Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Neuf mois après l’accident au cyanure de Tianjin, l’image de Veolia ressort renforcée en Chine

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Reportage A l’été 2015, Veolia a traité une pollution extrêmement dangereuse au cyanure sur le port de Taijin en Chine. De quoi renforcer l'image pour le spécialiste français des pollutions complexes qui veut s’emparer d’un quart du marché des déchets toxiques dans le pays.

Neuf mois après l’accident au cyanure de Tianjin, l’image de Veolia ressort renforcée en Chine © ©Photothèque Veolia-Alexandre Dupeyron

Le souvenir est encore vif et soulève de la fierté dans la mémoire de Ling Caï, la directrice de l’usine de traitement de déchets toxiques de Taijin, dans le nord-est de la Chine. Le 12 août 2015, une explosion dans un entrepôt de produits chimiques ravage le port de Tianjin. 165 personnes décèdent et huit sont encore portées disparues. 304 bâtiments, 12 428 véhicules et 7 553 containers sont détruits. Entre l’eau déjà présente sur le site et celle répandue par les pompiers pour éteindre l’incendie, près de 10 000 tonnes de liquides hautement cyanurées s’accumulent sur place.

24 heures après l’accident, les autorités environnementales de Taijin livrent les premiers conteneurs d’eau toxiques dans l’usine de Veolia voisine, entrée en service en 2014. 48 heures après l’explosion, c’est Veolia qui envoie ses propres équipes sur place pour caractériser les déchets toxiques et les collecter de manière sûre, le tout sous le regard attentif des autorités et des médias chinois. L’atmosphère sur place est tellement dangereuse que la cinquantaine de salariés doivent se relayer toutes les 20 minutes pour éviter tout danger.

L’image de Veolia valorisée

En pic d’activité, l’usine de Veolia va traiter jusqu’à 350 tonnes de liquides par heure par oxydo-réduction. "Une opération assez simple mais que nous étions les seules à pouvoir réaliser à proximité", assure Régis Calmels, responsable de la zone Asie chez Veolia. Au bout de trois mois, le français aura traité l’ensemble de la pollution liquide.

"Cet évènement a permis une grande promotion de l’image de Veolia en Chine", s’enthousiasme Ling Caï. Un dirigeant de Veolia tempère un peu : "Nous n’utilisons pas le drame de Tianin comme argument commercial mais, dans le pays, tout le monde a conscience de ce que nous avons fait."

Ce fut une formidable opportunité pour le spécialiste du traitement des pollutions complexes de démontrer son savoir-faire dans un pays identifié comme un relais de croissance. Et l’effet doit déjà se faire sentir puisqu’en 2015 le français a traité 290 000 tonnes de déchets toxiques (majoritairement des métaux lourds), une croissance de 20 % par rapport à 2014.

En Chine, Veolia réalise un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros (hors concessions de distribution d’eau), dont 15 % dans les déchets toxiques. D’ici deux ans, le groupe veut accroître son chiffre d’affaires de 500 millions d’euros dont un tiers lié à l’activité déchets, un tiers dans le domaine de l’eau industrielle et le reste dans l’énergie et l’efficacité énergétique.

Un quart du marché à prendre… pas plus ! 

La Chine, qui renforce de plus en plus ses contraintes environnementales, vise la construction de centres de traitements dans chacune de ses 31 provinces. Pour l’heure, Veolia opère six usines de ce type dans le pays et quatre sont en construction. "Aujourd’hui, notre part de marché s’élève à 20 %, nous visons 25 % à terme", explique Régis Calmels. Cette part de marché est jugée comme un maximum. "Au-delà, il y a le risque d’être en proie aux attaques d’industriels locaux qui voudraient se développer sur ces mêmes métiers", explique Antoine Frérot.

Pour atteindre cette présence sur le territoire chinois, Antoine Frérot mise sur "la prise de conscience rapide des problèmes sanitaires et sociaux que ces pollutions génèrent. La Chine est en retard mais elle est en train de faire en 10 ans ce que la France a fait en 40 ans". Il compte aussi sur la complexité de ce métier qui a quasiment été inventé en France dans les années 1970. "Une usine, cela se copie facilement, reste à l’exploiter. Dans ce genre d’installations, le type de toxiques et de polluants entrants varient beaucoup. Nous devons tout accepter, tout en s’engageant à ce qui ressorte soit normé. Pour cela, il faut une très forte robustesse des matériels, associé à une très forte capacité d’exploitation", assure Antoine Frérot. 

A Tianjin, Ludovic Dupin

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle