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L'Usine de l'Energie

Nicolas Hulot, un ministre de la transition écologique aux fortes convictions

Olivier Cognasse ,

Publié le

Lors d’une interview que Nicolas Hulot avait accordée à l’Usine Nouvelle à l’occasion de notre numéro spécial COP22, publié le 27 octobre 2016, le futur ministre avait livré son analyse des différents sujets concernant l’environnement. Résumé.

Nicolas Hulot, un ministre de la transition écologique aux fortes convictions
Nicolas Hulot
© photo pascal Guittet

Nicolas Hulot, l’ancien journaliste âgé aujourd’hui de 62 ans, est devenu célèbre en tant qu’animateur de télévision pour l’émission Ushuaïa. Depuis, sa candidature à l’élection présidentielle a été annoncé à plusieurs reprises. En 2007, avant qu’il ne renonce. En 2012, mais il sera battu à la primaire des Verts par Eva Joly. Pour 2017, il a finalement renoncé à nouveau tout en se montrant particulièrement critique envers les politiques. "Je me réserve le droit d’intervenir dans le débat. Je le ferai d’une manière libre et indépendante. Les thèmes écologiques sont traités de manière caricaturale. Droite comme gauche sont sur le même modèle économique. J’essaierai de faire entendre un modèle alternatif. On assiste à un recul. On peut le comprendre chez les citoyens qui ont passé une année horrible et qui sont angoissés par les problèmes de sécurité. Je suis indulgent pour le citoyen, mais je suis impitoyable pour les politiques à qui on demande de prendre un peu de hauteur, indiquait-il dans l'interview qu'il nous avait accordé le 27 octobre 2016. Ces enjeux-là ne sont pas optionnels. Il y a des révolutions en marche qui peuvent être des gisements. Mais les politiques ne s’y intéressent pas. Ils proposent toujours les mêmes recettes."

"La grande étape a été le sommet de Paris"

Ces derniers mois, il dirigeait sa Fondation Nicolas Hulot pour l’homme et la nature après avoir été conseiller spécial de François Hollande en tant qu’envoyé spécial pour la protection de la planète de 2013 à 2016. Durant l'entretien que nous avions réalisé à Dinard (Ille-et-Vilaine), il restait très enthousiaste après le succès de la COP21, souvent critiqué par les ONG. "Toutes ces étapes sont indispensables pour mettre les choses sur la bonne trajectoire. La grande étape a été le sommet de Paris en décembre 2015. Avoir 196 Etats qui se mettent d’accord n’était pas évident. C’est la première fois qu’autant de pays se mettent autour d’une table pour remettre à plat des fondamentaux économiques et énergétiques avec un partage des responsabilités. Même s’il reconnaissait un peu plus loin que "tout reste à faire, les émissions de gaz à effet de serre ne font que croître. L’accord n’est pas juridiquement contraignant. Il n’y a pas de sanction".

Nicolas Hulot, homme de convictions, sera-t-il entendu sur l’environnement ? Il risque de se heurter au nouveau Président de la République, notamment sur certains accords commerciaux. "L’Europe ne pourra pas tenir ses engagements si elle s’accommode des traités comme Tafta ou Ceta qui mettront à mal les normes et barrières environnementales."

"Nous baissons la garde sur la destruction des écosystèmes"

Il est aussi très mobilisé sur les écosystèmes mis à mal dans de nombreuses régions du monde. "On met tous les efforts sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dans le même temps, nous baissons la garde sur la destruction des écosystèmes qui ne cesse de s’amplifier. Quand vous détruisez des mangroves, des zones humides, des barrières de corail, des forêts… Vous restituez des millions de tonnes de CO2 et de méthane dans le monde. […] Toutes les institutions mondiales doivent porter leurs efforts sur les pays du sud qui détiennent ces écosystèmes. Il faut les  aider financièrement pour les préserver."

Il alerte le monde sur les méfaits de la concentration dans certains secteurs comme l’énergie et l’agriculture. "Les murs tombent un par un. Le sens du monde n’est pas à la concentration, c’est le partage du pouvoir. L’énergie est un bien commun. C’est aussi vrai pour l’agriculture. L’exemple de Monsanto va à l’inverse du sens du monde. Concentrer les ressources agricoles du  monde, cela n’a qu’un temps. Cela va mal se terminer. Quand va-t-on prendre conscience du scandale, du mal innommable provoqué par Monsanto ? Du hold-up sur les ressources agricoles de la planète ? Il y a peu, j’étais en Inde et selon les ONG, 200 000 suicides sont à déplorer au Pendjab, à cause de Monsanto."

"Le diesel n’a pas sa place en ville"

Il milite également pour "une régulation du lobbying avec beaucoup plus de transparence et faire en sorte qu’on ait une démocratie citoyenne, qui soit participative. Je suis par exemple pour transformer le Conseil économique, social et environnemental en troisième chambre avec des citoyens, des experts, pour ne pas être dans le réactif mais dans le prospectif."

Pour les automobilistes pas question de trouver en Nicolas Hulot un allié contre la politique menée par la Maire de Paris. "Je suis absolument d’accord avec la politique d’Anne Hidalgo pour réduire la place de la voiture. Les collectivités peuvent jouer un rôle important." Et interdire le diesel ? "Il faut faire comprendre à la population la relation de cause à effet entre la pollution et la santé. C’est une clé. Les énergies fossiles tuent trois fois plus dans le monde que le tabac. Le diesel n’a pas sa place en ville et il y a aujourd’hui un consensus sur la nécessité d’arrêter de le subventionner."

Et que prône-t-il pour avancer ? "Il faut gouverner différemment, s’intéresser davantage à la société civile qui déploie, sans attendre, des solutions concrètes et nous y arriverons."

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1 commentaire

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22/05/2017 - 16h26 -

Quand j'aurais fait autant d'avion, d'hélicoptère, entre autres, que ce monsieur, je serais aussi écolo.
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