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Ne passez pas à côté de la 4 g

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La quatrième génération de téléphonie mobile ouvre la voie à pléthore d’usages et à une future manne économique. Start-up, intégrateurs, industriels, toutes activités confondues… Ceux qui l’auront compris seront les gagnants de demain.

Ne passez pas à côté de la 4 g
Rio Tinto s’appuie sur un réseau LTE privé pour surveiller ses mines à distance.
© crédit photo


Près de 1 200 milliards de dollars de croissance cumulée d’ici à 2017 et près de 1,2 million d’emplois nets. Ce serait l’impact sur le PIB des États-Unis d’une grande politique de développement de la 4 G mobile (entre 34 et 36 milliards de dollars d’investissements annuels dans l’infrastructure) dans le pays, selon le cabinet Age Economics Information. Un effet massif porté principalement par des innovations technologiques mais aussi de nouveaux usages. Le cabinet Mind Commerce estime que le revenu mondial des services liés à la 4 G dans les seuls secteurs verticaux s’élèvera à 23 milliards de dollars (17 milliards d’euros) fin 2018, avec une croissance annuelle de 63%. Même si ces chiffres restent à prendre avec précaution – la 4G ne fait que démarrer –, ils donnent une idée de l’ampleur de la manne économique en perspective.

Il faut dire que la 4 G n’est pas seulement un débit multiplié au minimum par six ou sept par rapport aux précédentes générations mobiles. C’est aussi une technologie qui a été conçue pour internet et le transport de data, là où la 3 G se contorsionnait pour y arriver. Un outil pour le développement d’usages innovants tant pour les entreprises que pour le grand public, qui ne se limitent pas à la diffusion de vidéos sur smartphone. Et même si la France, et plus globalement l’Europe, a du retard à l’allumage, arrivant presque trois ans après les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon, rien n’est perdu. La porte des usages restant grande ouverte. Pour tous. Les équipementiers et les opérateurs télécoms ne sont que les premiers gagnants de la 4 G. Intégrateurs, ingénieristes, start-up… et industriels de tous secteurs ont aussi une carte à jouer dans cet écosystème naissant. Reste pour eux à ne pas rater cette opportunité et à se positionner en pionniers des usages.

Les médias et les jeux se placent tout naturellement en tête des secteurs qui exploitent la 4 G, comme l’illustrent les services de Netflix, de Hulu ou de HBO Go aux États-Unis. Leurs applications mobiles en récoltent tous les bénéfices, en particulier dans les transports. La 4 G est la seule technologie efficace de diffusion de vidéo en mouvement. En France, TF1 a développé de nouvelles fonctions pour myTF1 mobile comme le contrôle du direct ou le téléchargement temporaire de programmes pour un visionnage offline. La chaîne a aussi collaboré avec l’éditeur Gameloft qui a porté son jeu "Asphalt 7" en mode multijoueurs sur smartphone.

L’automobile en pole position

La 4G n’est pas réservée au jeu et à l’audiovisuel. L’énergie, la construction, l’agriculture, les mines, les transports, la défense, la sécurité publique ou la santé peuvent en tirer bénéfice. "Le machine-to-machine (M2M) est l’une des pistes importantes de développement des usages. Il est resté l’apanage de la 2 G, car celle-ci proposait une meilleure couverture du territoire à un prix inférieur à la 3 G. Mais les avantages de la 4 G et ses nouveaux usages vont faire basculer le M2M. D’autant que la 2 G disparaît déjà dans certains pays comme la Corée du Sud, et que les acteurs du M2M n’auront plus le choix", insiste Frédéric Pujol, le directeur des réseaux mobiles à l’Idate. Les machines peuvent échanger de la vidéo entre elles, pour le secteur très porteur de la vidéosurveillance, par exemple. Dans l’énergie, c’est en Australie que l’on trouve l’un des premiers smartgrids 4 G. Le distributeur d’électricité Ausgrid le déploie depuis deux ans avec l’équipementier suédois Ericsson, qui s’est chargé de la mise en œuvre des équipements réseau. Ensemble, ils ont conçu un système d’échange d’informations en temps réel entre les sous-stations, les compteurs intelligents et le système central. Plus inattendu, Bernardo Cabrera, le responsable du pôle marketing de la division M2M de Bouygues Telecom, évoque les acteurs de l’affichage urbain qui travaillent sur des prototypes de panneaux connectés en 4 G. "Ils pourront, sans déployer d’infrastructure complexe, changer les publicités en temps réel, en fonction de la météo, du contexte…"

