Nokia revoit à la baisse son plan social en France à 408 postes

Dans le cadre de son troisième plan social en France depuis le rachat d’Alcatel-Lucent, Nokia compte supprimer 408 postes, contre 460 prévus au départ. Bercy assure que les suppressions d’emplois se feront par des départs volontaires. Mais les syndicats craignent des départs contraints.

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Nokia revoit à la baisse son plan social en France à 408 postes
Nokia met en oeuvre son troisième plan social en France depuis le rachat d'Alcatel-Lucent

Nokia France, qui représente les activités de l’ex-Alcatel-Lucent dans l’Hexagone, revoit à la baisse son plan social. Désormais, l’équipementier finlandais des télécoms compte supprimer 408 postes, et non plus 460 comme prévus lors du de l’annonce du projet au comité d’entreprise européen en janvier 2018. Selon l’intersyndicale, ces suppressions se répartissent entre deux sites : 353 à Nozay, dans l’Essonne, sur un effectif de 3 316 personnes, et 55 à Lannion, en Ille-et-Vilaine, sur un effectif de 820 personnes. Les discussions de mise en œuvre commencent au comité d’entreprise les 12 et 13 février 2019.

1 250 postes supprimés en 3 ans

Il s’agit du troisième plan social en France du groupe depuis le rachat d’Alcatel-Lucent en 2016, après celui de 600 postes en 2017 et celui de 470 postes en 2018. Selon l’intersyndicale, à son terme, Nokia aura supprimé 1 250 postes en trois ans. Les suppressions ne concernent ni la R&D ni le développement de logiciel. Elles touchent les fonctions de support : le commercial, la formation, les ressources humaines, l’informatique, le déploiement de solutions chez les clients ou encore les interventions sur site.

Ce projet s’inscrit dans le plan d’économie de 700 millions d’euros d’ici à fin 2020, lancé en octobre 2018 au niveau mondial par le PDG Rajeev Suri et qui vise la suppression de plus de 2 000 emplois dont 350 en Finlande et 420 en Allemagne. "Comme par hasard, des pays à faible coût de main-d’œuvre comme la Hongrie ou le Portugal, ne sont pas touchés, remarque Bernard Trémulot, délégué CFDT. Ce qui nous fait penser que le groupe songe à délocaliser les postes à supprimer vers ces pays comme il a la fâcheuse habitude de le faire. D'ailleurs les 30 postes d'intervention sur site, qui vont être supprimés, vont partir au Portugal. "

Interpellation de Bercy sur les engagements de Nokia

A l’Assemblée Nationale, le 16 janvier 2019, le ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, Bruno le Maire, a réagi à l’annonce de ce plan social en assurant qu’il n’y aura "aucun départ contraint, aucune fermeture de site" et qu’il y aura "maintien des activités de recherche et développement". Les syndicats ne sont pour autant rassurés. "La direction nous dit que les suppressions de postes se feront par des départs volontaires, rapporte le délégué CFDT. Elle nous dit aussi, que s’il n’y a pas assez de volontaires, il y aura des départs contraints. Nous sommes sceptiques sur l’affirmation du ministre qu’il n’y aura aucun départ contraint. Nous allons interpeller Bercy sur la question."

Les syndicats reprochent à Nokia de ne pas tenir ses engagements en matière d’emploi. Lors du rachat d’Alcatel-Lucent, le groupe s’était en effet engagé à porter l’effectif de R&D à 2 500 personnes, contre 2 000 lors de la transaction. " Le compte n’y est pas, affirme Bernard Trémulot. Nous en sommes à 2 450. Il manque encore 50 postes. La direction explique cela par des difficultés de recrutement. Ce qui est compréhensible. Le contexte actuel ne donne pas envie aux candidats de venir. Nous allons attirer l’attention de Bercy sur ce point aussi."

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