Economie

Négociation sur la formation professionnelle : le patronat n’était pas prêt

Cécile Maillard ,

Publié le

Les partenaires sociaux ont démarré mardi 24 leur négociation sur la réforme de la formation professionnelle. Une réunion qui n’a servi qu’à arrêter le calendrier, la délégation patronale n’étant pas prête à parler d’une seule voix.

Négociation sur la formation professionnelle : le patronat n’était pas prêt © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Obsédé par la baisse des charges et les questions fiscales, le Medef négligerait-il les autres sujets ? La négociation sur la formation professionnelle que le mouvement patronal accueille à son siège a bien mal démarré mardi 24 septembre. En 25 minutes, la réunion était pliée. 25 minutes consacrées au calendrier des six prochaines rencontres, qui s’étaleront jusqu’au 12 décembre.  Plus personne ne songe donc à conclure d’ici fin novembre, comme l’a demandé le gouvernement, qui a menacé de légiférer si un accord n’était pas conclu à cette date.

L’énervement était manifeste à l’issue de ce premier rendez-vous loupé. Jean-Pierre Therry, le négociateur de la CFTC s’est déclaré "surpris qu'on se soit arrêté au calendrier, alors que le calendrier est contraint". Il estime que les partenaires ont "perdu une demi-journée" et s’interroge : "Est-ce que côté patronal, ils souhaitent négocier ?". Même impatience à la CGT, qui s’est vu refuser, pendant la réunion, l’exposé de ses attentes en matière de formation par la nouvelle négociatrice du Medef, Florence Poivey. "Le 24 septembre aurait dû être la première journée de négociation de la formation professionnelle, commente la centrale syndicale dans un communiqué. Les organisations syndicales étaient prêtes à négocier, mais le patronat a déclaré ne pas l’être !"

Nouveau Medef, retard à l'allumage

La délégation patronale n’était pas prête, faute d’échange préalable entre ses composantes, Medef, CGPME, UPA. Le négociateur de la CGPME, Jean-Michel Pottier, "regrette qu’il n’y ait pas eu de concertation patronale préalable qui ait permis à la délégation patronale d’adopter une position commune et d’avancer dès la première réunion". Selon lui, l’explication tient "aux débuts d’une nouvelle équipe à la tête du Medef".

Effectivement, la nouvelle négociatrice du Medef pour la formation professionnelle, Florence Poivey, est une novice en négociation interprofessionnelle nationale. D’origine suisse, elle dirige une entreprise de 200 personnes, Union Plastic, installée en Haute-Loire, et préside la fédération de la plasturgie mais n’a jamais emmené de délégation. A-t-elle bien en tête les risques pris si elle n’arrive pas à porter une parole patronale commune ?

Les syndicats attendaient plutôt Jean-François Pilliard, vieux renard du social au Medef et de l’UIMM, récemment nommé vice-président du Medef en charge du social. Mais Jean-François Pilliard risque d’être à la maneuvre sur la négociation chômage et il ne s’est pas caché de vouloir pousser sur le sujet formation une personnalité proche de l’entreprise pour un sujet qui concerne selon lui l’entreprise et pas l’appareil patronal. La collusion entre financement des organisations patronales et syndicales et financement de la formation n’est un secret pour personne et Jean-François Pillard a sans doute la volonté d’éviter les parasitages au long de la négociation et dès son ouverture puisque le procès des fonds secrets de l’UIMM s’ouvre le 7 octobre... 

Cécile Maillard

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