L'Usine Energie

Neuf ans de retard pour l’EPR finlandais… Si TVO joue le jeu

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

Areva a décidé de communiquer sur une date de mise en service de son réacteur EPR en Finlande. Ce serait 2018… A condition que son client TVO fasse preuve de bonne volonté.

Neuf ans de retard pour l’EPR finlandais… Si TVO joue le jeu © Areva

Cela faisait environ un an et demi que ni Areva, ni son client finlandais TVO ne s’engageaient sur une date de démarrage du réacteur nucléaire EPR construit par Areva à Olkiluoto. En mai dernier, Luc Oursel s’agaçait : "Il n’y a pas de problème technique sur l’EPR ni sur la capacité d’Areva à tester un tel chantier. Il y a des différends contractuels et nous appelons notre client [TVO] à s’engager sur un planning partagé !" Ambiance !

Dans la nuit du dimanche 31 août au lundi 1er septembre, l’entreprise française a pris l’initiative. La fin de construction de l’EPR est prévue pour mi-2016 et sa mise en service pour 2018, après une période de tests. Au 30 juin 2014, le réacteur affiche un surcoût de 3,9 milliards d’euros, soit un coût total de plus de 7 milliards d’euros.

Coûteuses mésententes

Il ne faut pas prêter attention qu’aux sommes et dates… Au moins aussi important est le recadrage qu’Areva adresse à TVO : "Le calendrier actualisé remis ce jour repose sur des hypothèses et des engagements qui requièrent l’implication de TVO en tant que propriétaire de la centrale. Cette implication est, depuis l’origine du projet, essentielle à la progression de celui-ci, notamment pour faciliter l’examen des éléments techniques et de sûreté par l’Autorité finlandaise STUK".

Depuis plusieurs années, les relations entre le consortium Areva-Siemens et son client TVO sont catastrophiques. Les deux parties s’affrontent d’ailleurs au tribunal de la chambre de commerce internationale pour définir qui est responsable des retards et des surcoûts. Ainsi, si Areva a dû provisionner plusieurs milliards pour ce chantier, le groupe réclame également 2,6 milliards d’euros de dommages et intérêts à son client, en raison des lourdeurs administratives qui auraient, selon le français, ralenti le chantier.

EDF en intermédiaire

Face à cette quasi-impasse, EDF a été appelé par les deux parties pour jouer un rôle d’intermédiaire. Dans son communiqué, Areva rappelle par ailleurs que les autres réacteurs en construction à Taishan, en Chine, et à Flamanville (Seine-Maritime) avancent à un rythme satisfaisant.

Ludovic Dupin

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte