Norbert Dentressangle veut croître hors d'Europe

Depuis le 5 novembre 2012, Hervé Montjotin, est le nouveau président du directoire du prestataire Norbert Dentressangle. Il succède à François Bretreau parti chez Veolia Environnement. Hervé Montjotin est aujourd’hui le plus ancien membre du directoire. Ce normalien est entré aux ressources humaines de l’entreprise en 1995. Il dirigeait la branche transport depuis 2005.

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Norbert Dentressangle veut croître hors d'Europe

L'Usine Nouvelle - Qu’est-ce qui a caractérisé la période 2008-2012 durant la présidence de François Bertreau ?
Hervé Montjotin - L’européanisation du groupe avec les intégrations de Christian Salvesen et de TDG et le démarrage de l’internationalisation avec le lancement du freight forwarding [Ndlr : métier de commissionnaire de transport]. Nous avons aussi la première flotte intégrée en Europe.

Une nouvelle période s’ouvre avec son départ. Quelle est votre stratégie pour les années à venir ?
Notre capacité à sortir d’Europe ! Actuellement, nous réalisons 42 % de notre chiffre d’affaires en France, 54 % en Europe, dont 32 % au Royaume-Uni et seulement 2 % dans le reste du monde. A ce propos, nous avons acquis cet été les activités de freight forwarding du conglomérat sri-lankais John Keells Group, qui opère en Inde. L’activité de freight forwarding lancée en 2010 réalise déjà 150 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle a augmenté de 100 % cette année et elle doit encore doubler dans les trois prochaines années. Elle est indispensable pour poser des bases en dehors de l’Europe et servir l’internationalisation des deux autres métiers [Ndlr : transport et logistique]. Nous servons de grands clients comme GM. Il est important pour eux de savoir que nous sommes présents aux Etats-Unis. Nous voulons rester fournisseur de premier rang et couvrir les trois métiers comme tous les grands opérateurs du secteur.

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Dans quels pays comptez-vous vous implanter ?
La logistique d’entrepôt est un métier de process, alors que le transport et le fret forwarding sont plus des métiers de réseaux et de réaction. Nous avons quelques grands clients en Europe de l’ouest qui nous demandent de les accompagner en dehors du continent. Danone serait intéressé pour que nous les accompagnions en Amérique du Sud. Nous devons trouver un partenaire local qui s’intéresse à un éventuel transfert de nos process. Notre force principale, c’est l’agilité.

Et quel autre but vous fixez vous ?
Doubler à nouveau notre chiffre d’affaires, notamment avec de la croissance externe en Europe de l’est en transport, en Italie et en Espagne en logistique, où nous ne sommes pas suffisamment implantés.

Comment Norbert Dentressangle a traversé cette année 2012 difficile pour le transport ?
Correctement ! La croissance devrait être d’environ 8 %, grâce à l’acquisition de TDG (2011), sinon le chiffre d’affaires serait stable. Il se situera autour de 4 milliards d’euros avec une légère croissance en logistique (+2 % ou + 3 %) et une baisse dans le transport (-2% à -3 %). Nous avons fait évoluer le métier du transport vers le groupage avec moins de lots complets, ce qui permet d’avoir une année plutôt solide au niveau des marges.

Que pensez-vous en tant que membre de la Fntr de la situation du transport en France ? Les syndicats patronaux n’ont-ils pas tendance à se plaindre beaucoup et à exagérer la situation ?
Le transport en France, ce sont 400000 emplois, dont 350000 emplois ouvriers. Il y a un désintérêt total des gouvernements, car il n’y aura jamais un Petroplus ou un Aulnay pour marquer les esprits. La libéralisation promise par l’Europe en 2014 va détruire des emplois. Pourquoi, au nom d’un raisonnement dogmatique et au nom du Grenelle de l’Environnement, se désintéresser d’un métier qui représente autant d’emplois ? C’est un raisonnement totalement franchouillard. 80 % des flux ont lieu dans un rayon de 200 kilomètres. La vraie question est de savoir si l’on veut garder des PME françaises.

Le nouveau ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a été applaudi lors du congrès de la Fntr. Est-ce le début d’une nouvelle ère ?
Chaque fois que l’on a un ministre qui vit en province et pas dans le 7ème arrondissement parisien, nous bénéficions d'un œil bienveillant.

Que pensez-vous des dernières mesures, l’écotaxe et l’autorisation des 44 tonnes ?
L’écotaxe n’a rien d’écologique, car elle ne provoquera aucun report modal. C’est juste une taxe supplémentaire. Par contre, le 44 tonnes est une bonne chose.

Et la concurrence des pays de l’Est ?
Le marché du transport international est essentiellement assuré par des conducteurs des pays d’Europe de l’est. Le grand acteur de ce secteur est polonais. Là-bas, c’est un métier plutôt noble et bien payé.

Etes-vous intéressés par l’utilisation des autres modes de transport ?
Nous organisons l’approvisionnement des magasins Franprix parisiens, dont la marchandise arrive par barge sur le port de La Bourdonnais. Sur les livraisons urbaines je crois plus au cas par cas.

Est-ce que la logistique du e-commerce représente l’avenir ? Est-ce un réel changement ?
Nous faisons 150 millions d’euros de logistique dans ce domaine. Par exemple, nous gérons une plate-forme pour Amazon près d’Orléans (Loiret). Ce qui change, c’est essentiellement le process de picking. Mais je crois aussi beaucoup au format des magasins "drive" qui existe déjà chez Auchan et chez Leclerc.

Et comment voyez-vous l’avenir du transport en Europe, après la crise ?
Il faudra avoir une démarche encore plus collaborative avec les industriels et les distributeurs. Actuellement, nous ne rencontrons pas difficultés, mais la reprise pourrait engendrer une pénurie de conducteurs.

Propos recueillis par Olivier Cognasse

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