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Nanomatériaux : les PME en quête d’information

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Les moyens de détection et surtout de prévention existent, mais encore faut-il les connaître. Dans l’automobile, les cosmétiques, l’agroalimentaire, les peintures…les petites et moyennes entreprises consultent des experts, notamment ceux de l’INRS. Certaines découvrent même qu’elles utilisaient des nanomatériaux sans le savoir.

Nanomatériaux : les PME en quête d’information © flag75* - Flickr - C.C.

Les entreprises citées

Si les dernières propositions de l’Anses laissent perplexes les industriels, elles ne peuvent que convaincre un peu plus les entreprises concernées de prendre la question au sérieux. Quels sont les nanomatériaux que je dois déclarer, en tant que producteur ou utilisateur ?  Mais aussi et surtout : quelles sont les mesures à prendre pour prévenir l’exposition aux nanomatériaux, et éventuellement les détecter ?

"Nous rendons visite régulièrement à des entreprises de secteurs très divers - automobile, cosmétique, agroalimentaire,  peinture…- qui nous sollicitent pour être conseillées sur les méthodes de détection et de prévention contre les nanomatériaux", indique Myriam Ricaud, expert en prévention des risques chimiques à l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), spécialiste des nanomatériaux. Quand ce n’est pas pour découvrir que l’entreprise "fait du nanomatériaux sans le savoir", comme cette PME qui utilisait de la silice amorphe sans réaliser, faute d’étiquetage et de fiche de sécurité adaptés, qu’il s’agissait de particules de tailles nanométriques…

La question des avantages... et des risques

L’information est donc le point clé. Car sur le plan technique, les choses ont avancé. Pour se protéger, des systèmes de ventilation et des masques individuels sont capables de filtrer les nanomatériaux. Du côté de la détection, c’est plus compliqué. Les moyens de mesure existent, mais ce sont des techniques lourdes, coûteuses et difficiles à utiliser : "En France, seuls trois organismes, le CEA, l’Ineris et l’INRS, savent les mettre en œuvre, ce qui limite leur usage", souligne Myriam Ricaud.  Pour l’expert de l’INRS, ces difficultés rappellent qu’il est nécessaire de se poser la question des avantages (et des risques), avant de décider d’introduire des nanomatériaux dans un produit.

Mais s’il y a une chose que les PME ont du mal à comprendre, c’est pourquoi la France s’est imposée un régime spécial de déclaration des nanomatériaux, au risque d’être pénalisée par rapport à des produits étrangers. Une situation temporaire, cependant, car d’autres pays sont sur le point d’imiter la France (la Belgique, les Pays-Bas, l’Italie).  Et le règlement européen Reach sur les produits chimiques va évoluer pour mieux prendre en compte les nanomatériaux (les recommandations de l’Anses vont dans ce sens). "Il y a de nombreux marchés de niche dans les nanomatériaux, et donc de nombreux produits fabriqués en très faibles tonnages, non pris en compte aujourd’hui dans Reach. C’est ce qui va changer, en même temps que la définition physico-chimique des nanomatériaux, qui sera mieux adaptée", indique Myriam Ricaud.

Une charge de travail en plus pour les industriels, c’est sûr, voire pire, pour certains, qui n’hésitent pas à dire que l’on va tuer des activités. Et inciter à délocaliser là où la réglementation est moins contraignante, comme en Asie.

Thierry Lucas

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