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Niger: Areva rapatrie ses salariés

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Des renforts militaires sont en route pour Arlit (au Nord du Niger), les expatriés français et leurs familles ont été rapatriés.

Niger: Areva rapatrie ses salariés © AFP

La première réaction suite à l'enlèvement de jeudi a été de rapatrier tous les Français en poste à Arlit vers Niamey, la capitale du pays. Faute d'infrastructures suffisantes, les familles de ces expatriés sont actuellement en route vers la France. Les employés eux-mêmes ont le choix de rester ou de rentrer avec leur famille.

Le préfet d'Arlit a demandé des renforts militaires sur la zone, en provenance d'Agadès et de Niamey. Actuellement 350 soldats et gendarmes nigériens sont en poste à Arlit, auquels il faut ajouter 150 agents de sociétés privées employés par Areva. 500 personnes pour protéger les 2000 salariés du groupe français dans les mines d'uranium.

Un agent de sécurité d'une société privée était chargé du gardiennage de la zone sécurisée où habitent les salariés d'Areva. Cela n'a pas suffi. Les sept personnes enlevées l'ont été à 3 heures du matin à leur domicile.

Comment auraient-ils pu être mieux protégés? "Assurer la sécurité des expatriés au Niger est coûteux et de toute façon difficile" explique Louis Caprioli, ancien chef de la DST et conseiller de la société de sécurité Géos, cité par Le Progrès. "Il est interdit aux gardes étrangers de porter des armes. Vous devez donc intégrer l'armée et la police locales à votre plan de sécurité. Si vous voulez une sécurité absolue, il faut faire un bunker. Vous ceinturez un quartier de murs de quatre mètres avec des guetteurs sur des miradors. C'est le cas au Nigeria, où les expatriés sont dans des enceintes fermées." Mais pas à Arlit, où les ravisseurs ont pu venir chercher leurs victimes dans leurs domiciles.


Areva au Niger : une histoire tourmentée

Areva est installé depuis 42 ans dans le désert du Niger. La société y exploite deux mines d’uranium à Arlit et Akokan à 200 kilomètres de la frontière algérienne. Les deux sites représentent un tiers de la production du combustible en 2009, soit 8600 tonnes. Cette implantation, si elle est stratégique, s’accompagne également de nombreux troubles.
Depuis deux ans, Areva est sous un feu croisé. D’un côté, les installations de l’industriel ont subi des attaques et, déjà en 2008, quatre salariés d’Areva avaient été enlevés. De l’autre, Areva a été accusé en 2008 par le président Mamadou Tandja, renversé en 2010, de financer la rébellion Touareg. L’affaire avait été enterrée en 2009. Par ailleurs, Areva est également montré du doigt pour les dégâts écologiques et sanitaires autour des zones d’exploitations minières.
Malgré cela, Areva continue à investir dans le pays. En 2008, le français a obtenu le permis d’exploiter la mine d’Imourare, la deuxième réserve mondiale d’uranium. Elle pourrait fournir 5 000 tonnes de minerai par an. Un investissement estimé à 1,2 milliard d’euros pour une mise en service en 2013.

Ludovic Dupin

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Enlèvements au Niger sur fond d'exploitation d'uranium

 

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