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Naviris, la coentreprise entre Naval Group et Fincantieri, vogue désormais

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Publié le , mis à jour le 14/01/2020 À 17H26

Bonne nouvelle Lancée en juin 2019, la coentreprise de Naval Group et Fincantieri, Naviris, est opérationnelle depuis le 13 janvier. Il s'agit de la première opération transfrontalière en Europe dans le secteur de la construction navale militaire.

Naviris, la coentreprise entre Naval Group et Fincantieri, vogue désormais
Les dirigeants de Naval Group et Fincantieri lors de l'accord de lancement de leur coentreprise en juin 2019.
© Naval Group/Fincantieri

[ACTUALISE] Le conseil d'administration de Naviris, la coentreprise à parts égales de Naval Group, filiale à 35% de Thales, et de l'italien Fincantieri, a tenu sa première réunion le 13 janvier 2020.

"Avec plus de vingt ans de coopération, Fincantieri et Naval Group ont déjà à leur actif de nombreux succès communs, tels que le programme de frégates de défense aérienne Horizon dans les années 1990 (4 navires) ou le programme de frégates multimissions FREMM (20 navires), qui a débuté en 2005, expliquent les partenaires dans un communiqué commun le 14 janvier. Naviris pose les bases d’une consolidation de la défense navale européenne capable de faire face à la concurrence exacerbée de compétiteurs du monde entier. Avec Naviris, Fincantieri et Naval Group mettent en commun leurs forces pour développer une nouvelle capacité stratégique du naval de défense et répondre de manière innovante aux besoins de leurs clients."

Signé en juin dernier, l'accord de lancement de la coentreprise marque la première opération transfrontalière en Europe dans le secteur de la construction navale militaire. Une signature intervenue au moment de fortes tensions entre Paris et Rome, après l'échec du projet de fusion entre les constructeurs automobiles Renault et Fiat que l'italien avait attribué à l'interventionnisme du gouvernement français.

L'accord avait été signé par Hervé Guillou, PDG de Naval Group, et Giuseppe Bono, PDG de Fincantieri, sur le frégate Frederico Martinengo amarrée à La Spezia sur une base de la navale marine italienne.

Parité diplomatique

La coentreprise, qui concrétise l'avancement du projet "Poseidon", respecte une stricte parité diplomatique : le siège sera à Gênes (Italie) et le centre d'ingénierie à Ollioules (Var) ; le directeur général, Claude Centofanti est un Français, et le conseil d'administration de six membres aura pour président non exécutif Giuseppe Bono.

"C'est l’aboutissement d’une ambition industrielle partagée", avait déclaré à des journalistes Hervé Guillou. "Nous sommes de très loin les deux plus gros acteurs européens du naval, mais sur notre seul marché domestique nous ne pouvons pas entretenir la totalité de nos compétences et maintenir notre compétitivité".

Hervé Guillou avait également évoqué la nécessité de résister à la concurrence chinoise et russe dans la course aux contrats à l'export, en particulier sur le segment de marché le plus dynamique, les frégates moyennes et lourdes comprises entre 2.000 et 10.000 tonnes.

En ligne de mire, 10 à 15 bâtiments dans les dix prochaines années, soit quatre à cinq milliards d'euros de prises de commandes à l'international, avec des synergies de coûts évaluées à 10-15%, avait souligné de son côté le secrétaire général de Naval Group, Jean-Yves Battesti.

Partenaires dans les Chantiers de l'Atlantique

Les deux partenaires sont déjà alliés dans un autre projet, le rachat par Fincantieri des Chantiers de l'Atlantique, à Saint-Nazaire, dont le camp français (l'Etat et Naval Group) détiendra une participation minoritaire.

Hervé Guillou avait dit espérer de ce projet-là des synergies, notamment dans leurs achats d'acier, et dans la préparation des navires du futur.

Mais sur ce dossier, les relations franco-italiennes s'étaient déjà détériorées, Rome ayant vivement réagi début janvier à l'annonce de l'ouverture par la Commission européenne, saisie par la France et l'Allemagne, d'une enquête sur le projet en raison de ses craintes en matière de concurrence dans le secteur.

Avec Reuters (Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot)

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