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L'Usine Auto

Nicolas Hayek est mort, la Smart est orpheline

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Celui qui disait "qu'être entrepreneur était un métier d’artiste" est mort. Nicolas Hayek, à l’origine de la création des montres Swatch, est décédé le 28 juin à 82 ans. L’occasion pour Usinenouvelle.com de revenir sur son autre initiative : la Swatchmobile ou l’ancêtre de la Smart.

Nicolas Hayek est mort, la Smart est orpheline
Nicolas Hayek, à l'origine de la création de la Smart et de la Swatch est mort hier.
© DR

« Le rêve de Nicolas Hayek, c’était la Smart électrique », assure Michel Freyssinet, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de l'industrie automobile. L’industriel américano-libanais, qui a fait le succès de Swatch, ne verra jamais son rêve se réaliser. Il est décédé le 28 juin dans son bureau d’un arrêt cardiaque, à quelques mois du lancement de la Smart électrique par Daimler et Renault. Hasard de l’Histoire, c’est à ce dernier que le mathématicien et physicien a d’abord proposé de s’allier en 1993 pour lancer sur le marché une petite citadine visionnaire, dédiée au transport personnel et présentant des qualités pratiques pour les grandes villes et des  vertus écologiques. En deux mots : le concept de la mobilité individuelle.

Une voiture bas coût et colorée

A l’époque, en pleine restructuration du monde automobile et lors de la création des grandes alliances entre constructeurs, l’idée n’est pas tendance. Renault a déjà en tête sa future Twingo et décline son offre. Volkswagen fait de même et c’est finalement Mercedes qui accepte de se lancer dans l’aventure. Le constructeur allemand a déjà quelques idées sur les véhicules du futur et décide de créer la société Mercedes City Car (ou Micro compact car par la suite) avec Nicolas Hayek, qui détient 49% du capital.

Ce dernier rêve alors d’une voiture à bas coût aussi colorée que ses montres fantaisistes qui ont fait le succès de sa firme horlogère suisse. Mais chez Mercedes, on ne l’entend pas de la même oreille, le constructeur ne voulant pas sacrifier la sécurité et l’image de marque pour un prix réduit. Les premières divergences entre l’industriel et le constructeur se font sentir, par exemple sur les forces énergétiques du véhicule. Nicolas Hayek imagine une voiture électrique ou hybride alors que Mercedes parie sur l’essence et le diesel. C’est cette dernière solution qui l’emportera.

La production "made in Hayek"

A partir de cette époque, Nicolas Hayek exerce « moins d’influence sur le développement du véhicule, mais propose de nombreux concepts en matière de production, grâce à son expérience en matière de production modulaire », explique le constructeur allemand. La société MCC applique une stratégie coopérative fondée sur des alliance avec des partenaires de systèmes intégrés, dans des unités indépendantes.  « Toute stratégie d’entreprise repose sur la priorité donnée au produit et à son environnement. Mais la maîtrise de l’outil industriel, c’est un impératif absolu », confiait-il encore le 6 avril dernier aux Echos.




La société conçoit donc un véhicule dénommé Smart (pour Swatch, Mercedes et art), en liant des partenariats avec la région de la Moselle, où se situe l’usine de production d’Hambach, des collectivités locales et d’autres industriels liés directement au fonctionnement de l’usine. Un fonctionnement bien éloigné des relations traditionnelles de constructeurs et sous-traitants. « Cette méthode ne trouvera sa pleine efficacité qu’avec le véhicule électrique », constate Michel Freyssinet. Nicolas Hayek aurait-il eu encore un temps d’avance dans ce domaine ? Cela semblait peu lui importer encore en avril dernier, lorsqu’il déclarait qu’ « être entrepreneur était avant tout ne pas être intéressé par l’obtention d’un revenu immédiat ».

Les piles à hydrogène aussi

Avant même le lancement officiel de la Smart au salon de Francfort en septembre 1997, Nicolas Hayek a décidé de céder ses parts dans l’entreprise MCC et s’est engagé sur de nouveaux projets. L’un d’eux reste en rapport avec l’automobile. Il créé en 2007 l’entreprise Belenos Clean Power, destinée au développement des piles à hydrogène pour les voitures écologiques. « La société vise à trouver un moyen de produire de l’hydrogène à partir de l’énergie solaire en améliorant les performances des piles à combustible », expliquait l’industriel en mai 2008. Classé parmi les 250 premiers milliardaires du monde, il était encore président du groupe Swatch, son fils en étant le directeur général.

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