Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Agro

Nestlé supprime 400 postes en France, mais évite la "rupture conventionnelle collective"

Gaëlle Fleitour , ,

Publié le , mis à jour le 28/02/2018 À 11H10

Le numéro un mondial de l’agroalimentaire Nestlé se restructure en France, sa troisième filiale mondiale. 400 postes vont disparaître, mais il n’y aura aucun licenciement, avait-il confirmé à L’Usine Nouvelle. Un nouveau comité de groupe extraordinaire est prévu ce 28 février, selon les syndicats.

Nestlé supprime 400 postes en France, mais évite la rupture conventionnelle collective © Ababraux

La restructuration de Nestlé en France sera à l'ordre du jour d'un nouveau comité de groupe extraordinaire prévu ce 28 février, selon les syndicats. Le projet avait fuité dans Les Echos il y a un an : Nestlé allait se réorganiser dans l'Hexagone, dans la foulée d’un projet de transformation déjà initié dans d’autres filiales européennes (voir encadré). Le groupe suisse, numéro un de l’agroalimentaire, avait confirmé lors d’un comité de groupe organisé le 25 janvier au soir avec les organisations syndicales que 400 postes allaient disparaître en France dans les trois ans à venir, sur 13 000.

Pas de rupture conventionnelle collective ni PSE

"Cette nouvelle organisation que nous souhaitons mettre en place, va permettre à une grande partie de nos activités supports d’être mutualisées à l’échelle de Nestlé en France, avait alors précisé un porte-parole à L’Usine Nouvelle. Nous avons présenté, hier aux partenaires sociaux, notre projet de transformation de 400 postes concernant les fonctions supports et les fonctions sièges, d’ici à 2020. Il n’y aura, assure-t-il, aucun plan social, aucune rupture conventionnelle collective, aucun PSE, aucun licenciement dans le cadre de cette réorganisation." Nestlé France entend ne pas remplacer tous les départs naturels au cours des prochaines années, et promet de proposer à chaque salarié dont le poste serait touché une autre position au sein de la filiale, une formation si son poste évolue, voire "un dispositif d’accompagnement individuel d’aide à la mobilité externe".

Il y a un an, la CGT appelait déjà "tous les syndicats et les salariés du groupe en France à s’unir et lutter à tous les niveaux, CE, CCE, Comité de Groupe, Comité Européen contre un projet dévastateur pour l’emploi en France", s’inquiétant pour les fonctions support voire, dans une moindre mesure, la production ou encore la recherche.

Croissance nulle en France en 2016

Le groupe, qui a publié ses résultats le 15 février, est confronté à une désaffection des consommateurs pour les grandes marques au profit de plus petites, plus locales, voire bio, et à une baisse des prix alimentaires en Europe. En France - sa troisième filiale après les Etats-Unis et la Chine -, où il dispose de vingt-deux sites industriels et cinq centres de recherche, la croissance était nulle en 2016.

Un recentrage des activités du groupe

En interne, Nestlé subit aussi la pression d’un de ses actionnaires, le fonds activiste Third Point. Le groupe a déjà annoncé se recentrer sur quatre catégories-clés (café, alimentation animale eau et nutrition infantile) et entend rattraper son retard dans les surgelés et le e-commerce. Quitte à céder des marques non stratégiques qui pourraient représenter jusqu'à 10% de son chiffre d'affaires… Cela l’a déjà conduit à annoncer un plan de départs volontaires et la fermeture du centre de recherche de sa filiale de dermatologie Galderma à Sophia-Antipolis. 

Tandis que Porte de Versailles, à mi-chemin entre Paris et Issy-Les-Moulineaux, va émerger l’an prochain un gigantesque bâtiment, dans lequel Nestlé regroupera ses 2 500 salariés des fonctions support de ses dizaines de marques présentes en France (Nespresso, Nestlé Waters, Purina, Mousline…), jusqu’ici disséminés sur sept sites franciliens différents (Noisiel en Seine-et-Marne, La Défense dans les Hauts-de-Seine…).

Un changement de culture pour Nestlé

Toute cette réorganisation signe un changement de culture pour Nestlé, confiait il y a un an, à L’Usine Nouvelle, Stéphane Hervé, consultant senior chez Manageria, cabinet de recrutement spécialisé sur la filière agroalimentaire. "Il ne fait que ce qu’Unilever applique depuis quelques années et ce que Mars a toujours fait : la rationalisation à l’extrême des services supports." Avantage, à ses yeux, "Nestlé dispose de produits extrêmement standardisés dans le monde entier", comme ceux de la marque Nescafé par exemple. Dès lors, il semble aisé de regrouper tous les experts dans un unique centre et les envoyer parcourir les usines du groupe lorsqu’elles rencontrent des problèmes ou de centraliser le service achats à l’échelle européenne.

Une réorganisation à l’échelle mondiale

La restructuration menée par le groupe suisse en France, qui entrerait en vigueur dès l’an prochain, s’inscrit dans le cadre du plan Nestlé Business Excellence (NBE), déployé d’ici 2019 à l’échelle mondiale et opérationnel depuis janvier en Espagne, au Portugal et au Royaume-Uni, selon Les Echos. Objectif de Nestlé, réaliser des gains "en temps et efficacité, rapidité et agilité, qualité et conformité, engagement du personnel et rentabilité".

 

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle