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L'Usine Agro

[Nanoparticules] Neuf industriels dans le viseur de l'UFC-Que Choisir

Léna Corot , , ,

Publié le , mis à jour le 25/01/2018 À 08H44

Si les industriels ont l'obligation de signaler sur l'emballage la présence des nanoparticules aux effets encore méconnus, l'UFC-Que Choisir annonce mardi 23 janvier porter plainte contre neuf industriels de l'alimentaire et de la cosmétique pour non-respect de cette obligation. Cette annonce intervient alors que l’Agence européenne des produits chimiques a suggéré mi-juin le classement du dioxyde de titane, sans doute la plus connue de ces nanoparticules, comme cancérigène.

[Nanoparticules] Neuf industriels dans le viseur de l'UFC-Que Choisir
L'UFC-Que Choisir a détecté des nanoparticules dans les M&M's sans que cela ne soit inscrit sur l'emballage.
© Wikimedia/Christopher Michel/CC

Qu'on en commun M&M's, Sanex et Aquafresh ? Ces marques auraient dissimulé la présence de nanoparticules dans leurs produits respectifs M&M'S Peanuts, déodorant Sanex Natur 48h et dentifrice Aquafresh triple protection + blancheur, selon l'UFC-Que Choisir. L'association de consommateurs a annoncé mardi 23 janvier avoir déposé neuf plaintes contre des fabricants de produits alimentaires et de cosmétiques pour avoir dissimulé des nanoparticules.

L'UFC-Que Choisir rappelle que les industriels ont l'obligation de signaler sur l'emballage la présence des nanoparticules contenues dans leurs produits : obligations légales d'étiquetage datant de 2013 pour les cosmétiques et 2014 pour l'alimentaire. L'association affirme avoir analysé 16 produits alimentaires et cosmétiques de consommation courante. Si tous contiennent des nanoparticules, "dans la très grande majorité des cas, cette présence est passée sous silence", précise-t-elle puisque seuls trois produits mentionnent cette présence dans la liste des ingrédients.

Des nanoparticules dangereuses pour la santé ?

Dioxyde de titane et de silicium, oxyde de fer et de zinc et noir de carbone, sont les nanoparticules pouvant être retrouvées dans ces produits. Les éventuels effets sur l'organisme, ou l'environnement, de ces composants prisés pour leurs fonctions colorante ou anti-agglomérante, restent pour l'heure assez méconnus. "Le doute sur leur impact sanitaire et environnemental est, lui, gigantesque", déclare simplement l'UFC-Que Choir tout en rappelant que "leur taille infime favorise la pénétration dans l’organisme".

Il convient de rappeler que l’Agence européenne des produits chimiques a suggéré mi-juin le classement du dioxyde de titane comme substance suspectée cancérigène de catégorie 2, après qu’une étude de l’Inra a démontré qu’il présentait un risque sous forme de nanoparticules. Suites à cette étude, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a, quant à elle, recommandé de mener des études complémentaires afin de caractériser plus précisément le danger associé au dioxyde de titane, comme le rappel L'Usine Nouvelle. Une chose est sûre, la taille infime des nanoparticules favorise leur pénétration dans l’organisme qu'elles soient dangereuses ou non.

Des industriels cherchent à modifier leur recette

Mars Chocolat France qui distribue les M&M's a déclaré à L'Usine Nouvelle que tous ses produits "respectent toutes les réglementations en vigueur, que ce soit sur le plan de la qualité, de la sécurité et de l’étiquetage". Le groupe ajoute être engagé depuis 2016 dans une démarche allant dans le sens de la suppression progressive de l'ensemble des colorants artificiels de ses produits dont le dioxyde de titane. Ducros, qui précise n'avoir pour l'heure reçu aucune plainte de la part d'UFC-Que Choisir, affirme respecter la législation européenne sur les nanomatériaux. Le Mélange Malin Italien, visé par l'association, contient du dioxyde de silicium (E551) mentionné sur l'étiquette du produit mais "il ne contient pas de « nanomatériaux produits intentionnellement » tels que définis dans la législation [européenne, ni] aucun élément ayant les propriétés fonctionnelles des nanoparticules".

Le Groupe Casino, dont une soupe est visée par l'UFC-Que Choisir, assure à L'Usine Nouvelle avoir entamé les démarches "depuis quelques mois" déjà avec le fournisseur d'un additif présent dans l'arôme de sa soupe afin de le "supprimer". Le distributeur, qui précise que "la mesure sera effective dans quelques semaines", ne prévoit aucune modification de l'emballage d'ici là.

Contacté par L'Usine Nouvelle, les Laboratoires Eau Thermale Avène affirme que le "stick lèvres Cold Cream ne contient pas de nanomatériaux au sens de la réglementation européenne sur les cosmétiques", venant préciser une première réponse faisant référence aux produits solaires. C'est pourquoi il n'en est pas fait mention sur l'emballage de ce stick à lèvres. Le groupe ajoute s'être rapproché de l'UCF-Que Choisir afin de connaître la méthodologie qu'ils ont utilisée "pour conclure à la présence de nanomatériaux".

#le79inter Stéphane Travert et la plainte de l'UFC Que Choisir sur les nanoparticules :"la justice dira s'ils ont eu raison de le faire" pic.twitter.com/PDEcWPftLE

Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Stéphane Travert, n'a pas souhaité commenter l'action judiciaire en cours mercredi matin sur les ondes de France Inter. Il a simplement précisé qu'il faut déterminer "quelle est la dangerosité avérée de ces nanoparticules dans ces produits".

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