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L'Usine Aéro

Notre-Dame-des-Landes ou Nantes-Atlantique ? Edouard Philippe ménage le suspense jusqu'à fin janvier

Aurélie M'Bida , , , ,

Publié le , mis à jour le 20/12/2017 À 11H13

Interrogé mercredi 20 décembre sur RTL, sur la question de savoir si l'aéroport Notre-Dame-des-Landes allait voir le jour, une semaine après la remise du rapport des médiateurs sur l'aéroport du Grand Ouest, le Premier ministre a assuré que "la décision n'est pas encore prise". Il donne la date de fin janvier pour un verdict définitif sur ce dossier épineux.

Notre-Dame-des-Landes ou Nantes-Atlantique ? Edouard Philippe ménage le suspense jusqu'à fin janvier © Joelle Ronnet-Nicolle - Semailles à Notre-Dame-des-Landes (2013) CC Flickr

Il faudra attendre bien après les Fêtes de fin d'année pour connaître le sort réservé au controversé aéroport Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Une semaine après la remise d'un rapport qui donne tout l'argumentaire à l'exécutif censé trancher définitivement sur le sort de l'aéroport du Grand Ouest, Edouard Philippe a annoncé un "verdict" pour la fin janvier. Interrogé sur RTL mercredi 20 décembre, le Premier ministre a expliqué "qu'avant de la prendre à la fin du mois de janvier, j'aurai besoin d'avoir quelques contacts avec les élus locaux. Je le ferai au début du mois de janvier et ensuite une décision sera prise". Quelques jours auparavant, Christophe Castaner, le délégué général de La République En Marche, a affirmé que l'évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes se ferait par la "force" si nécessaire, indépendamment du choix de construire ou non un aéroport sur ce site.

Un rapport qui donne les ingrédients (mais aucune recette)

Emmanuel Macron voulait des "éléments forts" pour prendre sa décision dans le dossier controversé de l’aéroport du Grand Ouest. C’est pourquoi il a missionné une commission spéciale pour travailler sur la question. Après six mois de travail, les trois médiateurs, un ancien pilote de ligne proche de Nicolas Hulot, Gérard Feldzer, un ingénieur membre du Conseil économique, social et environnemental, Michel Badré, et une préfète, Anne Boquet, ont rendu leur rapport au Premier ministre mercredi 13 décembre.

 
Le document de 150 pages dévoilé à la presse dans la foulée, dresse un tableau se voulant neutre des avantages et des inconvénients du projet de réaménagement de l’aéroport de Nantes-Atlantique au sud de la ville et du projet de construction d’un nouvel aéroport, à moins de 30 km au Nord, à Notre-Dame-des-Landes. À défaut de réels éléments forts, une conclusion en demi-teinte en faveur de chacun des deux projets est apportée. 
 
37 propositions ont en outre été établies par le collège d'experts, afin "d'éclairer la décision et apporter des éléments nouveaux", a souligné Anne Boquet. "Décision, il doit y avoir", a-t-elle insisté en préambule, "et la construction d'un après-décision est une nécessité". Alors que dans ce dossier, la décision de l'Etat "n'a que trop tardé", jugent les experts, qui préconisent l'évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, occupée par 200 à 300 personnes, dès le choix de l'Etat sur l'une des deux options.
 
En définitive, l'objet de ce rapport est stratégique, puisqu'il offre à l'exécutif les arguments qu'il va avancer lors de sa prise de décision en faveur de l'une ou l'autre option. Et ce, "avant Noël", comme le prétendait initialement le ministre de la Transition écologique et solidaire, ou "au plus tard en janvier", comme l’avait promis le président de la République lors de la campagne présidentielle.
 
Les pour et les contre
 
Des principaux enjeux balayés par le rapport : trafic aérien, bruit et urbanisme, étalement urbain, coûts, écosystème du lac de Grandlieu, enjeux particuliers (notamment économiques, et politico-juridique avec la question de la "ZAD" de Notre-Dame-des-Landes), les médiateurs se sont penchés sur deux aspects en particulier. Le bruit, identifié comme handicap principal au projet de réaménagement de Nantes-Atlantique sur la base d'un trafic de 9 millions de passagers en 2040, tandis que l'absence de maîtrise de l'étalement urbain, sur cette même base, est pointée du doigt comme frein au projet de Notre-Dame-des-Landes.
 
