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L'Usine Santé

Nord-Pas-de-Calais : Eurasanté soigne la métropole lilloise

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Publié le

Née à la fin des années 1990, cette plate-forme régénère le tissu économique en s’appuyant sur l’innovation et le biomédical.

Les entreprises citées

(Philippe Huguen / AFP)

Alors que des pans entiers de l’économie lilloise poursuivent leur restructuration, deux domaines font exception : le biomédical et le numérique. Le premier est porté par le parc Eurasanté. Le second est associé à Euratechnologies, navire amiral de Lille French Tech. La similitude de la terminologie ne doit rien au hasard : tous les deux sont à la fois un parc d’activités et une agence de développement à vocation lilloise et régionale.

Eurasanté a initié ce concept sur le vaste campus du centre hospitalier régional (CHRU) de Lille. C’est aujourd’hui la seule zone

Ces autres écosystèmes

Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) La zone d’activités Capécure s’est spécialisée dans la transformation des produits de la mer. 250 entreprises, sur 130 hectares, y emploient 4 200 salariés.

Valenciennes (Nord) Sur le campus de l’université de la ville, la technopole Transalley fédère les acteurs de la filière ferroviaire et de l’automobile. Sa thématique : les transports durables.

Villeneuve-d’Ascq (Nord) Le parc de la Haute Borne regroupe 168 entreprises, laboratoires et instituts scientifiques, dont l’Institut national de recherche en informatique et automatique (Inria) et ses 300 salariés.

Lens (Nord) La numérisation culturelle caractérise le pôle Louvre Lens Vallée. Implanté face au musée du Louvre-Lens, il accueille des start-up du digital spécialisées dans le tourisme et la culture.

Lille-Lesquin (Nord) Le promoteur Artea réalise un parc d’activités de 44 000 m2 de surfaces sur un site de 10 hectares. Particularité : dotés d’une centrale solaire, les bâtiments produiront 106 % de leur consommation énergétique.

d’activités en Nord – Pas-de-Calais totalement consacrée à un secteur économique, le biomédical. Avec ses 145 entreprises (AlzProtect, Bayer HealthCare, Genfit, MDoloris, ImaBiotech, Aquilab, LFB, Diagast, Biolume…), il comptabilise 2 850 salariés. "Nous visons les 3 000 emplois d’ici à la fin de cette année. Mais dès à présent, si on y ajoute l’ensemble des personnels de santé travaillant au centre hospitalier régional, nous pouvons afficher le chiffre de 17 350 salariés réunis sur un même campus de 300 hectares, se félicite Étienne Vervaecke, le directeur général d’Eurasanté. Ici sont regroupées sur un même espace trois fonctions aujourd’hui devenues complémentaires : la formation, le soin médical et l’entrepreneuriat dédié à ce domaine d’activité. À ce titre, nous sommes une exception en France : ni Évry, ni Nantes, ni Lyon, ni Marseille, ne présentent une telle unité de lieu et un parc d’affaires adossé à un CHR."

L’idée de créer un parc d’activités thématique est née de la volonté du centre hospitalier régional, l’un des plus grands de France, d’impulser le transfert de technologies et la création d’entreprises sur son campus sous forme de cluster. À la fin des années 1990, l’objectif est de régénérer l’économie de la métropole lilloise en misant sur l’innovation et le biomédical. Progressivement, ce projet séduit les politiques, parmi lesquels Pierre Mauroy et Martine Aubry. "Il y a eu une combinaison de facteurs favorables, résume Étienne Vervaecke. Un engagement du CHR en faveur du développement économique, une volonté politique clairement exprimée par les élus lillois et de la communauté urbaine, et l’existence d’une opportunité foncière de proximité."

Troisième pôle national de la filière santé

En 1996, un groupement d’intérêt économique (GIE) est créé et baptisé Eurasanté. Sa mission est double : créer un parc d’entreprises et impulser la naissance d’une filière économique régionale du biomédical. "L’idée d’associer les R&D publique et privée et d’impulser une culture entrepreneuriale parmi les jeunes chercheurs a été portée par le centre hospitalier régional, mais également par l’institut Pasteur de Lille et la faculté de médecine. De cet ensemble est née, par exemple, une première entreprise : Genfit", souligne Étienne Vervaecke. Genfit, implanté à Eurasanté et à Boston (États-Unis), emploie aujourd’hui 80 salariés. Cette société développe des solutions thérapeutiques et diagnostiques dans le domaine des maladies métaboliques et inflammatoires, notamment en hépato-gastro-entérologie. L’un de ses candidats médicaments, l’Elafibranor (nouvelle appellation du GFT505 validée le 2 juin par l’OMS) destiné au traitement de la nash (stéatohépatite métabolique non alcoolique) est entré en test de phase III.

Autre belle réussite d’Eurasanté : Diagast, le numéro cinq mondial de l’analyse sanguine. Cette société vise les 50 millions d’euros de chiffres d’affaires d’ici à cinq ans (dont 60 % à l’exportation) et emploie 210 salariés. Depuis 1999, le Bio Incubateur Eurasanté a permis l’éclosion d’une centaine de projets (avec huit nouveaux labellisés en 2014), dont une soixantaine a évolué en entreprises, ce qui a généré la création de plus de 400 emplois.

"Notre parc d’activités est demeuré en étroite et permanente relation avec l’écosystème des entreprises de santé dans toute la région. C’est la clé de la réussite d’Eurasanté. Aucune technopole ne peut se développer sans connexion avec son hinterland", assure Étienne Vervaecke. L’Insee Nord – Pas-de-Calais a calculé le poids régional de la filière biologie-santé : avec ses 23 500 emplois et plus de 700 entreprises, elle constitue le troisième pôle national après les régions Île-de-France et Rhône-Alpes. En outre, elle regroupe aujourd’hui, en termes d’emplois, un effectif total supérieur au total cumulé par les sept constructeurs automobiles présents dans la région (hors intérim). Tout un symbole…

Arras conforte sa filière agroalimentaire

Indéniablement, le territoire d’Arras (Pas-de-Calais) est devenu une référence de l’agroalimentaire. Dans un contexte économique régional plus que préoccupant, les investissements se sont multipliés dans l’arrageois : JB Viande, Fishcut, Fort & Vert, Croustifrance-Vandemoortele, Agrafresh ou encore Häagen-Dazs qui vient d’investir 19?millions d’euros dans une nouvelle unité de production. "Notre force repose sur notre stratégie globale : accueillir des entreprises agroalimentaires, mais aussi toutes celles qui rayonnent dans cette filière : transporteurs, chaudronniers Inox, maintenance, frigoristes, industrie de l’emballage", explique Patrice Joosep, chargé du développement économique à la Communauté urbaine d’Arras. Reste maintenant à consolider ce cluster et ses 4 000 emplois, en donnant plus de visibilité à son pôle d’excellence Agroé et à son centre de ressources technologiques Adrianor à destination des TPE et PME agroalimentaires.

 

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