Négociation emploi : la CFDT fait monter la pression

Alors que la négociation sur la sécurisation de l'emploi reprend ce mercredi 19 décembre après-midi, le nouveau patron de la CFDT, Laurent Berger, affirme qu'il ne signera pas de texte s'il ne comprend pas une taxation des contrats courts.

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Négociation emploi : la CFDT fait monter la pression

Les partenaires sociaux se retrouvent ce mercredi 19 décembre après-midi au siège du Medef pour un nouveau round de négociations qui durera jusqu'à jeudi soir. Objectif de l'organisation patronale : aboutir à un accord avant la fin de l'année, comme l'a demandé le gouvernement. Problème : alors que le négociateur du patronat avait promis d'arriver à ce nouveau rendez-vous avec un texte "profondément remanié", les syndicats se plaignent d'avoir reçu hier une mouture retouchée à la marge.

"Les avancées sont clairement insuffisantes, a réagi Laurent Berger, reçu mercredi matin par l'Association des journalistes de l'information sociale (AJIS). Il y a même des points où il n'y a pas d'avancée du tout. A l'heure qu'il est, aucune condition n'est réunie pour avoir demain soir une signature de l'accord."

Ce qui fâche le plus le nouveau secrétaire général de la CFDT : le refus réitéré du patronat de taxer les contrats courts, "un blocage idéologique", selon lui. Un point dur, pour la centrale de Belleville. "S'il n'y a pas de taxation des contrats courts, il n'y aura pas de signature de la CFDT", a martelé son secrétaire général. Pas question, par exemple, de se satisfaire d'une réforme du CDD qui durcirait les conditions de son utilisation.

Le sujet est aussi un point de blocage pour certaines fédérations du Medef, grosses consommatrices de CDD. Au nom des PME, la CGPME a fait, elle, un geste d'ouverture lors de la dernière rencontre, se disant prête à aborder la question. Selon Les Echos, un dîner patronal est prévu ce mercredi soir pour tenter d'avancer sur ce sujet, susceptible de faire capoter l'accord.

Quatre organisations syndicales (CFDT, CFTC, CGT, FO), sur les cinq qui négocient, demandent une hausse de la cotisation chômage des employeurs sur les contrats à durée déterminée (CDD), afin de limiter leur usage. Pour Laurent Berger, qui partage sur ce point l'avis de Laurence Parisot, il est évident que taxer les CDD ne les transformera pas en CDI. Mais selon lui, renchérir les contrats très courts – ce sont les CDD d'une semaine qui explosent - encouragera les employeurs à recourir à des contrats plus longs.

Quelques heures avant la reprise des négociations, la CFDT a tenu à rappeler que sa signature n'était pas acquise. "Ceux qui l'ont cru, au Medef ou au gouvernement, se sont trompés." Pas question de laisser la CGT affirmer que l'accord sera "un cadeau empoisonné" aux salariés. "De quel accord parle la CGT ? Du texte patronal actuel ? Nous aussi, nous pouvons faire un tract contre ce texte !", a réagi Laurent Berger. "La CGT fait de l'intimidation, j'aurais préféré qu'elle rentre dans la négociation. Où sont ses propositions ? A la fin de la négociation, il faudra faire le point sur qui s'est battu face au texte patronal", ajoute-t-il.

Ambiance garantie cet après-midi. Faute d'accord jeudi soir, les partenaires sociaux se sont donné jusqu'au 15 janvier, dernier carat, pour trouver un compromis. Si aucun texte n'est signé, place au projet de loi gouvernemental et aux amendements des députés. "En-dehors de ce que cela dirait de la démocratie sociale, je leur souhaite bon courage !", a conclu le nouveau secrétaire général de la CFDT, bien remonté...

Cécile Maillard

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