En effet, sujet sensible, la question des nuisances sonores, jugées "significatives" dans ce rapport, elles devraient être maintenues "à peu près dans leur état actuel si aucune mesure particulière n'est prise", explique Michel Badré, qui recommandent quoi qu'il en soit de réviser le plan de gêne sonore (PGS) et le plan d'exposition au bruit (PEB), datant pour ce dernier de 2004.
 
Ainsi, plusieurs secteurs de l'agglomération nantaise, notamment la zone porteuse de projet de développement de l'Ile de Nantes, sont fortement affectées par les nuisances, et agrandir l'aéroport de la ville ne les arrangera, ni les aggravera, souligne le rapport. Quant à l'étalement urbain, le point noir de la réalisation du projet de Notre-Dame-des-Landes, qui consommerait "immédiatement" 1100 hectares de terrain. Il présente "à terme, un risque d'accroissement substantiel de la consommation de foncier", explique le document. 
 
S'agissant du coût des deux options, les experts ont évalué une différence totale en termes de dépenses publiques, hors frais de résiliation éventuelle de la concession de Vinci dans l'hypothèse du choix de l'abandon de Notre-Dame-des-Landes, entre 250 millions et 350 millions d'euros, en moins pour le projet de réaménagement de Nantes-Atlantique.
 
Les médiateurs ont identifié plusieurs raisons aux différences de chiffres observées entre les différentes parties prenantes dans ce dossier : une expertise sur la création d'une nouvelle piste à Nantes-Atlantique plus fine et moins onéreuse par les auteurs du rapport; la prise en compte de la desserte ferroviaire de chacun des deux projets qui aboutirait pour Notre-Dame-des-Landes à la création d'un système d'accès en tram-train grevant le budget de 120 millions d'euros.
 
L'itinéraire bis : le contrat de territoire
 
Même si les auteurs du rapport ont conclu sur "l'absence de solution parfaite, chaque option apparaissant marquée par au moins un handicap significatif sur un critère particulier", ils ont présenté un élément nouveau qui devrait aider le chef de l'Etat à prendre sa décision. Présenté comme un "contrat de territoire", les médiateurs ont insisté sur cette idée de "ressortir du dossier par le haut" et d'un "geste fort de l'Etat" qui consisterait à réunir tous les acteurs autour de la table, et à aboutir à une décision concertée. 
 
Sans en dévoiler plus de détails, ce contrat consisterait à graver dans le marbre certains principes, comme l'impact sur le développement économique par exemple. Les médiateurs ont insisté à cet effet sur le cas d'Airbus et de l'IRT Jules Verne, actuellement implantés sur le site de Nantes-Atlantique. "L'institut de recherche et de technologie est très lié à Airbus, or les chercheurs peuvent déménager facilement, l'usine Airbus un peu moins", a confié à L'Usine Nouvelle l'un des rapporteur. L'idée serait donc de préserver des intérêts, et de fixer des objectifs, pour des causes comme celles-ci afin que, quelle que soit la décision, personne ne soit vraiment perdant. Il en serait de même pour les questions d'environnement ou d'urbanisme.

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2 commentaires

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20/12/2017 - 19h11 -

Bonjour Concernant la liaison direct du nouvel aéroport il existe une ligne TER vers Nort sur Erdre reliable.D'autre part être obligé d'aller aux aéroports parisiens pour aller à l'étranger n'est pas très écologique (double décollages et 1 atterissage).Le problème est de s'ouvrir à l'étranger pour l'activité économique de la région,étant au bout du continent Européen,en déplaise aux autres aéroports qui voient une diminution de leur trafic et qui ne sont pas d'accord d'en perdre.(Rivalité d'influences)
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14/12/2017 - 11h07 -

Dans le cas du choix de Notre Dame des Landes , notamment sur la question économique , est-il fait état de la récupération et de la valorisation des terrains abandonnés par l'aéroport actuel Au prix des terrains au sein de la ville de NANTES , quelques centaines d'hectares d'un seul tenant ont une valeur importante et peuvent améliorer considérablement les projets urbains
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