Nissan envisagerait d'attribuer à Renault des sièges dans ses comités

Nissan serait prêt à faire des compromis pour apaiser les tensions avec son allié Renault. Le constructeur automobile japonais envisagerait d'attribuer au groupe français plusieurs sièges au sein de ses comités. Mi-juin, Renault avait menacé de bloquer la réforme de gouvernance de Nissan s'il n'était pas mieux représenté dans cette nouvelle structure de la gouvernance de l'entreprise japonaise.

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Nissan envisagerait d'attribuer à Renault des sièges dans ses comités
La création de ces comités a été décidée après l'arrestation en novembre 2018 au Japon de l'ancien patron du constructeur japonais et de l'alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn. /Photo prise le 12 février 2019/REUTERS/Kim Kyung-hoon

Nissan envisagerait d'attribuer à Renault plusieurs sièges au sein des comités prévus dans le cadre de la restructuration de sa gouvernance pour répondre au mécontentement exprimé par son partenaire français, a appris Reuters de source au fait du dossier dimanche 16 juin.

Une semaine plus tôt, Renault avait laissé entendre qu'il bloquerait la réforme de la gouvernance de Nissan s'il n'était pas mieux représenté dans la nouvelle organisation du constructeur japonais.

La création de ces comités a été décidée après l'arrestation en novembre 2018 au Japon de l'ancien patron du constructeur japonais et de l'alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, accusé de malversations financières qu'il conteste.

"Nous sommes en discussions avec Renault pour donner des sièges"

Dans une lettre que la marque au losange a envoyée à son partenaire et que Reuters a pu consulter, Renault a estimé que la nouvelle structure de gouvernance élaborée par Nissan, qui comprend notamment des comités statutaires composés d'administrateurs pour la plupart indépendants, pourrait diluer son influence.

La firme japonaise envisage désormais d'inclure des dirigeants de Renault dans les comités des nominations, des rémunérations et de l'audit, selon une source ayant une connaissance directe du dossier.

"Nissan devra faire des concessions pour la réforme de notre gouvernance", a déclaré cette source. "Qu'il s'agisse de deux ou trois sièges, nous ne savons toujours pas combien de comités nous allons donner à Renault, mais nous sommes en discussions avec Renault pour donner des sièges à une personne recommandée par Renault."

Renault insiste pour que Thierry Bolloré joue un rôle

Le système à trois comités avait été recommandé en mars par une équipe indépendante désignée par Nissan après l'arrestation de Carlos Ghosn. Selon la proposition d'alors, Renault était libre ou non de siéger au comité de nominations mais pas à celui des rémunérations ni à celui d'audit.

Jean-Dominique Senard, le président de Renault, s'est pour sa part montré confiant mercredi 12 juin dans la possibilité de trouver un accord avec Nissan pour que les deux représentants du constructeur automobile français au conseil d'administration de son partenaire japonais puissent siéger aux comités.

Nissan a proposé de ne laisser que Jean-Dominique Senard siéger aux comités, mais Renault insiste pour que son directeur général, Thierry Bolloré, joue également un rôle.

Pas encore d'accord sur les recommandations de Renault

Une deuxième source qui connaît la façon de penser de Nissan a de son côté déclaré qu'il n'y avait pas encore d'accord sur les recommandations de Renault et que les deux sociétés étaient toujours en négociation. "Il y a toujours un écart [...] ; les deux parties doivent faire des concessions. La question est de savoir si elles peuvent réduire [cet écart]", a souligné cette source.

La source ayant une connaissance directe du dossier a également déclaré que Nissan avait recommandé à Yasushi Kimura, conseiller du principal distributeur de carburant JXTG Holdings, pour le poste de président du conseil d'administration de Nissan.

Kimura devra être approuvé pour devenir administrateur externe lors de la réunion des actionnaires prévue le 25 juin. Sa nomination officielle sera décidée lors de la réunion du conseil d'administration tenue après la réunion des actionnaires.

Par ailleurs, un signal de l'État français indiquant qu'il serait prêt à réduire son influence sur Renault sera nécessaire pour une reprise des discussions en vue d'une fusion avec Fiat-Chrysler, selon une source au fait du dossier citée par l'agence d'informations Bloomberg.

Une des possibilités serait que la France réduise sa participation de 15% au capital de Renault une fois qu'elle aura obtenu des engagements de Fiat en matière d'emploi et d'usines, selon cette source citée par l'agence de presse.

Avec Reuters (Avec Ayai Tomisawa; Jean Terzian et Benjamin Mallet pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

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