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Quotidien des Usines

"Nous avons besoin de réponses sur les conditions de reprise de Petroplus"

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Entretien L’intersyndicale de Petroplus Petit Couronne a publié ce 19 avril un communiqué réclamant d’être reçu à l’Elysée. Yvon Scornet, délégué CGT, a accepté de répondre aux questions de L’Usine Nouvelle et de revenir sur les difficultés actuelles du dossier de reprise de la raffinerie normande.

Nous avons besoin de réponses sur les conditions de reprise de Petroplus © zigazou76 - Flickr - C.C

L'Usine Nouvelle - Pourquoi avoir demandé ce matin à être reçu par l’Elysée via un communiqué ?
Yvon Scornet - Notre "coup de colère" était peut-être un peu disproportionné. Je fais d’ailleurs mes excuses au directeur de cabinet d’Eric Besson, mais nous avons besoin de discuter. Disons que cela fait deux fois qu’une rencontre avec le ministre de l’Industrie est reportée et nous avons vraiment besoin d’avoir des réponses. Nous avions la crainte de nous faire balader. Depuis le président de la République est venu sur le site de Petit-Couronne, nous avons eu déjà plusieurs rencontres avec le ministère sur le suivi du dossier de reprise. Mais là nous voulions des réponses sur les problèmes qui peuvent bloquer et gêner les repreneurs.

Une prochaine réunion est-elle prévue ?
Oui je viens d'avoir le ministère de l'Industrie et elle est prévue pour mercredi prochain, le 25 avril. Tout ce que nous voulons, ce sont des réponses claires sur les points qui peuvent bloquer la reprise. Nous ne voulons pas rompre le dialogue avec le gouvernement.

Quelles sont ces difficultés ?
Elles portent notamment sur la dette environnementale et les implications possibles ou non du gouvernement et des fonds nationaux pour aider la reprise. La dette environnementale peut avoir un réel impact sur la reprise. En effet, la raffinerie vieille de 80 ans peut polluer les sols. Si le futur repreneur veut stopper toute activité sur le site, il faudra dépolluer et garantir que les sols sont rendus à l’état d’origine. Or la raffinerie s’étend sur 230 hectares et nécessitera un nettoyage important et donc coûteux.

Mais qui doit le payer ?
C’est toute la question. Nous avons demandé l’instauration d’une loi pour que ce soit au propriétaire originel de payer les frais de nettoyage et de dépollution. Mais en attendant une telle loi, c’est soit le repreneur, qui risque d’être réticent à acheter un site dans lequel il va devoir déjà dépenser beaucoup en dépollution, soit l’Etat, qui pourrait considérer qu’on gèle la dette environnementale pour le prochain repreneur.

Où en sont les dossiers de reprise d’ailleurs ?
Environ 26 entreprises sont venues voir sur le site, mais beaucoup n’ont même pas demandé à avoir accès aux documents de l’entreprise. Donc elles ne sont pas vraiment intéressées. Il y en a d’autres qui étudient le dossier et effectuent des visites techniques, et ont donc un intérêt plus marqué. Sur le plan des dossiers, il y a notamment Klesch qui a manifesté un vrai intérêt mais sous conditions avec une ligne de réserve. Nous espérons avoir d’autres dossiers, mais nous serons contents si déjà nous avons un dossier solide.

Vous avez demandé à tous les candidats à la présidentielle sauf Marine Le Pen de venir vous soutenir. Quel bilan tirez-vous de cette initiative ?
Très bon. Le but était de leur expliquer le problème et de leur faire prendre position sur le raffinage en France. Certains ont pu manger avec nous, participer à nos assemblées générales et intervenir devant la presse. Nous avons encore des contacts avec certains d’entre eux. Plus globalement, nous avons participé à des meetings ou des réunions avec les candidats. Cela a été le cas avec Jean-Luc Mélenchon qui a reçu plusieurs entreprises qui sont en difficulté. En toile de fond nous avons évoqué le problème de désindustriatlisation de la France.

Pensez-vous que ce thème a été assez présent dans la campagne justement ?
Il ne l’est jamais assez. Mais c’est la première fois que l’industrie et l’emploi sont aussi présents dans les discours et les visites des candidats. Le thème est devenu moteur de la campagne.

Craignez-vous ou attendez-vous un changement de présidence ?
Actuellement, nous travaillons avec l’équipe actuelle et nous avons tout de même considérablement avancé ces derniers mois. Nous avons tout de même été laissés par notre entreprise en janvier dernier. Depuis nous avons amené Shell et les pouvoirs publics à travailler sur le dossier du processing, ce qui nous a permis de redémarrer progressivement certaines unités et de travailler pour Shell. Cela nous laisse le temps de nous retourner. Nous avons aussi créé une fiducie à deux étages, ce qui est une première en France.

Reste que ces dernières semaines sont très floues pour nous, du fait des élections. Nous sommes obligés de prévoir comment continuer à travailler avec les pouvoirs en place, mais aussi comment débuter un nouveau travail avec d’autres tendances. Le tout sans revenir sur tout ce qui a déjà été fait.

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