Nawa Technologies et Crosslux éclaircissent l'horizon de Nexcis

Lâchée au printemps par EDF, Nexcis, l'entreprise de Rousset (Bouches-du-Rhône), n'aura peut-être pas travaillé pour rien sur ses technologies pour modules et vitrages photovoltaïques. Des solutions émergent pour ses salariés, ses brevets et ses installations grâce à deux entreprises: Nawa Technologies et Crosslux.

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Tout n'est peut-être pas perdu pour Nexcis. Depuis 2009, 75 millions d'euros avaient été investis par ses actionnaires - EDF à 65%, EREN à 33% et différentes structures publiques - pour concevoir des modules photovoltaïques couches minces CIGS (cuivre-indium-gallium-sélénium-soufre) à Rousset (Bouches-du-Rhône).

Mais EDF a lâché l'affaire en mars, contraignant Nexcis à la cessation d'activité alors qu'elle s'apprêtait à industrialiser des vitrages semi-transparents intégrés aux bâtiments, moins exposés à la concurrence que les panneaux photovoltaïques. Une partie de ses actifs devrait être valorisée par des sociétés provençales, dans le cadre du volet "revitalisation" du Plan de Sauvegarde de l'Emploi, entériné fin septembre.

Opportunités locales

C'est d'abord Nawa Technologies qui recrute sept collaborateurs et reprend des équipements de production et de mesure de Nexcis. Née en 2013 à Gardanne (Bouches-du-Rhône), la start-up de 23 personnes travaille à la réalisation, à partir de nanomatériaux, de batteries au carbone rechargeables en quelques secondes pour les secteurs de l'énergie, du transport et de l'environnement.

"Le procédé de Nexcis a permis de développer une expertise dans l'électrodéposition, explique le PDG, Pascal Boulanger. Ses équipements confortent les moyens de notre unité pilote de Rousset. Nous espérons proposer les premiers prototypes en 2016. L'apport des pouvoirs publics a été précieux dans cette opération".

Un autre projet, porté par Crosslux, devrait être confirmé fin octobre, lorsque cette TPE de Rousset (Bouches-du-Rhône) de sept personnes aura concrétisé sa levée de fonds. Créée en 2011 et détentrice de 5 brevets dans le domaine des vitrages photovoltaïques transparents destinés aux bâtiments, elle pourrait accueillir une dizaine de salariés de Nexcis et récupérer les deux sites existants de Rousset.

18 à 24 mois de gagner sur notre plan de développement

"Nous allons gagner 18 à 24 mois sur notre plan de développement industriel", assure Marc Ricci, cofondateur et dirigeant, qui admet avoir dû réadapter stratégie et objectifs pour saisir l'opportunité. Le partenariat de Crosslux avec Bouygues Construction avait conduit certains collaborateurs de Nexcis à l'envisager dès le printemps comme une piste crédible. Un troisième projet, baptisé "e-Vision", à l'initiative d'un groupe de salariés, serait aussi étudié.

Autres pistes à trouver

Malgré leur potentiel, ils ne suffiront cependant pas à reclasser les 77 employés. Affirmant s'être attachée "à favoriser localement, autant que possible, les projets de revitalisation", la direction de Nexcis soutient que "100% des salariés ont adhéré au plan de départs volontaires ou accepté une proposition de reclassement interne au sein des groupes actionnaires". Le plan de sauvegarde de l'emploi a été négocié avec la CFDT et le comité d'entreprise. Mais la CGT évoque une "réalité dramatique".

Selon le syndicat, 24 salariés ont trouvé un emploi externe en CDI ou CDD, 16 ont été reclassés chez EDF, 10 œuvrent à créer leur entreprise, 11 sont en formation ou poursuivent un projet personnel sans emploi à clé et 14 restent "sans solution, contraints d'accepter le congé de reclassement pour éviter le chômage immédiat". Stephan Dainotti, secrétaire général CGT-Nexcis, réclame donc une réunion au ministère de l'Industrie en présence d'EDF pour trouver une issue plus favorable.

Jean-Christophe Barla

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