Non, l’industrie n’est pas l’oubliée de l’effort national sur le crédit impôt compétitivité

Les industriels avaient critiqué le réglage du Crédit impôt compétitivité emploi (Cice). Selon eux, le plafond établi à 2,5 smic défavorisait ce secteur. Le premier rapport du comité de suivi du Cice, présenté par Jean Pisani-Ferry, commissaire général à la stratégie montre qu’il n’en est rien.

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Non, l’industrie n’est pas l’oubliée de l’effort national sur le crédit impôt compétitivité

En juin dernier, Henri Lachman, vice-président du conseil d’administration de Schneider Electric, avait violemment critiqué le crédit impôt compétitivité estimant qu’il allait "pour l’essentiel à des métiers non qualifiés, des métiers non délocalisables. Le premier bénéficiaire du crédit impôt, c’est la Poste." En creux, il faisait le procès d’un dispositif qui ne bénéficierait pas assez à l’industrie, un secteur très exposé à la concurrence internationale et le seul susceptible de redresser le déficit du commerce extérieur français. Les économistes de l’institut d’études économiques patronal COE-Rexecode lui emboîtait le pas estimant que les secteurs du commerce et de la construction, caractérisés par des salaires plus faibles, seraient les premiers bénéficiaires du Cice.

La première évaluation qu’a livrée ce matin Jean Pisani-Ferry, commissaire général à la Stratégie et à la prospective, dément que l’effort national ne bénéficie pas à l’industrie. En comparant la masse salariale de ce secteur et la répartition des gains du Cice, les calculs de l’Insee montre que l’industrie y retrouve clairement ces petits. L’industrie au sens large (extractive, manufacturière, gazière, de l’eau et des déchets) représente 20,6 % de la masse salariale des entreprises privées du pays et recevra en retour 19,8 % des 13 milliards d’euros dûs pour l’année 2013. Certes, il y a un petit écart de 0,8 %, mais pas de quoi grimper au rideau. De son côté la branche commerce qui représente 16,3 % de la masse salariale en percevra 17, 6 %. Plus privilégié, le secteur hébergement-restauration avec 3,9 % des salaires s’arrogera 5,4 % du gâteau.

Les activités spécialisées défavorisées

En réalité, ceux qui bénéficieront le moins du dispositif sont les secteurs de la finance et de l’assurance où les salaires sont nettement plus élevés : 3,8 % du Cice pour 7,1 % de la masse salariale française. Qui s’en plaindra ? Autre secteur défavorisé, celui des activités spécialisées, scientifiques et techniques : 9,6 % de masse salariale mais 6, 3 % de gains en retour. Ce dernier secteur est cependant en première ligne pour bénéficier d’un autre dispositif très avantageux, le Crédit impôt recherche.

Si l’on examine la part de la masse salariale concernée par le Cice de chaque secteur, il portera sur 62,8 % de celle de l’industrie (manufacturière), contre 80,6 % de l’hébergement et de la restauration. Cela n’entache pas le résultat final puisque la différence entre la part de la masse salariale de l’industrie au niveau national et la part récupéré est très faible.

Sans oublier que l’industrie intégre une proportion non négligeable de services dans ses activités, les gains supérieurs d’un ou deux points du transport ou de la construction pourraient également servir sa compétitivité. Cette logique de services moins coûteux est d’ailleurs un des avantages cachés sur lequel les industriels d’Outre-rhin s’appuient depuis longtemps.

Anne-Sophie Bellaiche

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