"Nous allons vers une université confédérale de Paris Saclay"

Pour les recalés de juin, le rattrapage… Alors que les trois premiers lauréats des Initiatives d'excellence sont connus (Strasbourg, Bordeaux, Paris Sciences et Lettres), les perdants peaufinent leur dossier pour la deuxième vague de septembre. A Saclay, les 23 acteurs du plateau s'organisent. Explications de Marion Guillou, présidente du conseil d'administration de l'Ecole Polytechnique.

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L'Usine Nouvelle - Le jury des Idex a reproché à Saclay un problème de gouvernance. Comment allez-vous tenir compte de ses remarques ?
Marion Guillou - Il nous faut accepter les critiques, savoir les lire et retravailler chacune d'elles. A Saclay, les délais ont été extrêmement courts : trois mois entre l'organisation des instances de la Fondation de coopération scientifique et la remise du dossier de candidature. C'est court ! D'autant que la situation est plus compliquée qu'ailleurs, le nombre d'acteurs étant très important.

Pour tenir compte des remarques du jury, nous avons décidé d'aller vers une université confédérale de Paris Saclay. Dans une telle configuration, chaque entité garde son identité juridique, mais ensemble nous décidons de conduire des projets de long terme en recherche, pour l'enseignement, en matière d'innovation. Plusieurs universités de type confédéral sont en train d'émerger, en France.

Nous inventons à travers elles une nouvelle convergence des grandes écoles, des universités, des centres de recherche publics et privés, avec des projets partagés, qui apportent de la valeur ajoutée, et une identité commune, une visibilité, une attractivité.

En novembre, vous avez rendu un rapport sur l'évolution de Polytechnique dans lequel vous envisagiez la création d'un "campus Polytechnique" autour de l'Ecole, avec quelques grandes écoles. Où en est cette idée ? Comment l'articuler avec une université confédérale ?
L'ENSTA arrive d'ici quelques mois à deux pas de Polytechnique, les autres écoles seront à quelques minutes de marche ! Un doctorat de mathématique théorique gagne à se faire à l'échelle de Paris Saclay, avec l'Université Paris-Sud, les différents membres de la Fondation Hadamard… Mais un partage au quotidien des enseignements sera plus efficace en proximité. Les menus des partenariats seront variables.

A l'échelle de Paris Saclay, la communauté des chercheurs et des partenaires peut bâtir et gérer de grands projets scientifiques comme celui de l'optique et des lasers, mais pas la vie de proximité. Les chercheurs se déplacent pour travailler sur un grand instrument ; mais pour mettre en place une vie plus intime, partager des cours pour nos étudiants et élèves ou des locaux, la co-localisation est plus adaptée.

Polytechnique et les grandes écoles installées à proximité souhaitent former un sous-ensemble aux liens plus étroits, se regrouper à l'intérieur de l'université confédérale de Paris Saclay. Mais ce regroupement sera ouvert. Aux autres écoles de ParisTech, les Ponts à l'Est de Paris, l'ESPCI, les Arts et Métiers, dans Paris même, si ces écoles souhaitent mettre des initiatives en commun. A d'autres écoles d'ingénieurs : à Paris-Saclay, plusieurs projets sont en cours de conception en matière d‘ingénierie avec Supélec et Centrale notamment ; des diplômes communs existent avec d'autres universités étrangères, Caltech par exemple.

L'idée est toujours la même : il ne faut pas avoir peur du grand vent, du mélange, de l'ouverture. C'est quand on est confronté aux autres qu'on est stimulé, c'est avec d'autres qu'on peut faire plus.

En utilisant le terme de "campus Polytechnique", les autres écoles ont pu craindre que vous ne souhaitiez les chapeauter, voire vous les voir rattachées…
Peut-être n'avons-nous pas été assez clairs… Notre rapport tendait la main, il était un rapport de propositions pour dessiner un avenir ambitieux pour la formation à l'école polytechnique comme pour des alliances au sein de Paris Saclay.

Votre tutelle a-t-elle répondu à vos propositions ?
Nous avons reçu un bon accueil du ministre de la défense, qui nous a dit que ces propositions l'intéressaient. Mais aucune décision n'est prise à ce jour, ce qui est normal vu la complexité des projets. Et nos partenaires de ParisTech, ont accueilli favorablement nos propositions, intéressés par une structuration privilégiée des écoles de "ParisTech Sud", avec l'Ecole Polytechnique.

Dans quels délais se feront ces changements ?
La mise en mouvement sera rapide – l'ENSTA ouvre en 2012. Mais certaines écoles ne seront vraiment sur le campus qu'en 2016. L'enrichissement des projets collectifs sera progressif.

Propos recueillis par Cécile Maillard.

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