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L'Usine Auto

Le patron de Nissan reconduit, les tensions avec Renault demeurent

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Publié le , mis à jour le 25/06/2019 À 08H08

Pour le directeur général de Nissan, l'apaisement des relations avec Renault n'est pas la priorité. Mardi 25 juin, lors de l'assemblée générale annuelle des actionnaires, Hiroto Saikawa a été confirmé à son poste. Pour l'instant, il souhaite se concentrer sur le redressement du constructeur automobile japonais.

Le patron de Nissan reconduit, les tensions avec Renault demeurent
Hiroto Saikawa a déclaré que Nissan allait remettre à plus tard les discussions avec Renault autour du renforcement de leur alliance. /Photo d'archives/REUTERS/Kim Kyung-Hoon
© Kim Kyung Hoon

Mardi 25 juin, réunis en assemblée générale annuelle, les actionnaires de Nissan ont approuvé le maintien de Hiroto Saikawa à la direction générale du groupe malgré les critiques qui pesaient sur lui pour sa gestion de l'affaire Carlos Ghosn. Les investisseurs ont aussi validé la nouvelle structure de gouvernance du constructeur automobile japonais. En conséquence, le président et le directeur général de Renault font leur entrée dans les puissants comités du conseil d'administration de Nissan. Une structure décidée à la suite de l'arrestation de Carlos Ghosn qui a mis en lumière des failles dans les procédures de contrôle interne de l'entreprise.

Hiroto Saikawa a toutefois douché les espoirs d'un réchauffement rapide des relations avec Renault en prévenant qu'un manque d'équité entre les deux constructeurs pourrait mettre rapidement fin à leur alliance nouée il y a vingt ans. Lors de cette réunion de trois heures, ponctuée de chahuts, le directeur général de Nissan a dit vouloir préserver l'esprit d'égalité au sein de l'alliance, malgré une structure d'actionnariat longtemps perçue comme déséquilibrée au Japon.

La multiplication récente des désaccords pose la question de la capacité de l'équipe actuelle - Hiroto Saikawa, Jean-Dominique Senard et Thierry Bolloré, longtemps bras droit de Carlos Ghosn chez Renault - à tourner la page de l'ère Ghosn et à doter l'alliance d'une nouvelle vision.

"Nous voulons une relation gagnant-gagnant avec Renault"

Nissan pourrait être contraint de revoir sa structure capitalistique selon le directeur général de Nissan. "Nous voulons une relation gagnant-gagnant avec Renault, a justifié Hiroto Saikawa. L'alliance a été prospère jusqu'ici parce que nous avons respecté notre indépendance respective."

"Si nécessaire, nous explorerons diverses possibilités pour notre structure capitalistique, a-t-il poursuivi. Si la relation bascule dans un gagnant-perdant, elle rompra très rapidement."

La disgrâce de Carlos Ghosn, accusé de malversations financières qu'il dément, a fragilisé les liens entre Renault et Nissan. Jusqu'à son arrestation en novembre 2018, l'architecte et homme fort de l'alliance était censé travailler à un renforcement de l'édifice pour assurer sa survie au-delà de la génération des fondateurs.

Tout renforcement pose cependant la question de l'évolution des participations croisées. Renault détient actuellement 43,4% de Nissan, tandis que Nissan possède 15% de Renault, sans droit de vote.

Apaisement difficile entre Renault et Nissan

Cette déclaration, effectuée à Yokohama lors de la première assemblée annuelle des actionnaires de Nissan depuis le scandale Carlos Ghosn, suggère qu'un apaisement des tensions entre les deux partenaires n'est pas à l'ordre du jour.

Elle intervient quelques jours à peine après que les deux constructeurs automobiles ont mis fin à leur querelle publique autour de la représentation de la marque au losange dans les puissants comités du conseil d'administration de Nissan.

Nouveau reflet des liens tendus entre les deux partenaires, un actionnaire de Nissan a accusé Jean-Dominique Senard, également vice-président du conseil d'administration de Nissan, de ne pas veiller aux intérêts du groupe japonais et de ses salariés.

"Depuis que je suis arrivé, j'ai fait tout mon possible pour adoucir les relations dans une alliance que j'ai découverte en bien pire état que je le pensais, a répondu le président de Renault. Je n'avais pas l'intention d'être agressif envers Nissan. Je vous supplie de me croire sur ce point."

Hiroto Saikawa veut reporter le renforcement de l'alliance

Hiroto Saikawa a déclaré que Nissan allait remettre à plus tard les discussions avec Renault autour du renforcement de leur alliance afin de se focaliser sur son redressement après le scandale Carlos Ghosn. Le directeur général de Nissan a souligné devant les actionnaires que la priorité du groupe était de "retrouver ses performances, ce qui signifie repousser les discussions autour du futur de l'alliance".

Il est "primordial" de pouvoir discuter avec Renault d'"options" pour l'alliance, a-t-il ajouté, précisant vouloir s'entretenir de cette question avec Jean-Dominique Senard.

Le ministère français de l'Économie - l'État est le principal actionnaire de Renault - et le groupe au losange ont tous deux refusé de faire un commentaire. Selon une source proche de Renault, l'assemblée générale de Nissan est considérée en interne comme s'étant bien passée. "L'amélioration de la gouvernance de Nissan est vue en interne comme une bonne nouvelle, tout comme le fait que l'alliance soit une priorité pour tous", a dit cette source.

Certains actionnaires critiquent toujours le directeur général

Certains actionnaires de Nissan ont reproché mardi à Hiroto Saikawa de passer davantage de temps à rejeter les demandes de Renault qu'à coopérer avec son partenaire.

"Il y a tellement de sujets liés à l'alliance qui occupent l'entreprise qu'il est dommage que Nissan soit incapable de se concentrer sur les sujets de plus grande ampleur et externes", comme améliorer la compétitivité globale, a dit Hideyki Tamura, actionnaire de Nissan, à la sortie de l'AG.

"Je ne veux pas dire que nous devons fusionner, mais j'ai peur qu'une fusion à long terme de l'alliance fasse défaut à notre management", a-t-il ajouté.

Avec Reuters (Naomi Tajitsu ; Gilles Guillaume et Leigh Thomas à Paris, Jean Terzian et Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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