"Nos balises n'ont pas détecté de radioactivité anormale"

L’accident de Marcoule ce 12 septembre, six mois après celui de Fukushima, inquiète. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) indique pourtant qu’il n’y a aucun rejet radioactif depuis le site de Codolet. Ce que confirme Bruno Chareyron, l'ingénieur en physique nucléaire et responsable du laboratoire de l'association Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad).

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L'Usine Nouvelle - Vous avez six balises de surveillance de la radioactivité en Rhône-Alpes. Confirment-elles les propos du CEA sur l’absence de fuite radioactive à proximité de Marcoule, dans le Gard ?
Bruno Chareyron - Nous avons une balise à Montélimar, à 50 kilomètres au nord, et une à Avignon à 21 kilomètres au sud sud-est. Le vent souffle en direction du sud. Les deux balises n’ont détecté aucune radioactivité anormale. Donc, pour le moment, cela confirme les propos du CEA. Nous avons aussi un bénévole de l’association qui s’est rendu sur place avec du matériel de mesure grand public. Son compteur Geiger Radex n’a pas détecté d’anomalie.

Donc l’alerte est passée ?
Nous sommes encore vigilants mais il n’y a rien qui indique de problème radiologique le jour de l’accident. Quand on ne détecte pas d’anomalie, cela signifie que l’on n’est pas passé au-dessus du seuil. Les balises nous préviennent quand les mesures détectées dépassent 1,5 becquerel au mètre cube.

Comment fonctionnent les balises dont vous disposez?
Il y a un système avec deux niveaux. Elles mesurent l’augmentation de poussières radioactives dans l’air et la présence du gaz Iode 131. Les poussières se déposent sur des filtres aérosols et l’iode radioactif dans des cartouches de charbon actif. Dès que le seuil est dépassé, une alarme est déclenchée.

Est-il possible d’avoir des mesures plus fines ?
Bien entendu. Nous nous rendons sur place pour collecter le filtre aérosol et la cartouche de charbon pour l’analyser ensuite en laboratoire. C’est comme ça que nous avons procédé pour Fukushima. Contrairement à Tchernobyl, le seuil de radioactivité des balises n’a pas été dépassé. Nous avons donc mesuré ces prélèvements pour obtenir des données plus précises.

Quels sont les moyens de la Criirad pour faire cette veille ?
Nous prétons une attention permanence. 24 h sur 24. Une équipe est d’astreinte quelques soient les évènements. Chaque jour, les données sont collectées deux fois par jour. En cas d’évènement particulier - comme celui d’aujourd’hui - nous augmentons encore la fréquence. Nous sommes 15 salariés au Criirad dont sept au laboratoire. Nous avons trois ingénieurs. Chacun sa spécialité : environnement, physique nucléaire et géologie. Nous avons six balises (cinq atmosphériques et une aquatique), toutes situées en Rhône-Alpes et nous opérons aussi des analyses sur le terrain partout dans le monde. Comme au Japon cette année.

Une association qui fait de la veille nucléaire, pourquoi ?
La Criirad a été créée en 1986 après Tchernobyl afin de garantir aux citoyens des mesures indépendantes de l’Etat. Nous avons une action régionale et internationale. Dans la région, les balises sont financées par les collectivités locales.

Voir la carte intéractive des mesures de la Criirad.

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