Nissan invente l'avenir des batteries électriques... près de la centrale de Fukushima

Proche de la ville fantôme depuis l'accident nucléaire de Fukushima, la petite ville de Namie a connu le 26 mars sa première ouverture d'usine depuis 2011. C'est le constructeur automobile Nissan qui a décidé de s'installer là pour recycler les batteries de son véhicule électrique Leaf. Une solution qui pourrait abaisser le coût des voitures électriques et être exploitée dans d'autres secteurs.

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Nissan invente l'avenir des batteries électriques... près de la centrale de Fukushima
A quelques kilomètres de la centrale nucléaire de Fukushima, Nissan a ouvert une usine de recyclage de batterie.

C’est une arrivée très symbolique pour la petite ville de Namie au Japon. A 11 kilomètres de la centrale nucléaire de Fukushima, cette commune est désertée depuis la catastrophe de mars 2011. Dans ce décor silencieux de rues irradiées et de magasins fermés, Nissan a décidé d’installer le 26 mars un site de recyclage de batterie. C’est la première ouverture d’usine depuis l’accident.

Le mot usine est peut-être encore exagéré : elle ne compte que dix employés pour le moment. L’investissement a été néanmoins salué par les dirigeants locaux et le ministre japonais de la Reconstruction. A terme, les responsables de 4R Energy, la co-entreprise de Nissan et Sumitomo Corporation qui exploite le site, espèrent atteindre 1000 employés. Une ambition qui peut paraître démesurée tant le retour à la normale semble difficile dans la région. Une grande majorité du territoire de la ville reste interdite d’accès à cause des radiations. Et sur les 21000 habitants que comptait Namie, seuls 500 environ sont revenus.

(L'inauguration de l'usine a eu lieu le 26 mars à Namie. Crédit : Nissan)

Le prix d'une batterie abaissé de moitié

La technologie de recyclage développée à Namie a malgré tout du potentiel. Nissan a créé une solution analysant les performances des 48 modules que contient une batterie lithium-ion usagée d’une voiture électrique Leaf. Le constructeur a réussi à réduire ce processus de 16 jours à quatre heures. Après avoir identifié les modules les moins usés, l’usine peut les réassembler pour construire une batterie de remplacement pour la première génération du modèle Leaf. Le prix de cette batterie de remplacement serait de 2295 euros (300 000 yens) contre 4970 euros (650 000 yens) pour une batterie neuve. Dans un premier temps, l’usine traitera plusieurs centaines de batteries.

Cette solution peut être exploitée dans d'autres domaines. Toujours dans la symbolique de la reconstruction, Nissan a utilisé ces batteries recyclées et reliées à des panneaux solaires pour installer des réverbères dans la ville. Un projet baptisé "The reborn light". Mais, en réduisant le coût des batteries, le constructeur automobile japonais a surtout trouvé un levier pour tenter de déployer à plus grande échelle ses véhicules électriques.

(Nissan a relié un panneau solaire à une batterie recyclée pour installer des réverbères à Namie (Japon), près de Fukushima. Crédit : Nissan)

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