En matière d’usage de la 4 G dans l’industrie traditionnelle, l’automobile a pris la pole position. Le secteur travaille notamment avec des opérateurs et des fabricants d’équipements multimédias pour développer de nouvelles applications. Pour l’infotainment, bien sûr, mais pas seulement. Audi a équipé son modèle S3 de la 4 G et propose un hotspot Wi-Fi qui dope la navigation sur Google Earth et Google Street View, l’utilisation de Facebook et de Twitter, et la diffusion multimédia. De son côté, General Motors a annoncé que tous ses modèles 2015 en seraient équipés. Gil Golan, le directeur de l’Advanced technical center GM en Israël, égrène les usages possibles : "On peut tout imaginer… La remontée de données sur l’état du véhicule, la sécurité active, l’aide à la décision pour le conducteur ou la récupération d’informations venant de la route…" Le constructeur a collaboré avec le concepteur de puces mobiles Qualcomm et imaginé ses services avec l’opérateur AT & T. En mai 2012, il a recruté une ancienne dirigeante de l’activité 4 G d’Alcatel-Lucent, Mary Chan, pour présider sa nouvelle entité, Global connected consumer. L’américain a démontré la qualité inégalée du visionnage de vidéos en streaming sur des écrans embarqués, mais aussi sur des tablettes via le hotspot Wi-Fi 4 G. Les véhicules peuvent aussi envoyer en temps réel et en roulant des informations filmées par ses quatre caméras embarquées. En Corée du Sud, l’opérateur KT a testé une boîte noire automobile. Elle récolte les images filmées à l’avant par le véhicule et les envoie en temps réel à la compagnie d’assurance du propriétaire. De quoi proposer des polices personnalisées.

Sociétés de services, ingénieristes et intégrateurs se placent tout naturellement dans le jeu de la 4 G. Entre les équipementiers et les opérateurs télécoms d’un côté, et les entreprises de l’autre. L’ingénieriste français Alten aide les opérateurs à déployer leurs réseaux. Via son entité de développement d’applications mobiles iD.Apps, créée il y a deux ans, il accompagne aussi les entreprises dans leurs nouveaux usages. À son actif, un système de suivi de flotte de véhicules électriques renvoyant des informations en permanence, et la consultation d’une encyclopédie multimédia en ligne avec mises à jour et consultation interactive. En Australie, la société de services CSC a développé une application pour que les médecins aient accès en temps réel aux dossiers médicaux de leurs patients, imagerie comprise.

En plein boom mondial

  • En France. Bouygues Telecom a lancé le 1er octobre son réseau 4 G. Avec 63% de la population couverte, il est en avance sur Orange et SFR, qui devraient couvrir 40% de la population à la fin de l’année.
  • Dans le monde. Mi-2013, on comptait environ 180 déploiements commerciaux et 100 millions d’abonnements. Les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon ont été les précurseurs, dès 2010. Ils représentent près de 90% des connexions dans le monde (6% pour l’Europe).
  • Les revenus mondiaux des services 4 G. Pour les opérateurs, ils devraient rapporter 52 milliards d’euros en 2013 et 427 milliards en 2017. Dans les secteurs verticaux, ils devraient atteindre 17 milliards d’euros fin 2018 (63% de croissance annuelle).

