Norilsk : le Kremlin impose une trêve

La bataille pour le contrôle de Norilsk est provisoirement mise en sommeil, sous l'amicale pression des autorités russes.

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Norilsk : le Kremlin impose une trêve
Vladimir Potanin et Oleg Deripaska ont enterré la hache de guerre dans le combat qui les oppose pour mettre la main sur Norilsk, le premier producteur mondial de nickel et de palladium. La crise qui a emporté les matières premières et divisé par quatre la valeur boursière de la société nickélifère a imposé une trêve aux deux oligarques affaiblis par la chute des matières premières. « Le conflit entre actionnaires a été réglé » a déclaré Potanin lors d'une conférence conjointe avec son adversaire au siège de Norilsk. « Les deux parties ont retiré leurs plaintes après avoir trouvé un terrain d'entente pour résoudre tous nos problèmes », a-t-il souligné.

Un communiqué commun rédigé par Interros, le holding de Potanin, et UC Rusal, l'aluminier contrôlé par Deripaska, soulignait que « la crise mondiale actuelle est la meilleure période pour renforcer nos efforts et promouvoir des actions communes destinées à rapidement restaurer la valeur de l'entreprise ». « La crise, c'est ce qui nous a obligé à surmonter nos divergences », a précisé Potanin. Pour parvenir à un accord, Deripaska a renoncé pour une durée de trois ans à son projet de fusion entre Norilsk et UC Rusal. De plus, il ne s'oppose pas à une coopération avec Metalloinvest, la société minière et sidérurgiste qui appartient pour moitié à Alisher Usmanov, le troisième actionnaire de Norilsk.

Potanin a décidé de renoncer à son poste de président de Norilsk et il ne postulera pas à une place au conseil d'administration de la firme, lors de son assemblée prévue en décembre. Sur les 13 postes de membres du conseil, 4 seront attribués à Interros et 4 à Rusal, Derispaska n'étant également pas candidat. Le conseil comprendra 3 directeurs indépendants, son directeur général, Vladimir Strzhalkovsky, un ancien du FSB, avec à sa tête un représentant de l'Etat russe, Alexander Voloshin, selon le quotidien économique Kommersant. La nomination à ce poste d'un ancien directeur de l'administration de Vladimir Poutine signale le retour en force de l'Etat russe et l'affaiblissement du règne des oligarques.

Pour obtenir le secours de l'Etat russe - par l'intermédiaire d'un prêt bancaire de 4,5 milliards de dollars -, Deripaska a dû renoncer à ses ambitions, même s'il affirme que « l'Etat n'a pas tenté et ne tentera pas de déprivatiser Norilsk ». Pour Vladimir Strzhalkovsky au contraire, une nationalisation partielle, et temporaire, aiderait l'entreprise à traverser une période difficile. Le responsable de la stratégie d'Uralsib Investment Bank, Chris Weafer, rappelle que les autorités n'ont jamais caché leur volonté de créer un champion national de la mine et des métaux. La crise du crédit lui a offert l'opportunité de réaliser son programme.

En attendant la réaction globale du marché a été un profond soupir de soulagement, constate Rob Edwards, un analyste d Renaissance Capital. « C'est un conflit qui avait déstabilisé l'entreprise », souligne l'analyste. La nouvelle de l'accord a provoqué une réaction positive mais modeste des marchés avec une hausse de 3,5% de l'action Norilsk à Moscou.

D.K.

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