Ne pas obliger le privé à aider la Grèce, dit Stark, de la BCE

BERLIN (Reuters) - La participation des banques privées à une aide à la Grèce doit se faire sur la base du volontariat pour éviter de gros dégâts sur les marchés financiers, a déclaré mercredi Jürgen Stark, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE).

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Le banquier central n'a pas dit comment ce phénomène pourrait se produire, ni s'il était d'accord avec les propositions de son pays, l'Allemagne, qui souhaite que les banques, les caisses de retraite et sociétés d'assurance détenant de la dette grecque l'échangent contre de nouveaux titres d'une durée au moins égale à sept ans.

"Nous ne sommes pas contre la participation des banques, du secteur privé dans le financement de la Grèce, mais elle doit être complètement volontaire, sinon, cela aura des effets négatifs sur les marchés financiers, peut-être même sur d'autres pays", a déclaré Jürgen Stark sur une station de radio.

L'observation des marchés financiers nous a appris, a-t-il souligné, qu'"une contrainte, quelle qu'elle soit, débouchera sur une nouvelle valorisation du papier grec et, au final, cela pourrait déboucher sur la menace d'une insolvabilité partielle ou totale de la Grèce", a-t-il ajouté.

Mardi, les ministres des Finances de la zone euro et de l'Union européenne ne sont pas parvenus à résoudre leurs divergences sur l'implication du secteur privé dans un deuxième plan de soutien à la Grèce, à dix jours d'un sommet européen décisif.

De nouvelles réunions de l'Eurogroupe et du conseil Ecofin auront lieu lundi prochain à Luxembourg afin de parvenir à un accord final les 23 et 24 juin lors du Conseil européen.

RISQUES GÉRABLES

Dans l'interview à la Deutschlandfunk, Jürgen Stark a estimé que la Grèce devait également faire des efforts pour "faire le ménage" chez elle.

"Ce qui est clair et ce que dit (le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble), est qu'il y a une nécessité pour plus d'action, notamment du côté grec, parce que c'est là que l'ajustement doit avoir lieu", a déclaré Jürgen Stark.

Mardi, un autre responsable de la BCE, Mario Draghi, avait lui aussi estimé qu'une contribution du secteur privé dans une nouvelle aide à la Grèce devait être volontaire.

La Commission européenne travaille à une solution répliquant l'"initiative de Vienne" qui avait vu en 2009 les banques et autres créanciers privés maintenir de manière volontaire leur exposition aux pays d'Europe de l'Est afin de les aider à traverser les turbulences.

Les responsables de la BCE ont toujours exclu un schéma de sauvetage qui ne soit pas complètement volontaire pour ne pas qu'il soit considéré comme un cas de défaut par les agences de notation et qu'il n'entraîne pas un effet de contagion vers d'autres pays hautement endettés de la zone euro.

Les risques pris par la BCE en Grèce sont gérables et les problèmes de dette souveraine dans les Etats périphériques de la zone euro ne devraient pas avoir de répercussion sur l'euro, a ajouté Jürgen Stark.

Brian Rohan, Wilfrid Exbrayat et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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