Sources : Alten, Idate, Mind Commerce

Des services vidéo intelligents

Intégrateurs et ingénieristes télécoms et médias se pencheront aussi sur un des débouchés importants de la 4G : la diffusion vidéo en direct dans les stades. "Pour un événement sportif ou un concert, la retransmission dans l’enceinte même de l’événement sera améliorée, confirme André Méchaly, le vice-président marketing Europe du Sud et de l’Ouest chez Alcatel-Lucent. On peut aussi imaginer des écosystèmes de chaînes de télévision locales et temporaires, pour les spectateurs qui assistent au spectacle avec leur smartphone. Ils leur proposeraient du montage intelligent et rapide de vidéo, de la personnalisation…" La diffusion se ferait vers un type d’abonnés mobiles ou vers les fans d’une équipe. Des systèmes qui entraînent des problématiques réseaux sur lesquelles les intégrateurs, les équipementiers vidéo et les diffuseurs travaillent. L’opérateur américain Verizon a déjà procédé à des démonstrations de ce type de dispositif au CES 2013 de Las Vegas, avec un réseau équipé par Ericsson, le prestataire MobiTV (VoD) et l’éditeur Media Excel (logiciels de vidéo HD multi-écrans). La finale du Superbowl 2014 pourrait être son prochain terrain de jeu grandeur nature.

Les opérateurs télécoms et les équipementiers ont également un rôle d’intégrateurs. OBS et SFR proposent aux entreprises des services de visioconférence mobiles. Ericsson travaille avec Ausgrid, Alcatel-Lucent avec le groupe minier Rio Tinto. Ce dernier a mis au point des systèmes de sécurisation de ses mines et de gestion de parcs de machines, qui s’appuient sur un réseau LTE privé installé par le français. Le but : surveiller à distance près de 40 kilomètres carrés de sites en Australie.

La 4 G a été conçue pour internet et le transport de data. Elle permet de développer des usages innovants qui ne se limitent pas à la diffusion de vidéos.

Enfin, la 4 G a déjà favorisé la naissance de nouveaux acteurs. C’est le cas d’Air-Lynx, né officiellement début octobre. En réalité, c’est en février que son fondateur, Philippe Saenz, a démarré une activité de création de réseaux 4 G privés à destination, par exemple, de sites industriels, de plates-formes pétrolières ou de bases de vie pour un chantier de TGV. La jeune pousse déploie un réseau unique capable d’apporter la téléphonie, internet, des services de sécurité, la vidéo, la gestion de flotte de véhicules… Le californien Skycatch, quant à lui, a conçu des drones quadricoptères pour la surveillance des chantiers ou de tout autre site. Ils embarquent des caméras qui filment et envoient en temps réel les images, directement utilisables et analysées. Il est alors possible de détecter le manque d’eau ou la présence d’une maladie dans les grains de raisin d’un viticulteur de la Napa Valley, en Californie.

Pas de limites

Bien sûr, c’est grâce à de nouvelles apps que ces acteurs, aux côtés d’opérateurs télécoms ou de grands et petits de l’internet, vont proliférer. En témoignent les concours de développement lancés par Verizon aux États-Unis ou Bouygues Telecom en France dans le but d’identifier les futures perles de la 4 G. Parmi les candidats au challenge français, on trouve Bistri, qui a mis au point un chat vidéo en ligne sur lequel l’utilisateur se connecte via un simple lien à son nom. De son côté, Current propose un système de visualisation augmentée d’événements retransmis en direct. Et MotionLead accompagne les entreprises dans la conception de publicités mobiles interactives qui n’interrompent pas les apps que le mobinaute est en train d’utiliser.

Au Japon, c’est Line, le Skype national, né autour du Wi-Fi, qui profite aujourd’hui de la 4 G en association avec NTT Docomo. L’opérateur nippon, pionnier de la nouvelle génération mobile, a d’ailleurs devancé Google avec des lunettes très semblables aux Google Glass, mais connectées directement en 4 G. Il a développé un système de reconnaissance facile avec réalité augmentée comme l’américain. Il a également inventé un dispositif de traduction instantanée en anglais d’un texte en japonais, par exemple, qui s’appuie sur la puissance du LTE. Le texte lu est envoyé dans le cloud où tournent des algorithmes de traduction très performants, et le résultat est instantanément renvoyé au lecteur. La 4 G n’a pas de limites. Il ne lui reste qu’à s’envoler. Tout comme ceux qui auront su en profiter à temps.

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