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L'Usine Santé

"Nous aidons les start-up à trouver leur marché", affirme Gilles Litman, le patron Performance & Innovation de Sanofi

Gaëlle Fleitour , ,

Publié le

Ouverture aux jeunes pousses, partenariat avec Google, solutions de télémédecine… Sanofi cède à son tour à l’engouement pour l’e-santé. Gilles Litman, son directeur performance et innovation pour la France, décrit sa stratégie.

Nous aidons les start-up à trouver leur marché, affirme Gilles Litman, le patron Performance & Innovation de Sanofi
Gilles Litman, directeur strategie et innovation de Sanofi France.
© Toupance Marielle JAYET Stephanie

L'Usine Nouvelle : La France est-elle un bon terreau pour l’innovation en e-santé ?

Gilles Litman : Nous disposons en France de systèmes d’excellence sur les plans universitaire, académique et de la santé  - avec des écoles d’ingénieurs reconnues dans le monde entier, des universités de qualité, le concept des CHU…-, malgré des défis à relever pour notre  système de soins. Mais aussi d’un grand champion avec Sanofi, la quatrième entreprise de santé au monde.

A l’heure où émergent le numérique et la santé connectée, nous avons un certain nombre d’atouts pour prendre ce virage. En témoigne le dynamisme de l’entreprenariat français, nous l’avons vu au dernier CES de Las Vegas, accompagné d’une volonté politique avec Emmanuel Macron et Axelle Lemaire.

La France a-t-elle les armes pour rivaliser face aux Etats-Unis ?

Toute seule sans doute que non. Le challenge de la France, c’est sa capacité à transformer l’innovation en business. Sans doute le système américain est-il plus « business friendly », c’est pour cela que l’on voit souvent certaines de nos licornes s’y mouvoir. D’où l’importance de l’échelle européenne.

Sanofi est ainsi partenaire d’EIT Health, un consortium rassemblant universitaires, industriels et académiques, visant à accélérer les partenariats européens dans la santé. Il a vocation à recevoir des fonds, notamment du Plan Juncker, pour des projets associant plusieurs pays européens et rassemblant idéalement grands groupes et plus petites structures. A l’échelle française, il y a aussi la nécessité de faire émerger un marché de la e-santé, encore assez embryonnaire. Le gouvernement a pris des initiatives en ce sens.

Comment Sanofi repère, voire soutient les start-up de l’e-santé ?

Sanofi a créé l’an dernier un département d’innovation ouverte avec cette ambition : aller à la rencontre des entrepreneurs, avec lesquels nous n’avions pas l’habitude d’interagir. Et sélectionner les plus pertinents par rapport à nos priorités stratégiques. Nous avons aussi d’autres outils, notamment des alliances avec des incubateurs, comme celui de la ville de Paris dédié à l’e-santé. Ou le "Village by CA" du Crédit Agricole, qui a la volonté de se  déployer en régions. Nous serons ainsi partenaires de celui de Bordeaux qui ouvrira cet automne après celui de Paris. Il s’agit d’un environnement propice à l’e-santé où nous disposons déjà de sites et partenariats locaux

Sanofi est également le premier groupe à avoir signé un partenariat avec France eHealth Tech, qui fédère les start-up du secteur, afin de mieux les connaître. Nous avons aussi fait évoluer en interne nos process pour mieux interagir avec elles. Enfin, partenaires du Hacking Health Camp, un hackathon organisé à Strasbourg en mars, nous y sommes venus cette année avec des associations de patients, afin de mettre ces dernièress au centre des innovations.

Pourriez-vous racheter certaines de ces pépites?

Non, nous ne sommes pas dans cette logique. Et ce ne serait pas forcément leur rendre service à ce stade. Car leur première ambition est de trouver un marché et des clients! Nous les aidons plutôt à gagner de la visibilité en les emmenant sur certains évènements, comme le festival numérique, Futur en Seine ou notre journée interne dédiée aux PME. Avec le mécénat de compétences, nous pouvons aussi les mettre en relation avec certains de nos 27 000 salariés français.

Comment le numérique bouleverse-t-il la santé ?

Pour les patients souffrant d’une maladie chronique dont les paramètres évoluent au cours de la vie (diabète, sclérose en plaques…), le suivi se fait encore de manière fragmentée et parcellaire. Ils voient leur médecin avec une fréquence limitée, leurs données de santé sont suivies de manière discontinue… La santé connectée permet de disposer d’un suivi en temps réel, d’avoir une intervention du médecin à un moment plus pertinent. Nous pensons que cela peut améliorer la prise en charge des patients, et réduire les complications et hospitalisations, à l’heure où le gouvernement favorise le développement de l’ambulatoire. Générant ainsi des économies pour tout le système de santé.

Demain, Sanofi ne vendra plus seulement des médicaments. Jusqu’où comptez-vous aller dans la chaine de valeur ?

Notre cœur de métier historique est de chercher, développer, produire et commercialiser des traitements innovants. Le champ des promesses de l’e-santé nous semble considérable : l’amélioration de la santé du patient ne reposera plus seulement sur la délivrance du médicament, mais sur sa prise en charge globale et son accompagnement. Il faut donc s’allier avec des acteurs technologiques pour rendre la santé de demain plus prédictive, basée sur les données pour avoir des solutions plus intégrées. C’est dans cette logique que nous avons signé un partenariat avec Google l’été dernier.

Où en est justement votre alliance avec Google ?

Nous avons annoncé fin février la création de notre joint-venture, approuvée par la Commission Européenne. Sa vocation est de développer des outils innovants dans la gestion du diabète, en s’appuyant sur l’expertise de Sanofi dans les traitements et les dispositifs médicaux, et sur celle de Google dans l’analyse de données et l'électronique miniaturisée. Nous ne livrons pas plus de détails pour des raisons de confidentialité et parce que le partenariat se construit, mais il est très emblématique du virage que prend notre industrie.

Le groupe envisage-t-il d’autres grandes alliances dans le numérique ?

Nous avons déjà le challenge de réussir ce partenariat avec un acteur nouveau pour nous ! En France, nous menons aussi des initiatives comme le télésuivi du diabète (via une solution de télémédecine, Diabeo, en cours d’étude médico-économique pour démontrer son efficacité clinique et obtenir un éventuel remboursement, ndlr). Ces solutions connectées sont particulièrement adaptées pour les maladies chroniques. En raison de notre learsdership et notre expérience historique dans le diabète, une maladie qui impacte un nombre très important de patients à travers le monde, c’est le domaine sur lequel nous sommes le plus avancés en e-santé.

Propos recueillis par Gaëlle Fleitour

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