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Quotidien des Usines

Nantes L'aéroport cristallise un clivage ville-campagne

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Paradoxalement, tout porte à croire que le récent Grenelle de l'environnement a fait accélérer l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, revenu sur le devant de la scène lors des débats d'octobre. Après avoir préconisé de freiner les nouvelles capacités aéroportuaires, l'Etat s'est empressé de souligner que ce propos ne concernait pas l'aéroport Grand-Ouest, dont on parle depuis 1970 et qui semble à présent près d'aboutir. Dès janvier, le Conseil d'Etat a émis un avis favorable et le décret d'utilité publique (DUP) a été signé le 10 février. Le gouvernement a jusqu'au 30 mai pour signer le décret, cette date marquant la fin de l'échéance suivant l'enquête menée l'an dernier. « J'ai le sentiment qu'il y a de la part des décideurs économiques, sociaux et des collectivités un consensus très fort sur l'opportunité de réaliser cet équipement », commentait le préfet de Loire-Atlantique, Bernard Hagelsteen, à l'issue de la dernière grande réunion de concertation, le 29 janvier.

A Nantes, ce consensus est à peine contestable avec, pour argument massue, le survol de la ville. « Il représente un risque potentiel pour plusieurs centaines de milliers de personnes », estime Jean-Marc Ayrault, le maire PS de Nantes, défenseur du projet. Les habitants du quartier Port Boyer, près du centre, gardent le souvenir du charter égyptien qui avait frôlé en 2004 le sommet des immeubles, évitant de quelques mètres la catastrophe. La zone d'exposition du nouvel équipement est évaluée à 2 700 personnes au lieu des 40 000 pour l'actuel aéroport. Pour le maire, l'autre point positif est l'ouverture économique qu'il donnera à la ville. L'industriel Yann Rolland (Portes Bel'm), chargé des dossiers économiques sur la liste d'opposition, ne dit pas autre chose : « Notre-Dame-des-Landes est un enjeu prioritaire pour le rayonnement de Nantes et l'enracinement des sièges sociaux. »

 

le modem favorable au rail

Le candidat de droite ne se prive pas de souligner la divergence sur ce dossier entre Jean-Marc Ayrault et sa force politique d'appoint que sont les Verts. « Ils sont opposés à Notre-Dame-des-Landes, au développement industriel et favorables à la décroissance », juge Yann Rolland. En tant qu'opposants, les Verts nantais assurent toutefois le service minimum tandis qu'au plan national, les mouvements environnementaux ont critiqué le projet (Fondation Nicolas Hulot, France nature environnement...). « Pour les Verts nantais c'est une belle couleuvre à avaler », ironise un opposant. Contre toute attente, c'est le candidat du Modem, Benoît Blineau, qui s'est montré le plus franchement hostile. « C'est une erreur dramatique sur le plan économique et écologique. Ce projet est ruineux, nous préférons développer le rail », expose le candidat du centre, préconisant une deuxième piste est-ouest sur l'actuelle plate-forme Nantes-Atlantique.

Logiquement, l'aéroport Grand-Ouest trouve son opposition la plus virulente chez les riverains. La quasi-totalité des maires de la communauté de communes d'Erdre et Gesvres, zone d'expansion naturelle pour le grand Nantes, s'est déclarée contre le projet. « La grande erreur de ces élus est d'avoir intégré le schéma de cohérence territoriale (Scot) de Nan-tes, ce qui revient à accepter l'aéroport, analyse Pascal Fresneau, le coprésident de l'Acipa, principale organisation d'opposants, qui considère le projet sous l'angle du clivage ville-campagne. »

 

un coût sous-estimé

L'Acipa remet en cause la nécessité de construire un nouvel aéroport, dimensionné pour 4 millions de passagers, estimant que l'actuelle plate-forme Nantes-Atlantique, n'est pas saturée. En 2007, elle a connu une croissance de 7,1 % pour atteindre 2,6 millions de passagers. Les opposants estiment qu'à 581 millions d'euros, le coût du projet est amplement sous-estimé en comparaison avec d'autres aéroports européens. De fait, la charge principale pèsera sur les contribuables.

Selon le préfet, « il semble raisonnable qu'au moins 50 % du projet puisse être pris en charge par le concessionnaire ». En attendant, les grands du BTP s'y intéressent de près. L'enjeu est une délégation de service public qui inclut la construction de la plate-forme et sa gestion. Une alliance entre Bouygues, la CDC et l'australien Macquarie est évoquée par certains observateurs qui s'attendent à voir des groupes comme Vinci, Lavalin et Eiffage parmi les candidats. .

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