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"Notre action dénonce l’inaction du gouvernement à ne pas protéger les salariés du transport", rappelle Fabian Tosolini, secrétaire général de la CFDT-FGTE

Olivier Cognasse , , , ,

Publié le

A 20 jours de la COP21, la CFDT-FGTE (Fédération Générale des Transports et de l’Environnement) a mené mardi 10 novembre une action dans plusieurs grandes villes (Lyon, Marseille, Lille, Nice, Toulouse et Paris) pour demander au gouvernement d’agir contre la pollution subie par les salariés sur leur lieu de travail : réseaux ferrés souterrains, aéroports. Son secrétaire général, Fabian Tosolini, répond aux questions de l’Usine Nouvelle.


Ligne 1 du métro parisien - DR

L’Usine Nouvelle : Depuis quand la CFDT s’est-elle emparée du sujet de l’environnement au travail

Fabian Tosolini : Il faut prendre un peu de recul. Depuis 2003, on se bat sur ce sujet. A l’époque, une équipe à Marseille nous avait alerté qu’ils mouchaient noir. Entre 2003 et 2009, la Régie des transports de Marseille (RTM) a entrepris des améliorations. Mais rien chez la SNCF et la RATP. En 2009, la CFDT a repris le sujet à son compte pour alerter les autorités. Jusqu’en 2014, la RATP et la SNCF se sont retranchées derrière l’absence de rapport et la législation.


Quelle législation ?
L’article 5 du décret n°2008-244 du 7 mars 2008 qui fixe la limite d’exposition professionnelle à 5000 ?g/ m3, soit 100 fois plus que pour un usager. Nous demandons son abrogation. Nos lettres au Premier ministre Manuel Valls n’ont reçu aucun écho favorable. Nous avons saisi le Conseil constitutionnel pour abroger ce décret et demander une nouvelle loi. Nous voulons l’application aux salariés des transports, des seuils de pollutions aux micros particules sur la base du décret 2010-1250 comme pour la population.

 

"On est sur la réparation et non sur la prévention"


Le silence du gouvernement à quelques jours de la COP21 est l’objet de votre mobilisation ?
Notre action dénonce l’inaction du gouvernement. Il ne joue pas son rôle de législateur pour protéger les salariés. A la veille de la COP21 c’est du plus mauvais effet pour un gouvernement de ne pas protéger les salariés qui transportent chaque jour des millions de voyageurs.


Etes-vous suivi pas les autres centrales syndicales ?
Elles ne nous ont jamais suivies. Cela ne les intéresse pas.

Depuis le rapport de l’Anses, la SNCF et la RATP ont bougé. Les actions annoncées par la RATP sont-elles suffisantes ?
La SNCF va mener des études sur le RER E, sur les lieux concernés, sur la santé des salariés. Les 60 millions d’euros de la RATP pour la ventilation, c’est une avancée, même si c’est insuffisant. Comme pour les systèmes de freinage, on est sur la réparation et non sur la prévention. Une grande partie de la pollution vient du système de freinage, mais aussi de l’air extérieur qui pénètre, d’où l’importance de la ventilation. Et les réseaux ferrés souterrains ne sont pas les seuls à être concernés. Les aéroports également.
 

Propos recueillis par Olivier Cognasse

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