Economie

Négociations emploi : le Medef provoque un tollé des syndicats

Cécile Maillard

Publié le

La quatrième séance de négociations sur la sécurisation de l’emploi qui s’est tenue jeudi a suscité une levée de boucliers des organisations syndicales, qui dénoncent les propositions du Medef sur les licenciements collectifs.

Négociations emploi : le Medef provoque un tollé des syndicats © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

"Que s’est-il donc passé au Medef pour que la négociation sur la sécurisation de l’emploi s’enraye à ce point ?", réagit la CFE-CGC, au lendemain de la quatrième séance de négociations sur la sécurisation de l’emploi, dont le thème était, jeudi, les licenciements collectifs. La centrale des cadres, plutôt ouverte à certains assouplissements, notamment sur les accords de compétitivité, se demande "où est la volonté du Medef de trouver avec les partenaires sociaux les bases d’un accord gagnant-gagnant, lisible, efficace et moderne ?"  CFDT et CGT parlent toutes les deux de "propositions inacceptables", FO de "méthode ringarde".

Dans Le Monde, le négociateur de l’organisation patronale, Patrick Bernasconi, reconnaît avoir été "assez cash dans la façon de procéder », et convient qu’il faut maintenant construire « quelque chose de plus acceptable pour tout le monde".

Que s’est-il vraiment passé ? Le gouvernement souhaite sécuriser juridiquement les procédures de licenciements collectifs en faisant intervenir en amont un tiers, si possible l’administration du travail, pour limiter les contestations en justice. Le Medef ne rejette pas l’idée, et parle plutôt d’une "homologation administrative de licenciement", dont il détaille le fonctionnement. Ca coince avec les syndicats quand il propose d’interdire à un salarié de contester son licenciement s’il retrouve un emploi ou refuse "une offre raisonnable d’emploi". Ou quand le Medef souhaite alléger les procédures, notamment en raccourcissant les délais.

Autre proposition du Medef prise comme un acte de guerre : élargir le motif économique du licenciement aux difficultés d’un seul site, alors qu’il est aujourd’hui réservé aux difficultés du groupe. Une vieille revendication du patronat.

Surtout, les organisations syndicales regrettent que le Medef n’ait rien proposé en échange des assouplissements des licenciements collectifs qu’il met en avant. "Que sont devenues les contreparties en faveur de la sécurisation et de l’employabilité ?" s’interroge la CFE-CGC. Des thèmes comme la formation, l’employabilité, l’accompagnement des salariés après un licenciement, autre volet de la négociation du jour selon la lettre de cadrage du ministre du Travail, n’ont pas été abordés. Pas plus que la question de la reprise de sites.

Les négociations reprendront le 15 novembre, mais les rencontres devraient se multiplier d’ici là, afin de rapprocher les points de vue. Sinon, ce n’est même pas la peine de tenter de trouver un accord…

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