Nous avons demandé un milliard d’euros pour le plan Usine du futur, confie Pascal Daloz © Dassault Systèmes

L'Usine Nouvelle - Arnaud Montebourg devait annoncer les premières mesures concrètes du plan Usine du futur sur le salon Industrie Paris 2014, mais ces annonces ont été retardées par la passation de pouvoir entre ministres. Pouvez-vous nous dire où en est ce 34e plan de la Nouvelle France industrielle ?

Pascal Daloz - J’ai le sentiment que le ministre croit beaucoup en ce plan Usine du futur, et que nous allons pouvoir avancer. Il reste toutefois à attendre la validation officielle du premier ministre, qui aura lieu dans les prochaines semaines lors d’un comité de pilotage. La feuille de route du plan, ainsi que les détails des différentes mesures, ne pourront être dévoilés qu’à l’issue de ce comité.

 

Retrouvez notre grand dossier : A quoi ressemblera une usine, demain ?

 

Pouvez-vous détailler les propositions que vous avez faites au Ministre ?

Nous avons émis le souhait que ce 34e plan porte sur deux axes. Le premier, c’est l’axe technologique. Nous avons proposé au gouvernement une vingtaine de projets qui pourraient faire office de vitrines technologiques des concepts de l’usine du futur. Arnaud Montebourg devrait dévoiler prochainement une liste d’une quinzaine de projets qui pourraient bénéficier d’un accompagnement financier. Le second axe, c’est celui de la compétitivité et de l’attractivité des PME. Nous avons proposé plusieurs choses. D’abord, nous souhaiterions que l’Etat finance le diagnostic de 5 000 PME-PMI afin d’identifier leurs atouts et d’accompagner leur transformation vers l’usine du futur. Ensuite, il s’agira de financer les projets proprement dits. Enfin, il restera à accélérer le travail en réseau au niveau local, par la création de Centres opérationnels régionaux d’excellence industrielle. Ces Corei seraient à la fois des centres de partage d’expertise et de mutualisation des moyens.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les diagnostics d’entreprises ?

L’outil de diagnostic est prêt : nous l’avons élaboré à partir d’une liste des 43 leviers de l’usine du futur que nous avons identifiés dans nos groupes de travail. A partir du niveau de maturité de chaque entreprise sur ces différents leviers, nous déterminerons un parcours personnalisé avec les efforts à faire en termes d’équipements et de montée en compétences.

Et quels dispositifs prévoyez-vous en termes de financement ?

Nous avons proposé au ministre des aides financières qui pourraient prendre plusieurs formes. Afin de favoriser l’investissement dans les équipements modernes de production, qu’ils soient matériels ou logiciels, nous avons demandé que soit débloquée une enveloppe d’un milliard d’euros pour le plan, sous la forme de prêts bonifiés financés pour un tiers par l’Etat (dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir), pour un tiers par l’Europe et pour un tiers par les régions. En parallèle de ces prêts à taux réduits, nous voudrions que soit mis en place un système de crédits vendeurs. En effet, aujourd’hui les banques prêtent peu car les PME ont peu de garanties. Il s’agirait donc d’offrir une garantie de l’Etat pour les industriels qui souhaitent s’équiper dans le cadre du plan. Un tel dispositif nécessiterait qu’un fonds, d’un montant de l’ordre de 600 millions d’euros, soit mis à disposition pour servir de garantie. Il ne s’agirait pas d’investissement pur, à la différence des prêts bonifiés, car ce fonds permettrait aux entreprises de s’équiper en réduisant le risque.

A quoi serviront les Corei ?

C’est la suite logique des deux autres mesures : le financement sert à inciter les industriels à s’équiper, le diagnostic sert à orienter ces financements, et les Centres opérationnels régionaux d’excellence industrielle seront là pour régler le problème de la formation. Certaines régions ont déjà des centres de ce type (Thésame dans la région Rhône-Alpes, NDLR), mais pas toutes. Il y a donc un vide dans de nombreuses régions, avec de nombreux patrons de PME qui se sentent isolés. L’idée des Corei serait donc de regrouper en un même lieu l’ensemble des compétences locales, issues des industriels, des académiques et des laboratoires.

Sur ces deux axes, à savoir les vitrines technologiques et la compétitivité des PME, avez-vous une idée des mesures qui pourraient être lancées en premier ?

Pour le premier axe, il s’agit de projets voulus par les industriels et qui finiront par voir le jour quoi qu’il arrive. Mais leur déploiement serait nettement accéléré si l’Etat consent à les aider financièrement. A ce propos, parmi ces vitrines, il semblerait qu’un projet ait été déjà accepté par Arnaud Montebourg. C’est un projet de ligne de fabrication de soubassements en matériaux composites pour petits véhicules, qui devrait être installée dans l’usine PSA de Rennes. Enfin, pour le second axe, nous pouvons dire que le concept des 5000 diagnostics a de fortes chances de passer. Restera ensuite à poursuivre le dialogue avec les régions, qui vient tout juste de débuter.

Propos recueillis par Frédéric Parisot

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