L'Usine Energie

"Nous allons doubler notre capacité éolienne et solaire en France", annonce Gwenaëlle Huet, à la tête de l’activité renouvelables d’Engie en France

Manuel Moragues ,

Publié le

Entretien Gwenaëlle Huet, directrice générale de l'activité énergies renouvelables d'Engie en France, a présenté fin mai son projet d’accélération à Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie. Elle détaille aujourd’hui à L’Usine nouvelle les nouveaux objectifs du groupe en matière d’installations photovoltaïques et éoliennes en France. A la clé, notamment, une multiplication par 2,5 du rythme de déploiement dans le solaire.

Nous allons doubler notre capacité éolienne et solaire en France, annonce Gwenaëlle Huet, à la tête de l’activité renouvelables d’Engie en France © ENGIE / MIRO / ANTOINE MEYSSONNIER

L'Usine Nouvelle - Quels sont vos nouveaux objectifs en matière d’énergies renouvelables en France ?

Gwenaëlle Huet - Le plan de déploiement qu’Isabelle Kocher [directrice générale d’Engie, NDLR] a validé prévoit que nous allons plus que doubler notre capacité éolienne et solaire installée en France d’ici à 2021, de 2,1 gigawatts (GW) à fin 2015 à 5,2 GW. Plus précisément, nos capacités dans le solaire devraient passer de 0,6 GW fin 2015 à 1,2 GW en 2018 et 2,2 GW en 2021. Cela revient à multiplier notre rythme de développement de projets par 2,5 environ. Dans l’éolien, l’accélération sera moindre (+30% environ) vu les plus longs temps de développement. Nous visons 2,2 GW installés en 2018 et 3 GW en 2021, contre 1,5 GW à fin 2015.

Sur quoi basez-vous ces objectifs ?

Tout d’abord sur la trajectoire fixée par le gouvernement à travers La PPI [programmation pluriannuelle des investissements, NDLR] pour les énergies renouvelables et la PPE [programmation pluriannuelle de l’énergie, NDLR]. Il s’agit d’objectifs ambitieux puisqu’il s’agit, d’ici à 2023, de tripler la capacité solaire, à 18 à 20 GW, et de doubler la capacité éolienne, à 22 à 26 GW. Mais c’est parfaitement à la portée de la France. Il n’y a qu’à regarder nos voisins qui sont autrement plus avancés. En 2015, l’Allemagne a installé 6 GW d’éolien. C’est plus de la moitié de tout le parc français ! Et la Pologne a installé 20% de plus d’éolien que nous…

Les ONG comme Greenpeace estiment que la PPE prévoit une baisse trop faible du nucléaire, qui ne laisserait pas assez de place aux renouvelables. Cela vous inquiète-t-il ?

Non, ce qui nous semble important, c’est la trajectoire fixée par les énergies renouvelables et l’assurance qu’on la suivra. Le respect de cette trajectoire est garanti pour le solaire par le système d’appels d’offres programmés, avec 6 fois 500 mégawatts prévus, dont 3 GW en trois ans. Dans l’éolien, on devrait passer aux appels d’offres au 1er janvier 2019. Il nous faudra là aussi un mécanisme de contrôle pour corriger la trajectoire si elle diverge par rapport aux objectifs.

Comment comptez-vous atteindre vos objectifs ?

Nous accélérons grâce à l’intégration de deux acquisitions-clés, celle de Solairedirect en 2015 et à la montée à 100% du capital de Maïa Eolis en 2016. Nous utilisons le modèle compétitif de Solairedirect en en faisant une plateforme de développement du solaire pour le groupe dans le monde. Nous travaillons à la fusion de Maïa Eolis avec notre filiale Futures Energies. L’idée est d’unifier nos équipes pour les renforcer et accélérer le développement des projets, par exemple dans la recherche de terrains disponibles pour le solaire ou l’éolien ou encore par la maintenance en interne des parcs éoliens.

Combien comptez-vous investir pour développer ces capacités ?

Cela dépendra de nos partenariats. Nous avons ainsi un accord avec Predica, filiale de Crédit Agricole Assurances, depuis deux ans sur le refinancement de certains nos parcs éoliens. Les projets de Futures Energies et Maïa Eolis sont, une fois construits, systématiquement cédés à une co-entreprise 50/50 que nous avons avec Predica. Le marché est très intéressé par les actifs d’énergie renouvelable. Cela nous aide à être compétitif et à développer plus et plus vite.

Propos recueillis par Manuel Moragues

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