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L'Usine Aéro

Nexter sur la voie d'une fusion franco-allemande avec KMW

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Publié le , mis à jour le 02/07/2014 À 07H18

Les groupes français Nexter et allemand Krauss-Maffei-Wegmann (KMW) sont entrés, le 1er juillet, en négociations exclusives. C'est le premier acte d'un rapprochement qui ferait de la future coentreprise le leader de l'armement terrestre européen en terme de chiffre d'affaires dans un marché de plus en plus concurrentiel.

Nexter sur la voie d'une fusion franco-allemande avec KMW

Véritable serpent de mer, la décision d'un rapprochement entre les groupes français et allemand Nexter et KMW devait être actée le 1er juillet au soir par la signature à Paris d'un accord entre les deux entreprises et l'Agence française des participations de l'Etat, a-t-on appris auprès du ministère français de la Défense.

Nexter, fabricant du char Leclerc, est détenu à 100% par l'Etat. Côté allemand, KMW, qui fabrique les chars Leopard, est détenu à 100% par la famille Bode-Wegmann.

A l'issue du rapprochement, la nouvelle structure baptisée Kant (pour "KMW and Nexter together") sera détenue à 50% par l'Etat français et à 50% par la famille Bode-Wegmann et fera l'objet d'une coprésidence franco-allemande du directoire jusqu'à une fusion qui interviendrait dans trois à quatre ans.

L'Etat français conservera une action spécifique pour protéger les activités stratégiques, comme les systèmes d'armes et les activités munitionnaires.

"Cette signature ouvre une phase de discussions entre les deux entreprises visant à réaliser l'opération de rapprochement à proprement parler", explique-t-on dans l'entourage du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en évoquant des "fiançailles".

Cette phase durera environ neuf mois et aboutira à la création de la "joint-venture" au début du deuxième trimestre 2015, vers le mois d'avril, précise-t-on.

D'ici là, une loi devra ajouter Nexter à la liste des sociétés qui peuvent être privatisées et l'opération devra recevoir le feu vert de la Commission européenne.

"On a la certitude qu'il n'y aura pas de blocage de la Commission du fait d'une position dominante de ce nouvel acteur", indique-t-on à Paris. "Il y a plein d'acteurs en Europe, ce qui fait qu'on ne se retrouve pas avec un monopole.

FORTE CONCURRENCE

L'enjeu est de taille à l'heure où le marché de l'armement terrestre est de plus en plus concurrentiel, avec l'arrivée de nouveaux acteurs, et où la défense fait l'objet de coupes budgétaires dans de nombreux pays européens.

"Chaque pays a encore son industrie terrestre mais là on arrive à une réduction telle des budgets de défense qu'il n'y a plus assez pour chacun des marchés nationaux", souligne-t-on au ministère.

La mise en commun des savoir-faire des deux fabricants de blindés devrait donc se traduire par des "gains financiers pour les deux et des gains de chiffres d'affaires à assez court terme sans faire de destructions d'emplois", fait-on valoir.

Concurrents directs, Nexter et KMW sont sensiblement similaires tant en taille (2.800 personnes côté français, 3.000 côté allemand) qu'en chiffres d'affaires (787 millions d'euros pour Nexter et un milliard d'euros pour KMW fin 2013).

Le groupe français affichait un résultat net de 74 millions d'euros contre 88 millions d'euros pour le groupe allemand.

Seule différence significative entre les deux entreprises, le volume des carnets de commande avec quatre milliards d'euros pour KMW et deux milliards d'euros pour Nexter (hors programme Scorpion de modernisation de l'armée de terre française).

"Aujourd'hui la fusion de ces deux entités va créer le leader européen de l'armement terrestre" avec un chiffre d'affaires compris entre 1,8 et deux milliards d'euros, dit-on à Paris, devant le groupe britannique BAE et l'américain General Dynamics, dont les CA réalisés en Europe sont respectivement de l'ordre de 1,5 milliard d'euros et d'1 milliard.

EXPORT

Reste à savoir dans quelle mesure le rapprochement se traduira par des doublons susceptibles d'entraîner des suppressions d'emplois, une perspective écartée à court et moyen terme par Paris, qui voit dans la fusion l'occasion de renforcer l'industrie européenne de la défense.

"La société Nexter telle qu'elle est aujourd'hui n'a pas une viabilité assurée, au moindre à coup budgétaire elle est très vite fragilisée pour une raison simple : l'armement terrestre, qui est de plus en plus concurrentiel et commercial, n'est pas un secteur de souveraineté", dit-on. "Pour être un acteur qui compte sur le paysage européen et mondial il faut avoir une taille critique".

Au sein de la nouvelle entité, Nexter pourra bénéficier du réseau commercial d'exportation très solide de KMW.

L'entreprise allemande pourra de son côté profiter de la modernisation des véhicules blindés de combat français avec l'arrivée des véhicules blindés multi-rôles (VBMR) prévue dans le cadre du programme Scorpion et pourra désormais se fournir en tourelles et canons au sein de son propre groupe via la technologie de Nexter, et éviter ainsi de faire appel à son concurrent allemand Rheinmetall.

Le rapprochement Nexter-KMW, qui progressivement cédera la place à une fusion avec un seul PDG d'ici trois ou quatre ans, n'aura aucun impact sur les contrats en cours, selon l'entourage de Jean-Yves Le Drian.

(avec Reuters)

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