Nicolas Sarkozy confirme le projet de la banque de l’Industrie

Pendant plus d’une heure hier soir, dimanche 29 janvier, le chef de l’Etat s’est expliqué sur une série de mesures pour relancer et soutenir l’économie. Parmi elles, la création d’une banque de l’industrie, mais aussi la création d’une TVA sociale qui  ne dit pas son nom. Tour d’horizon.

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Nicolas Sarkozy confirme le projet de la banque de l’Industrie

1 – La banque de l’Industrie
C’est une idée annoncée le 18 janvier dernier, à l’issue du sommet de crise organisée avec syndicats et patronat, à l’Elysée. Nicolas Sarkozy en a précisé les contours et justifié l’existence hier soir. "Nous allons annoncer la création d’une banque de l’industrie, filiale d'Oséo, qui est la banque des PME" a annoncé le Président de la République. "Parce que des chefs d'entreprise me le disent tous les jours : les banques ne prêtent pas assez. Et quand les banques prêtent, elles prêtent trop cher", a-t-il fait remarquer.

Le chef de l’Etat déplore notamment que les entreprises n’ont pas accès au crédit de manière suffisante, alors qu’elles sont au cœur de l’économie. Cette banque fonctionnera avec un milliard d'euros de fonds propres. "Je dis à tous ceux qui veulent investir que cette banque prêtera ces fonds pour l'économie réelle, et non pas pour l'économie financière", a par ailleurs précisé le chef de l’Etat. L’établissement devrait voir le jour dès le mois de février.

2 – Une augmentation de la TVA
Nicolas Sarkozy ne veut pas parler de TVA sociale ; le terme pour lui "n’a aucun sens". Quelle que soit la dénomination, il y aura bien une augmentation de la TVA de 19,6% à 21,6%. Cette hausse ne concernera pas les produits dits de première nécessité. Une augmentation de la CSG sur les revenus financiers sera également appliquée. Ces hausses devraient permettre de soulager de 13 milliards d’euros les charges des entreprises. A compter du 1er octobre, autrement dit bien après l’élection présidentielle. La mesure reste donc pour le moment très hypothétique. Si elle est censée améliorer la compétitivité des entreprises par un report des charges sur les produits de consommation, l’idée reste très controversée. A gauche, mais aussi à droite…

3 – Favoriser l’apprentissage
L’idée ici est d’inciter fortement les entreprises de plus de 250 salariés à intégrer des apprentis à hauteur de 5% de leur effectif total. Nicolas Sarkozy entend mettre cette mesure en place progressivement d’ici à 2015. Les sociétés qui ne se conformeront pas à cette directive se verront infliger de lourdes amendes.

4 – Améliorer la flexibilité de l’emploi
L’objectif pour le chef de l’Etat est de permettre aux entreprises de s’adapter facilement aux réalités du marché. Pour cela, il souhaite d’ici à deux mois aboutir à des accords "compétitivité-emploi" avec les partenaires sociaux, qui seront ensuite proposés aux salariés dans les sociétés. Avec cette mesure, comparable à celle appliquée déjà en Allemagne, Nicolas Sarkzoy y voit là l’occasion de tourner la page des 35 heures.

5 - Une taxe sur les transactions financières
La France sera bien la seule dans un premier temps en Europe à appliquer cette mesure, mais Nicolas Sarkozy entend bien voir cette taxe de 0,1% sur les transactions financières mise en place en août prochain. Seraient concernés les mouvements sur les entreprises françaises, sur les dettes souveraines, et les achats spéculatifs sur ordinateurs. L’objectif pour l’Etat est de "récupérer un milliard d’euros en année pleine avec cette taxe".

Le chef de l’Etat s’est par ailleurs exprimé sur le cas de l’entreprise Lejaby, dont plus de 90 salariés se retrouvent dans l’incertitude après un plan de reprise. "Je ne laisserai pas tomber les gens de Lejaby", a promis Nicolas Sarkozy, qui espére pouvoir présenter "dans quelques jours" une solution pour l'usine d'Yssingeaux (Haute-Loire).

Avec cette intervention, le chef de l’Etat a tenu à montrer qu’il restait sur tous les fronts, dans son rôle d’hyper-président, prêt à prendre les problèmes du moment à bras le corps. S’il s’agit pour lui de "réamorcer de la croissance sans dépenser un centime", il a bien pris soin de préciser qu’il excluait de mettre en place un troisième plan d'économies. L’idée est plutôt de recréer de l'activité en France et d’être plus compétitif.

De quoi se montrer aussi pour lui plus combatif. Une posture logique et stratégique à quelques mois de l’élection présidentielle. Et d’ailleurs, s’il n’a pas annoncé officiellement sa candidature, Nicolas Sarkozy a bien précisé hier soir qu’il a "un rendez-vous avec les Français". "Je ne me déroberai pas", a-t-il affirmé.

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