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« NOUS ATTENDONS BEAUCOUP DE FRANÇOIS HOLLANDE »

Publié le

Enquête Pour sa première interview à la presse française, Abdelkader Amara, le ministre de l'Industrie nommé en janvier, confirme l'ouverture du pays. Et en appelle au Président français.

Les entreprises citées

Sept mois après l'arrivée de votre gouvernement au pouvoir, quel est votre message aux investisseurs internationaux ?

Le Maroc est un pays ouvert. Notre gouvernement est clair. Le royaume évolue dans la stabilité et la continuité de ses engagements internationaux. Avec des objectifs simples : améliorer la gouvernance et la justice, lutter contre la corruption, favoriser l'action sociale, préserver le cadre macroéconomique et la croissance. Et faire de notre pays une plate-forme attractive pour les investisseurs. Nous n'avons pas de pétrole. Notre richesse c'est cette capacité à capter les investissements. Pour cela, la cohésion sociale est un atout important. Au Maroc, on la cultive qu'on soit islamiste, socialiste ou autre.

Poursuivrez-vous les stratégies engagées par les gouvernements précédents, comme le plan Émergence pour l'industrie ?

Notre pays a développé un partenariat public-privé dans le cadre de ces programmes. Nous continuons. Il y aura des ajustements, car certaines stratégies sont à mi-course. Je pense ajouter la chimie, la pharmacie voire la métallurgie à nos secteurs prioritaires. Beaucoup de projets, notamment de zones industrielles ou de bureaux, ont été impulsés par l'État. Le foncier peut être un frein au développement. Mais il faut remplir ces zones. Ainsi nous menons une réflexion sur Marrakeshshore et Agadirshore. Par ailleurs, nous allons sans doute retravailler le cadre incitatif en jouant sur les impôts et les aides à la formation, car l'Espagne est en crise et nos différences de coûts se réduisent.

Allez-vous revoir le cadre des investissements ?

Oui. Une nouvelle charte des investissements est prête à être discutée au Parlement. Le seuil des projets éligibles à certaines subventions sera abaissé à 150 millions de dirhams [13,4 millions d'euros], contre 200 millions aujourd'hui [18 millions d'euros]. Nous renforcerons aussi la dimension régionale. Autre exemple, la mise en place d'outils pour mieux traiter les gros investissements sur le modèle de ce qui a été fait pour Renault et maintenant Bombardier, un dossier qui est pour moi une priorité.

Dans des contrats importants comme celui du TGV, les entreprises marocaines réclament une part locale obligatoire. Y souscrivez-vous ?

Nous allons inscrire la préférence nationale dans la loi pour certains marchés publics. En matière d'offsets, pour l'instant, cela se traite à l'amiable avec les donneurs d'ordres, par exemple pour le TGV avec une part d'achats locaux. Avec Alstom, on parle ainsi de 30 %. Ce groupe est coopératif. Nous réfléchissons à une loi.

Les entreprises s'inquiètent souvent des conditions d'exercice du droit de grève. Allez-vous légiférer ?

Au Maroc, la grève est un droit constitutionnel, mais sans cadre législatif. En cela, les syndicats jouissent d'un relatif confort. Nous avons proposé une loi organique. Idéalement, cette question devrait faire l'objet d'un accord entre partenaires sociaux, l'Allemagne montre que c'est la bonne voie. Le gouvernement prendra ses responsabilités avant la fin 2012. Selon moi, il faut même voir au-delà. À titre personnel, j'ai appelé à un débat sur la flexibilité du marché du travail. L'Espagne et l'Italie le font dans la douleur. Je préfère qu'on en discute à froid. Quand je suis face à un investisseur, à Tanger par exemple, je ne peux pas lui garantir une certaine paix sociale ou en tout cas des règles claires.

Dans son programme, le Parti de la justice et du développement évoquait un smig à 3 000 dirhams, il reste à 2 300...

Lors de la constitution de la coalition, nous avons retardé l'augmentation du smig à 2015, voire 2016, en privilégiant le rétablissement macroéconomique. Pour 2013, l'objectif est de réduire le déficit en réformant notamment la Caisse de compensation [un fonds qui subventionne les carburants et certains produits alimentaires de base, ndlr].

Qu'attendez-vous de la France ?

Le 28 mars, lors d'une rencontre avec des patrons marocains et français, notre Premier ministre a parlé d'une « relation d'amour » entre nos pays ! C'est fort. Et Dieu sait s'il y avait des questions curieuses sur l'arrivée au pouvoir d'un parti islamiste. Cette relation privilégiée est une aubaine, sans exclusivité, car nous accueillons des investisseurs espagnols, canadiens ou indiens. Vos entreprises pourraient faire plus encore. Nous attendons beaucoup de François Hollande, notamment vis-à-vis de l'Europe. Celle-ci ne porte pas assez d'attention à la rive sud de la Méditerranée.

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