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L'Usine Agro

"Notre plan filière sur les huiles et les protéines, il est déjà là !", assure le patron du groupe Avril

Gaëlle Fleitour ,

Publié le

Bisbilles aux Etats Généraux de l’Alimentation, menace sur le biodiésel en Europe… Jean-Philippe Puig, directeur général du groupe agro-industriel Avril, spécialiste des huiles et du carburant vert, et président du conseil de surveillance du fonds de capital-risque Capagro, répond aux questions de l’Usine Nouvelle.

Notre plan filière sur les huiles et les protéines, il est déjà là !, assure le patron du groupe Avril © brunoclergue.com

L'Usine Nouvelle - Qu’allez-vous faire suite aux mesures annoncées par Emmanuel Macron aux Etats Généraux de l’Alimentation ?

Jean-Philippe Puig - Notre filière est déjà très engagée dans ces Etats Généraux, en présidant certains ateliers. Sur le papier, un certain nombre de mesures vont dans le bon sens. Le président de la République les a liées à des progrès de filières par le monde agricole, nous en sommes très heureux, car nous sommes sans doute la filière qui marche le mieux en France. Notre plan filière sur les huiles et les protéines, il est déjà là ! Par contre, j’attends la seconde phase et la fin des ateliers pour voir si le gouvernement va réellement pouvoir agir vite, car il y a urgence.

Le changement de « philosophie » promis, vous ne le voyez pas encore dans les négociations commerciales avec la grande distribution ?

Non, elles repartent sur le même registre qu’avant ! On nous demande de descendre les prix alors que le coût des matières premières flambe, nous sommes face aux mêmes acheteurs dont les bonus ne sont pas indexés sur cette philosophie… Ils n’auront aucune obligation s’il n’y a pas de traduction rapide dans la loi via des ordonnances. 

Or si rien ne change d’ici la fin des négociations en février, après tous les investissements et attentes des acteurs, j’aurais du mal à augurer de la suite, car c’est la deuxième année consécutive de bilan difficile pour les agriculteurs et les éleveurs.

Des associations viennent de claquer la porte de ces Etats Généraux, jugeant négligée la problématique de l’insécurité alimentaire dans le monde, et notamment les conséquences des activités en Afrique de certaines entreprises françaises. Que répond Avril ?

Nous avons déjà des sujets prégnants à régler sur la France : comment mieux nourrir la population française, répartir et créer de la valeur, et mieux rémunérer nos éleveurs et agriculteurs. Je veux bien que nous discutions de l’Afrique, et nous sommes légitimes à expliquer car nous faisons beaucoup avec ce continent. Mais repositionnons nous déjà sur le cœur des Etats Généraux de l’Alimentation, et que les filières françaises fonctionnent bien, pour nourrir les populations africaines.

Claquer la porte n’est pas la solution à notre avis, il faut continuer à travailler dans ces ateliers mais trouver des compromis.

Se dirige-t-on vers la fin de la filière colza en France ?

Ce qui se passe pour le biodiésel issu du colza est très inquiétant à deux niveaux. Nous avons ouvert des discussions à l’échelle européenne face à l’arrivée du biodiesel argentin : c’est aberrant d’ouvrir nos frontières alors que les Etats-Unis les ferment ! Mais cela prendra sans doute neuf mois avant que le sujet ne soit traité, alors qu’entre temps il arrive sur notre marché à un coût moins élevé que les matières premières que nous pouvons produire… Rien qu’en octobre, 240 000 tonnes de biodiesel argentin ont envahi l’Europe et principalement la France : c’est autant que ce que peut produire une de nos usines sur une année pleine, et cela représente 10% du marché français !

Quant à l’avenir du biodiesel en Europe, toujours en discussion à l’échelle européenne, nous serons sans doute fixés au premier trimestre 2018…

Combien de salariés sont touchés par votre projet d’activité partielle concernant la production de biodiesel et la trituration en France ?

250 personnes sur les 600 salariés de Saipol environ, sans compter un impact énorme en emplois indirects…

Votre groupe est un des fondateurs et actionnaires historiques du fonds Capagro, qui vient de doubler de taille. Qu’en attendez-vous ?

Ce fonds est désormais reconnu dans le capital-risque dans l’agriculture et l’agroalimentaire, et déborde de dossiers car les banques sont très frileuses à accompagner des entreprises qui lancent tout juste leur premier produit. Nous voulons les aider grossir pour qu’elles atteignent un stade de pérennité et créent de l’emploi en France.

Sofiprotéol pousse et investit depuis très longtemps dans l’innovation. Ce fonds nous permet de diminuer le risque en tant qu’investisseur, tout en détectant des entreprises prometteuses pour l’avenir et des technologies qui peuvent nous donner des idées pour notre propre développement.

Propos recueillis par Gaëlle Fleitour

 

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