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COP21

"Notre travail est de convaincre les gens de prendre les transports en commun", assure le patron de Keolis

Olivier Cognasse , , ,

Publié le

Entretien A l’occasion d’un voyage de presse en Suède, un pays où les transports propres ont pris de l’avance, le PDG de l’opérateur de transport Keolis, Jean-Pierre Farandou, et Anne-Blandine Dassencourt, directrice adjointe chargée de l’environnement, ont répondu aux questions de l’Usine Nouvelle.


Un bus Keolis en Suède - Magnus Glans. 

L’Usine Nouvelle : Comment Keolis compte-t-il se manifester à l’occasion de la COP21 ?
Jean-Pierre Farandou :
Pour nous c’est une très bonne occasion de parler du réchauffement climatique et d’insister à nouveau sur l’importance des transports collectifs. Notre travail est de convaincre les gens de prendre les transports en commun. Ils ne contribuent que pour 1% aux émissions de CO2. Il faut aussi les convaincre de payer leur trajet, car nous avons besoin de cet argent pour acheter de nouveaux bus.

Et au niveau de l’entreprise ?
J-P.F. : Nous avons entrepris depuis plus de deux ans une démarche de certification ISO 14001. 15 filiales sont déjà certifiées, le double le sera en 2017 et 60 en 2020. Nous nous sommes engagés dans une démarche de progrès continu sur l’environnement.

Concrètement, avez-vous fixé des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre ? 
Anne-Blandine Dassencourt : Il n’y a pas d’objectif global de réduction des émissions car on a des marchés, des réglementations locales, des parcs très différents. Chaque filiale se fixe ou non des objectifs. A Lille, il est de -15%.

Pour inciter le public à prendre davantage les transports en commun, encore faut-il qu’ils soient de qualité et non saturés et inconfortables comme sur certaines lignes très fréquentées d’Ile-de-France...
J-P.F.: Une enquête Ipsos vient contredire ces idées reçues. Pour les Franciliens, la voiture c’est l’enfer. Et le phénomène de pollution s’amplifie. Ils pensent que les solutions de transport en commun vont se développer. Il y a déjà le pass Navigo unique qui est très attractif.

"Stockholm est le cycle parfait avec une vraie rupture écologique"

Que proposez-vous pour des transports plus propres ?
J-P.F.: Keolis travaille sur sa flotte de bus. Il n’y a pas une, mais des solutions. On est là pour donner des conseils et proposer des solutions aux collectivités et autorités organisatrices. Cela peut être l’électricité, mais aussi le biogaz, une solution très intéressante. On fait du gaz à partir des déchets des villes. C’est une révolution. A Lille et Strasbourg, il est injecté dans le réseau. A ce sujet, Stockholm est le cycle parfait avec une vraie rupture écologique. Le gaz produit par l’usine de méthanisation est directement injecté dans les bus.

Quelle est la part de bus non diesel dans votre parc ?
A-B.D.: Nous avons 3 000 bus non diesel sur un parc de 23 000 véhicules, soit environ 15%.

Hormis la Suède, d’autres projets de bus électriques sont-ils en marche ?
A-B.D.: Nous allons expérimenter un bus électrique au Luxembourg, mais c’est la Suède, le pays le plus avancé avec trois bus électriques en test à Göteborg et sept bus électriques hybrides. Nous avons également 360 bus hybrides, dont la moitié en France, principalement à Lyon et Bordeaux, 80 en Suède et aux Etats-Unis, et une vingtaine au Danemark. Nous avons également trois éoliennes en Suède qui couvrent 30 % de nos besoins en énergie.

Que pensez-vous de la situation en France, entre la hausse annoncée des taxes sur le diesel, l’abandon de l’Ecotaxe et le relèvement de la TVA sur les transports ?
J-P.F. :
Là, je m’exprime en tant que président de l’UTP (Union des transports publics et ferroviaire). Les transports publics ont besoin de ressources financières si on veut continuer à améliorer le service et inciter les gens à laisser leurs voitures au garage. Il y a eu plusieurs mauvaises nouvelles comme l’abandon de l’écotaxe et le relèvement de la TVA sur le transport public. Si on relève la taxe sur le diesel, il faut voir si c’est fléché vers le transport collectif.

Est-ce que les élections régionales et les nouvelles régions vont changer la donne pour le transport public ?
J-P.F. Pour la première fois, la région aura la responsabilité de l’ensemble des compétences de transport. Elle pourra bâtir un schéma directeur d’intermodalité.

Propos recueillis par Olivier Cognasse, en Suède

 

Le RER de Boston perd 19,4 millions de dollars au 1er semestre 2015
Jean-Pierre Farandou le reconnaît, il y a "une dizaine de contrats dans le monde où Keolis perd de l’argent. Notamment à Lille avec un système de billettique défaillant qui a entraîné un doublement des fraudes". Mais le plus emblématique est le RER de Boston (USA) gagné en 2014 contre son concurrent français Transdev. Une situation climatique exceptionnelle avec quatre tempêtes de neige s'est ajoutée à un matériel ferroviaire vieillot qu’il faut rénover. Résultat : 2,4 millions de dollars de pénalités à la fin 2014. Après avoir redressé la barre en termes de régularité (95 %) – "c’est la meilleure performance du réseau depuis 5 ans"-, Keolis va devoir remonter la pente financière. L'opérateur a confirmé une perte de 19,4 millions de dollars au premier semestre 2015, le double du second semestre 2014. "Nous sommes encore en difficultés financières pour 2015 et il faudra encore deux nouvelles années pour retrouver l’équilibre, mais nous aurons encore six années d’exploitation."

 

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