Notre économie est-elle quantique ?

Nous vivons dans une drôle d'économie… Une économie où la production industrielle, contre toute attente, se replie en Chine mais progresse en France... après avoir réalisé le chemin inverse le mois précédent. Une économie où le chômage augmente partout dans les pays industrialisés, et notamment en France, mais où, aux Etats-Unis, il recule de quelques points... Une économie enfin où les marchés financiers jouent aux montagnes russes alors que les industriels n’en finissent pas de remplir leurs carnets de commandes…

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Notre économie est-elle quantique ?

Dans ce monde imprévisible, réaliser son budget 2012 relève d’un exercice périlleux. Quels objectifs fixer à mes équipes ? Quels montants d’investissement suis-je capable de mobiliser sans risquer l’asphyxie en cas de retournement ? Quels projets puis-je lancer sans menacer la bonne marche de l’entreprise ? Toutes ces questions les capitaines d’industrie français et leurs lieutenants se les posent ces jours-ci en n’ayant qu’une seule certitude: leurs projections se révéleront fausses à coup sûr.

Bien malin en effet qui pourrait aujourd'hui dire de quoi sera fait 2012. En France notamment, les échéances électorales (présidentielle et législative) ne font que rajouter qu’un peu plus de brouillard à une situation économique déjà extrêmement floue vivant notamment sous la menace d’un rétrécissement du crédit. En fait, les capitaines d'industrie vont devoir apprendre à manœuvrer dans une économie quantique. Une économie capable d'afficher deux états très différents en même temps. On voit déjà se développer sur des marchés matures (en stagnation ou en récession) des poches de croissance extrêmement dynamiques. On constate dans des Etats surendettés, comme l’Italie où les populations doivent affronter de nouvelles taxes pour réduire les déficits, que des entreprises continuent à se développer malgré tout (en Lombardie notamment).
Cette vision, c’est celle qu’a partagée Peter Karlsten, le vice-président exécutif de Volvo Trucks lors du Truck & Bus World Forum de Lyon la semaine dernière. Le patron suédois a estimé que « les entreprises devront affronter un marché à plusieurs vitesses avec une Europe qui patine, des pays émergents qui courent et un marché américain qui progresse légèrement. » Dans cette situation complexe et multiforme, la seule attitude que peuvent adopter les dirigeants, c'est l’agilité. Ils vont devoir apprendre à encaisser les chocs, comme le soulignait brillamment Denis Kessler, le patron de la Scor lors des Assises de l’Industrie organisées par L’Usine Nouvelle. Cette capacité d’amortisseur suppose d'avoir du cash, de la trésorerie pour passer les coups durs. Cela suppose aussi d'avoir une vision à long terme de l'évolution de son marché et de son entreprise. Enfin, cela exige d'avoir du sang froid, de ne pas se laisser gagner par l’euphorie quand les marchés réalisent des croissances à deux chiffres ou par le fatalisme lorsqu’ils plongent. Il est toujours bon de le rappeler : certaines décisions que nous prenons ont la capacité de rendre tangible, de réaliser nos craintes profondes.

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