Nanomatériaux : les industriels "surpris" par les recommandations de l’Anses

Les industriels sont vent debout contre le rapport d’experts sur la dangerosité des nanomatériaux et les mesures à prendre. En particuliers, le secteur de la chimie très concerné par ces matériaux immensémment petits.

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Nanomatériaux : les industriels

En présentant, le 15 mai, son rapport d’experts sur les nanomatériaux, l’Anses voulait frapper fort. C’est réussi ! Les industriels ne digèrent toujours pas les recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire à l’égard de ces matériaux constitués d’objets aux dimensions 10 000 fois inférieures à celles du diamètre d’un cheveu. En particulier les chimistes, qui sont les fournisseurs de nanomatériaux (soit 6% des 670 entreprises faisant appel à ces matières en France), mais aussi des utilisateurs.

Grâce aux propriétés spécifiques apportées par l’immensément petit, "les nanotechnologies représentent un des axes de développement les plus innovants d’aujourd'hui", estime Sonia Benacquista, en charge de la gestion des produits à l’Union des Industries Chimiques (UIC). Augmentation de l’efficacité des panneaux solaires, de certains traitements anti-cancéreux en ciblant directement certaines cellules, miniaturisation des équipements électroniques…

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Un nano-Reach

Or le rapport de l’Anses conclut aux "effets toxiques de certains nanomatériaux sur des organismes vivants et sur l’environnement". Avec leur petite taille, ils franchiraient certaines barrières physiologiques, auraient des effets sur le système nerveux de l’animal, persisteraient dans les organismes vivants… "Leur taille est pas un danger en soi : un nanomatériau n’est pas plus dangereux qu’une substance chimique, répond Sonia Benacquista. Ce sont les tests que nous conduisons dessus, comme pour toute autre substance, qui vont permettre d’évaluer le danger et les risques et de prendre les mesures adéquates. Mais il y a deux ans, l’Europe avait conclu que la réglementation en vigueur, comme Reach et CLP (Classification, labelling, packaging), permettait de les encadrer."

Or comme Reach ne concerne que les substances chimiques utilisées à partir d’une tonne par an, l’Anses préconise… un nano-Reach. Inutile, selon l’industrie. "Sur les 279 substances identifiées par le système français comme des nanomatériaux, le déploiement de Reach est en cours et s’achèvera en 2018 comme pour toutes les autres substances, précise Sonia Benacquista. Or selon notre projection, plus de 90% d’entre eux seront enregistrés dans Reach ! Attention, prévient-elle, si on va trop loin dans la réglementation, cela pourrait nuire aux capacités de compétitivité et d’innovation européenne. C’est pour cela qu’il y a ce seuil d’une tonne par an dans Reach." Et Philippe Gœbel, le Président de l’UIC prévient : "Nous sommes européens, il y a une réglementation, appliquons la sans sur-transposition".

Essais de sécurité chez les industriels

Autre demande de l’Anses, mettre en place des essais de sécurité chez les industriels qui intègrent les nanomatériaux dans les produits. Ce qui est déjà réalisé dans les analyses de risques qu’ils conduisent, affirment-ils. Enfin, l’Anses appelle à une traçabilité des nanomatériaux, de leur production à la destruction du produit final. "Il y a déjà un système de traçabilité en France, avec un système de déclaration pour les producteurs et utilisateurs de nanomatériaux, rappelle Sonia Benacquista. Il ne s’applique pas pour tous les produits de la vie courante, car on estime qu’il n’y a pas de risque lorsqu’il n’y a pas de relargage. Si la définition des nanomatériaux créée en 2011 concerne des substances nouvelles, elle inclut aussi des poudres fines comme certains pigments qui sont sur le marché depuis 50 ou 100 ans ! Y aurait-il une pertinence à avoir un système de traçabilité complet, qui concernerait énormément d’articles, avec un effet de noyade ou de dilution ?"

Gaëlle Fleitour

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