Ne pas se féliciter trop vite de l’annonce de GE de délocaliser 400 emplois en France

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a lié l’annonce de GE de délocaliser 400 emplois des Etats-Unis vers le site français de Belfort à l’action du gouvernement pour accroître la compétitivité du pays. Pourtant, il s’agit avant tout d’une affaire interne aux Etats-Unis. Et les emplois restent bien hypothétiques.

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Faut-il vraiment y voir la preuve de l’attractivité de la France ? C’est la position de Michel Sapin, le ministre des Finances, qui s’est félicité le mercredi 16 septembre de l’annonce par General Electric de délocaliser en France 400 emplois issus des Etats-Unis. Interrogé dans l'émission "Questions d'info" sur LCP-France Info-Le Monde-AFP, le ministre a déclaré que cette décision du groupe américain n’était "pas un hasard". Elle serait au contraire liée aux actions du gouvernement pour accroître la "compétitivité" du pays.

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Certes l’annonce mardi 15 septembre par General Electric du transfert de 400 emplois sur le site de Belfort (Territoire-de-Belfort), qui compte 1800 salariés et est dédié à la fabrication de turbines à gaz, est forcément positive. D’autant qu’elle intervient peu après des rumeurs sur la possible suppression de 1000 emplois – 2000 emplois ont même été évoqués - dans la branche énergie d’Alstom reprise par GE. Mais l’action décisive revient à la Coface. C’est la promesse de financement faite par l’assureur-crédit français à GE qui a déclenché l’annonce de l’américain.

Imbroglio au Congrès américain

En outre, si l’américain s’est tourné vers la Coface, c’est avant tout à la suite d’un de ces imbroglios dont semble friand le Congrès américain et qui a abouti, fin juin, à la cessation d’activités de l’équivalent américain de la Coface, l’agence américaine de crédits à l’exportation Export-Import Bank ou "Ex-Im Bank". Les appels d’offres internationaux sur lesquels l’américain travaille et qu’il chiffre à près de 10 milliards d’euros ont besoin de ces financements.

GE, comme Boeing, avaient agité cet été la menace de délocalisations d’emplois s’ils étaient privés du soutien de l’Ex-Im Bank. Rien ne dit que l’annonce de GE ne soit pas avant tout une façon de faire pression sur le Congrès et que l’américain ne reviendra pas sur ce transfert en cas de victoire. Enfin, et dans tous les cas, le transfert de ces emplois reste conditionné au gain des contrats…

Manuel Moragues

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